V – Ch. 9 – La conquête jociste

CHAPITRE NEUVIEME

La conquête Jociste

§ 1. – Le sens de la conquête jociste.

La J. O. C. ne s’enferme pas dans des tours d’ivoire, dans des serres chaudes, dans des milieux artificiels, loin de la vie ordinaire et du milieu habituel où vivent et travaillent les jeunes salariés.

La J. O. C. n’aurait pas d’efficacité, elle ne pourrait pas résoudre le problème de l’adolescence et de la jeunesse ouvrière, si elle limitait son action et son influence sur ses propres membres à la durée des réunions jocistes, même des réunions de masse. Les réunions, quelles qu’elles soient pour militants comme pour simples membres ne sont que des amorces, des occasions d’orienter, de promouvoir, de lancer, de soutenir l’action jociste en dehors des réunions, dans la véritable milieu naturel fréquenté par les Jocistes comme par les autres jeunes travailleurs.

De même qu’on ne peut se contenter d’être chrétien seulement pendant la durée des offices religieux, on ne peut pas se borner à être jociste seulement pendant les réunions!

On est jociste, on mène l’action jociste dans le milieu habituel, à la maison, à la rue, dans le quartier ouvrier, pendant les trajets, à l’usine, à l’atelier, au bureau, parmi ses camarades et ses frères de travail.

La conquête du milieu naturel, du milieu ouvrier est essentiel à la J. O. C. Aussi longtemps et partout où elle n’atteint pas ce but, elle n’en est qu’au stade préparatoire de sa véritable action. La J. O. C. ne veut pas attirer et conquérir les jeunes travailleurs pour les amener et les garder à ses réunions; elle les attire et les amène à ses réunions, pour les renvoyer en conquérants dans leur milieu habituel. C’est celui-ci que la J. O. C. veut transformer, veut rechristianiser.

Le jour où tous les jocistes oseront et pourront porter dans le milieu du travail. pendant les déplacements et partout, l’insigne de la J. O. C., la conquête de la jeunesse ouvrière sera assurée. L’insigne est un témoignage, une proclamation de foi. Les porteurs de l’insigne sont des témoins, des confesseurs, doivent parfois être des martyrs. Quand l’insigne sera arboré fièrement dans toutes les usines, ces usines deviendont peu à peu jocistes. Les jocistes, d’où qu’ils viennent, s’y reconnaîtront et s’y soutiendont.

N’est-il pas pénible d’apprendre que des jocistes ont travaillé l’un à côté de l’autre dans le mên.e atelier sans savoir qu’ils étaient jocistes? N’est-il pas regrettable de constater que des jocistes ont pu faire leur service militaire dans la même caserne, à la même chambrée, dans le même bataillon sans s’être connus et soutenus comme jocistes?

L’insigne jociste est la petite primevère qui doit annoncer partout la fin de l’hiver d’indifférence, d’ignorance, de neutralité et d’abandon qui a perdu la jeunesse ouvrière et le commencement du printemps jociste qui doit la sauver.

§ 2. – L’Elite et la Masse.

On a souvent abusé des termes « élite » et « masse », on a fait des distinctions et des oppositions arbitraires.

Elite et masse sont deux termes relatifs qui admettent bien des degrés et des appréciations différentes. L’élite n’existe qu’en fonction de la masse, que pour travailler sur la masse. Une élite qui ne travaille pas sur la masse, dans une masse, n’est pas une élite. L’élite, si elle se distingue de la masse ne s’en sépare, ne s’en détache pas. Elle ne s’enferme pas dans une tour d’ivoire. L’élite est du levain, du sel. Elle pénètre la masse pour la transformer, pour la faire lever.

L’élite jociste n’existe qu’en fonction, que pour la masse des jeunes travailleurs. Elle travaille sur elle à l’intérieur de la J.O.C., dans les réunions, aux services, dans les manifestations; elle travaille sur elle en dehors, à l’extérieur de la J. O. C. dans le milieu du travail, dans le milieu ouvrier.

L’élite jociste, quoique très réelle et très influente, est très relative et souvent très adaptée. Elite souvent aux mains calleuses et durcies par le travail, plus habituée au bourgeron et à l’outil qu’au faux-cols et à la plume; plus elle-même et plus à sa place dans l’usine, dans le quartier ouvrier que sur une scène ou dans un salon.

