III – Ch. 7 – Les vacances des jeunes travailleurs

CHAPITRE SEPTIEME

Les vacances des jeunes travailleurs

LES MOTIFS.

a) La question des vacances pour jeunes ouvriers peut paraître accessoire, et même démagogique, à ceux qui ne connaissent pas les conditions de la vie de travail de nos jeunes adolescents dans les grands centres. Quiconque veut comparer sans parti pris la vie des jeunes salariés à celle des collégiens et étudiants, reconnaîtra volontiers que les vacances sont aussi nécessaires à ceux-là qu’à ceux-ci. Quand pendant cinquante semaines, le jeune travailleur a répété les mêmes gestes à l’usine, fréquenté des cours du soir, respiré l’air de l’usine, il n’est pas trop de deux semaines par an pour fuir la ville et la région industrielle et s’en aller à la campagne se refaire des poumons plus sains, des yeux plus clairs et des âmes plus fraîches.

b) Les vacances ne sont pas un luxe pour les jeunes ouvriers, elles sont un relai nécessaire avant l’étape nouvelle souvent difficile. Quiconque a organisé des vacances au grand air avec un groupe de jeunes ouvriers a pu constater les effets bienfaisants, souvent des transformations totales pendant ces jours de détente et de vie au grand air. Et cette influence bienfaisante ne se manifeste pas seulement au point de vue physique, mais aussi au point de vue moral et social. Mais pour cela il faut que ces séjours soient bien préparés.

c) Deux ou trois semaines de séjour aux bords de la Semois retapent physiquement et souvent moralement des jeunes gens qui pensaient que l’unique plaisir de la jeunesse était le dancing, le cinéma, les fréquentations. Certes, il faut pour de telles vacances préparer des moniteurs, des chefs exercés qui soient de véritables animateurs, qui puissent provoquer les confidences salutaires, qui sachent entraîner à des chants d’ensemble, à des jeux de de société, à des excursions qui ravissent les yeux et ravigotent les membres.

Pendant ces jours, l’esprit d’association et même de dévouement se développe tout naturellement parmi les participants aux vacances en groupe. Et les conversations sont des occasions propices pour discuter amicalement les questions morales et religieuses qui pénètrent plus facilement dans les esprits ouverts. Et la prière en commun, comme l’assistance collective à la messe du village et même les communions générales, non pas imposées ni surveillées, mais suggérées et amenées simplement, révèlent souvent à des âmes ignorantes le réconfort de la vie religieuse.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que des vacances payées de deux ou trois semaines, soient accordées à tous les adolescents salariés, de préférence en été ou en automne;

2) que la J. O. C. organise à ces époques des séjours au grand air;

3) que toute une organisation de vacances, combinant l’effort collectif des membres avec les subsides des mutualités, des caisses de compensation, des pouvoirs publics et des soirées payantes prévoie la constitution méthodique d’un budget couvrant les frais de vacances.