CHAPITRE TROISIEME
La Mutualité
La Mutualité, quand on l’envisage dans sa mission totale, s’impose au moins pour autant de motifs aux jeunes gens qu’aux adultes. Si les jeunes sont moins souvent malades depuis la guerre ils sont bien affaiblis, la maladie entraîne pour eux des conséquences qui peuvent compromettre toute leur vie au moment où celle-ci commence à peine.
Dans le mouvement mutualiste, trois faits caractéristiques se présentent comme ayant une importance toute spéciale au point de vue des jeunes travailleurs.
Le premier fait, c’est l’élargissement considérable du champ d’action de la mutualité surtout dans le sens de la prévention des maladies. Cette prévention étant essentiellement question d’éducation, doit s’adresser dans la mesure la plus large aux jeunes travailleurs. Leurs conditions de vie et leur âge la rendent à la fois pour eux plus nécessaire et plus fructueuse.
Le deuxième fait, c’est l’influence grandissante des représentants des mutualités sur les idées et les convictions des familles avec lesquelles ils sont en rapports et par conséquent sur la nécessité toujours plus impérieuse d’orienter les jeunes gens vers des mutualités vraiment chrétiennes.
Le dernier fait, c’est l’entrée en vigueur prochaine d’une loi sur les assurances sociales obligatoires à partir de 14 ans. Tous les jeunes non inscrits dans une mutualité chrétienne avant leur entrée au travail seront entraînés dans une mutualité socialiste ou inscrits d’office dans une mutualité neutre, patronale ou officielle.
L’avenir du mouvement mutualiste chrétien exige donc d’une manière pressante une propagande intense et constante parmi les jeunes travailleurs. Cette propagande, la J. O. C. est seule capable de la mener avec fruit. Elle manquerait d’aileurs à sa mission en négligeant les intérêts de ses membres dans un domaine aussi important.
Chaque section de J. O. C. doit donc avoir un groupe de jeunes mutuellistes comprenant la plupart des membres de la section.
Chaque fédération régionale doit avoir sa commission spéciale de Jocistes-Mutualistes en rapport avec la fédération régionale des mutualités chrétiennes.
La Fédération Nationale de J. O. C. est représentée au sein du conseil de l’Alliance Nationale des Mutualités chrétiennes; elle a institué une Commission Centrale de l’Epargne et de la Mutualité.
Pour fonder un groupe mutualiste, les sections s’adressent d’abord à leur fédération régionale de J. O. C.
Les cotisations et les avantages sont établis sur une base uniforme pour toute la région. Ces bases ont été déterminées par un accord entre la Fédération Mutualiste Régionale et la Fédération Régionale Jociste.
La perception se fait par le trésorier ou le sectionnaire de J.O.C., le plus souvent en même temps que celle des cotisations jocistes. Elles sont transmises en bloc, chaque mois, au trésorier de la mutualité locale ou régionale suivant les accords conclus et les directives reçues.
La visite des blessés ou des malades, le contrôle des chômeurs, le règlement des frais médicaux et pharmaceutiques, le paiement des indemnités, etc. ont toujours lieu par l’intermédiaire de la J. O. C., sous le contrôle et pour le compte du trésorier de la mutualité.
Le groupe mutuelliste jociste prête spécialement son concours pour tout ce qui concerne la lutte contre la tuberculose des jeunes gens.
Toute l’éducation mutuelliste et hygiénique est assumée par la J. O. C. par des réunions, publications, affiches, films, expositions, etc.
Les dirigeants mutualistes seront tenus au courant de cette action éducative. On aura recours à leurs conseils et à leur collaboration.
Les jeunes mutualistes seront convoqués par la J. O. C. une ou deux fois par an aux principales réunions, congrès et manifestations mutualistes dans la commune ou la région (1).
Après leur service militaire les Jocistes seront engagés à collaborer d’une façon active à la vie des mutualités chrétiennes d’adultes.
(1) Voir brochure spéciale sur la mutualité, dans les Editions Jocistes.