L’élite jociste doit être découverte, recrutée dans la masse et en fonction de celle-ci. Dans un milieu d’usine le militant sera un ouvrier, dans une banque ou un bureau ce sera un employé.

Les débuts de l’élite sont d’ordinaire très humbles, très représentatifs du milieu qu’ils doivent conquérir et auquel ils doivent appartenir, mordant d’autant mieux, ayant d’autant mieux de prise sur la masse qu’ils restent plus en contact avec elle, qu’ils sont moins déracinés. La condition essentielle d’une élite est la générosité, paralysée parfois par une certaine timidité et une certaine gaucherie.

La formation de l’élite est une œuvre de confiance, d’optimisme et de patience. Il faut exploiter sa générosité, s’en servir, lui offrir les occasions de s’exercer; services très humbles au début, parfois tout matériels, mais qui multiplient les occasions de contact, de rapprochement, de confiance. car la formation de l’élite demande et exige le contact d’âme, la confiance intime, le don de soi. Il ne faut pas au début être trop exigeant pour les qualités extérieures, pour les connaissances théoriques, pour les pratiques de piété. Bien des jeunes ouvriers éloignés des pratiques religieuses par l’ignorance ou l’hostilité de leur milieu ont étonné en peu de temps par leur ascension surnaturelle et leur vie apostolique.

§ 3. – Les débuts des sections jocistes.

Toute l’action jociste dans une localité commence par la recherche et la formation des deux ou trois militants qui formeront le premier noyau jociste. Ils sont parfois découverts par un dirigeant ou un militant jociste d’une section voisine qui est leur compagnon de travail ou de trajet. D’ordinaire ils devront être recherchés par le clergé paroissial parmi les jeunes paroissiens salariés. Pour éviter les faux départs il faut qu’au moins l’un ou l’autre d’entr’eux appartienne au milieu caractéristique de la classe ouvrière de la localité. Si l’immense majorité de celle-ci travaille dans la grande industrie, qu’on ne commence jamais par de jeunes employés ou de jeunes ouvriers travaillant chez de petits artisans.

La masse dont ils ne sont pas, avec laquelle ils n’ont pas de contact, leur resterait fermée. La formation des militants durera peut-être plus longtemps avec des éléments plus frustes appartenant réellement au milieu à conquérir, mais après un certain temps elle donnera des fruits plus abondants.

Avec eux on commencera le premier cercle d’études préparatoire à la fondation de la section, Cercle d’études très élémentaire, apprennant à reconnaître la masse et le milieu qu’il s’agit de conquérir, ne s’attardant guère à une longue formation théorique, mettant bien vite les jeunes débutants en contact avec des militants de la section voisine, de leur âge et de leur condition. Ensemble on commencera le recrutement des premiers compagnons de travail, qui seront la première masse qu’ils auront à conquérir et à transformer et avec eux la section jociste sera officiellement constituée. Dès ce moment, le premier noyau de militants jocistes deviendra le comité provisoire de dirigeants, qui auront une fonction d’autorité dans la section.

Le premier noyau continuera à avoir des réunions de cercle d’études et de comité distinctes des réunions des simples membres. Là il se formera et s’exercera à ses fonctions de dirigeant, et ce n’est que lentement que le nombre des membres du cercle d’études s’augmentera par le recrutement parmi les simples membres, des militants qui ne tarderont pas y manifester leur générosité et leur dévouement.

§ 4. La croissance lente et régulière des sections.

Il ne faut pas au début précipiter le recrutement des simples membres. La première élite ne serait pas capable d’encadrer et de transformer une masse trop compacte. Mieux vaut agir lentement et donner aux militants et aux dirigeants l’occasion et le temps de s’habituer à l’esprit et aux méthodes jocistes. Quand le premier noyau est suffisamment nombreux, il ne faut pas hésiter à ouvrir la porte aux nouvelles recrues qui sont amenées par les autres membres. C’est sur cette masse bien concrète que les militants auront à agir pendant les réunions et surtout en dehors de celles-ci, c’est pour le maintien et la formation de cette masse-là, que les services jocistes sont dès lors indispensables.

Dans beaucoup de régions et de localités, la masse jociste restera encore pendant longtemps la minorité de la population des jeunes travailleurs. La majorité sera retenue en dehors de la J. O. C. à cause de la déchristianisation du milieu du travail ou de la force de l’organisation socialiste.

Mais la minorité jociste, au fur et à mesure qu’elle deviendra plus agissante, plus consciente de ses possibilités, pourra pourtant avoir une influence formidable dans le milieu du travail et dans le milieu ouvrier. Si on parvient à développer en elle l’esprit de conquête, à lui donner l’esprit de corps, elle pourra écarter du milieu de travail bien des. brimades, des vulgarités et même des obscénités, elle travaillera à assainir l’atmosphère morale de l’usine et du chantier, elle obtiendra des mesures de sécurité et d’hygiène, elle transformera lentement, mais sûrement, la mentalité ouvrière. Bien des occasions lui sont offertes de faire reculer le respect humain, de vaincre l’indifférence et l’hostilité, de forcer la sympathie et l’admiration.

La pénétration de la masse se fera d’abord lentement. Mais la majorité plus ou moins passive et moutonnière finit toujours par se laisser dominer et entraîner par une minorité audacieuse et entreprenante. Toutes les forces qui hier semblaient résister à la religion, peuvent à un moment donné agir en sa faveur. La classe ouvrière a gardé des richesses morales foncières. Si elle a écouté et suivi de mauvais bergers, c’est qu’ils parlaient un langage généreux qui semblait uniquement inspiré par la compassion et par le désintéressement. A l’erreur se mêle souvent un grain de vérité. Si le peuple a suivi le socialisme, il a adhéré non pas à l’erreur socialiste, mais aux parcelles de vérité qui s’y mélangaient. Le jour où la J. O. C. et les organisations ouvrières chrétiennes feront éclater au grand jour l’âme de vérité qui anime leurs services, leurs publications, leurs démarches et leur programme, la masse ouvrière sera sauvée.

§ 5.- Le renouvellement méthodique des dirigeants locaux et régionaux.

Dans la J. O. C. plus que dans n’importe quelle organisation, la formation de l’élite restera toujours la préoccupation dominante.

Les militants et les dirigeants jocistes ne peuvent rester indéfiniment dans la J. O. C. Il faut continuellement pourvoir à leur remplacement. Les dirigeants en fonction, et les militants formés s’adjoindront des aides et des collaborateurs. C’est en se faisant accompagner, aider et remplacer qu’ils prépareront le mieux ceux qui devront leur succéder. Le flambeau jociste doit être passé de main en main.

Ainsi la formation méthodique de nouveaux militants marchera de pair avec la conquête de la masse. Toute une œuvre constructive doit être envisagée : il faut dans chaque centre des locaux appropriés, il faut des services de plus en plus perfectionnés pour les besoins et les loisirs de la masse ouvrière. Qu’on ne tarde pas à avancer, l’heure du bon Dieu va sonner.

Les équipes régionales de propagande sont de militants ayant déjà reçu une composées à la fois. certaine formation, elles constituent des Cercles d’Etudes où ces militants apprennent à exposer le programme jociste et à expliquer les méthodes jocistes et une sorte de conseil où s’élaborent les plans de propagande de la Fédération. Ces militants de l’équipe sont souvent envoyés dans les sections locales pour y porter les mots. d’ordres fédéraux.

§ 6. – La Conquête du milieu du Travail. 

On n’influence pas, on ne transforme pas le milieu du travail de l’extérieur, à distance. Il faut y pénétrer, il faut y vivre, il faut y travailler, il faut en être.

Toutes les autres méthodes de conquête sont fatalement réduites à l’impuissance et à la faillite. Les Congrès les plus réussis, les manifestations les plus enthousiastes, les réunions les mieux adaptées n’ont de résultat réel que s’ils amènent les jocistes à influencer, à transformer, à reconquérir le milieu du travail. La véritable campagne contre le communisme et contre le socialisme, pour la rechristianisation de la classe ouvrière se livrera et se gagnera dans le milieu du travail, par des ouvriers, par des employés. Il ne faut jamais se faire d’illusion sous ce rapport.

De là, la nécessité des services jocistes, de l’administration jociste, de l’organisation jociste, des liens étroits entre les sections, les fédérations régionales et la fédération nationale; de là la nécessité de l’unité et de la discipline jociste; de là la formation de l’esprit de conquête, de la camaraderie et de l’amitié jociste pour permettre aux jocistes de se retrouver, se soutenir, s’aider en dehors des réunions dans leur milieu habituel, pendant toutes les heures et toutes les journées qu’ils sont obligés d’y vivre et d’y travailler.

Refaire de l’unité dans la vie des jocistes; leur donner des connaissances, des qualités, des directives claires, pratiques et concrètes, les habituer à l’entr’aide, à la confiance mutuelle, encadrer les simples membres par des militants et des dirigeants, étudier ensemble des plans et des tactiques de conquête, tel doit être l’objectif continuel des sections, des fédérations et de la J.O. C.

Travailler comme un levain dans la pâte, non pas à côté, non pas à distance, mais au milieu, au sein de la masse, pour y rayonner, s’y étendre et s’y propager, tel est le grand secret de la méthode jociste.

« Entr’eux, par eux et pour eux »,non pas seulement dans leurs réunions, mais en vue de leur action dans le milieu du travail, au sein de la masse.

La J. O. C. n’a de raison d’être, elle n’adopte une méthode spéciale que dans ce but, en vue de ce résultat.

« Vous êtes les missionnaires de l’intérieur » disait le Pape en s’adressant aux pélerins jocistes.

C’est le milieu du travail et le milieu ouvrier que la J. O. C. veut évangéliser et rechristianiser. C’est là que les jeunes travailleurs doivent être soutenus, aidés, encouragés.

L’homogénéité, l’unité et la discipline sont les conditions essentielles à ce résultat. Les jocistes ont besoin d’avoir leurs militants, leurs meneurs, leurs propagandistes dans le milieu du travail, vivant de leur vie, travaillant à leurs côtés. Une armée qui doit combattre sans ses chefs est toujours vaincue; or c’est dans le milieu du travail que les jocistes doivent lutter et se battre; non pas dans leurs réunions, e’est là qu’ils ont besoin de leurs chefs pour les encadrer et les entraîner.

Des sections dispersées, abandonnées à elles-mêmes, sans lien entr’elles, sans tactique commune ne peuvent réussir. Ce serait folie que d’y songer. Les meilleures intentions de la terre se briseraient contre l’impitoyable réalité.

« L’Unité et la Discipline, proclamait le Pape, vous donneront la victoire ». Tout l’avenir jociste est dans ces mots.

Le pôle d’entreprise est le premier jalon de la pénétration jociste dans l’entreprise. Le militant jociste s’y entoure de militants des différents services de l’entreprise pour en étudier à fond la composition, la situation et les moyens de propagande et de réforme. Le pôle est donc un noyau de militants, animés d’un esprit d’apostolat, d’un esprit chrétien conquérant. Son action prudente mais persévérante vise à faire de l’entreprise, une entreprise jociste, grâce à la propagande parmi le personnel actuel, à l’embauchage d’une main-d’oeuvre jociste, aux réformes lentes mais sûres de la mentalité des travailleurs et de l’organisation du travail. Les militants du pôle se concertent d’une façon discrète mais vigilante aux heures de repos, avant ou après le travail, soit dans l’établissement, soit aux environs et parfois au local de la section de la commune où l’entreprise à son siège.

Le bloc d’entreprise comprend tous les jocistes d’une même entreprise. Il se réunit, rarement, dans un local voisin de l’entreprise soit pour resserrer les liens de camaraderie jociste entre tous les membres, soit pour fêter un succès, soit pour décider d’une attitude commune.

§ 7. –  L’action sur la masse pendant les loisirs.

Dans toutes les villes et agglomérations industrielles, les jeunes salariés qui fréquentent le dimanche les locaux des œuvres catholiques sont en très petit nombre. Alors que les œuvres pour enfants de moins de 14 ans ont une belle clientèle, celles qui s’adressent aux adolescents de 14 à 16 ans n’ont pas beaucoup d’adhérents fidèles. Quant à celles qui s’occupent des grands jeunes gens, elles doivent d’ordinaire se contenter de la présence d’une douzaine de jeunes salariés de 16 à 21 ans. Encore beaucoup d’entr’elles n’arrivent pas à ce chiffre. Loin de se dissimuler cette situation, il faut, au contraire, l’étudier à fond pour chercher et préparer l’action concrète capable de résoudre pratiquement le grave problème des loisirs des jeunes salariés.

Où sont les dizaines de milliers de jeunes salariés qui ne fréquentent pas les locaux ou les réunions des œuvres catholiques postscolaires? Au cinéma, au dancing, sur les terrains où sévit le sport commercial. Les deux tiers environ d’entre eux sortent avec des jeunes filles.

Les conséquences de cette situation ne sont que trop visibles: corruption, déchristianisation, malheur.

La J. O. C. doit trouver, appliquer, perfectionner des méthodes nouvelles qui permettent d’éviter, dans une certaine mesure, tous ces désastres.

Il est inutile de baptiser « élites » de petits groupes sans influence aucune et de s’imaginer que cette poignée de jeunes gens, qui aura perdu tout contact avec la masse, pourra reconquérir la foule des jeunes salariés qu’on aura laissé corrompre pendant les dix années décisives de leur jeunesse.

L’apostolat jociste n’aboutira pas à des résultats sérieux, si la J.O.C. n’organise pas les délassements de ses membres.

Que feront ceux-ci, le soir au sortir du bureau ou de l’atelier?

Que feront-ils le samedi après-midi?

Que feront-ils le dimanche matin? le dimanche après-midi? le dimanche soir?

Allez donc parler d’apostolat à un habitué du dancing, de formation intellectuelle à un fervent des « sports » commerciaux, d’action sociale à un fanatique du cinéma.

Il est impossible de donner déjà des directives détaillées et définitives. Les dirigeants jocistes doivent déployer beaucoup d’initiative, de souplesse, pour s’adapter aux différentes situations. Ils essaieront d’influencer dans un sens jociste les pratiques et les groupements de la région ou de la localité; ils n’essaieront pas d’imposer une surveillance et une discipline étroites à de grands jeunes gens qui ne les accepteraient certainement pas. Nos jeunes salariés aiment à se promener, par petits groupes, sous la conduite d’un meneur de leur âge, qu’ils ont librement choisi. Ils aiment à s’arrêter quand cela leur plaît; à boire un verre quand cela leur convient; à chanter ou même à crier, quand la fantaisie leur en prend.

Souvent les jeunes ouvriers sont fatigués et ils ne désirent pas faire de longues marches ou se livrer à des jeux prolongés. Mais une petite promenade, coupée de repos, entremêlée de quelques parties de balle ou de ballon leur plaît d’ordinaire.

Certains aiment beaucoup les petites excursions à vélo. Ils peuvent se grouper et former une petite escouade de jocistes cyclistes arborant à leur machine le petit fanion jociste.

Il y a dans nos grands centres des salles catholiques de cinéma. Il faut absolument les multiplier.

Des meneurs jocistes habiles dirigeront vers elles les nombreux petits groupes de jocistes en Il les conduiront aussi aux plus belles séances or ballade. ganisées dans les cercles catholiques.

Un meneur qui connaît son métier saura improviser de petits « cercles d’études » dans un compartiment de chemins de fer, dans une pelouse, autour d’un réverbère, dans un café honnête, dans la cour d’une usine à l’heure de midi, etc. Un excellent travail jociste sera réalisé dans ces petites réunions amicales et les échos en parviendront aux grandes réunions officielles et à la rédaction de JOC.

Pour les Jocistes les plus jeunes (de 14 à 16 ans) ces méthodes devront être appliquées autrement que pour ceux de 16 à 18 ans ou de 18 à 21 ans. L’adaptation doit être parfaite.

Il est clair que l’Aumônier jociste ne pourra pas accompagner les nombreux groupes dépendant de sa section. Mais il devra être tenu au courant de tout par les meneurs. Ceux-ci devront lui témoigner la plus grande confiance et solliciter souvent ses directives, ses conseils, ses critiques. Ils lui signaleront les interventions utiles auprès de tel ou tel membre. Ils devront prendre toutes les précautions recommandées par l’Aumônier.

Il est évident que si la section peut mettre à la disposition de ses membres un beau terrain de sports que c’est une facilité considérable.

A certaines occasions, plusieurs sections peuvent se grouper pour organiser une excursion collective.

Il est même désirable que, de temps à autre la Fédération ou la Sous-Fédération réunisse ainsi une masse considérable de Jocistes. Cela développe la confiance et l’enthousiasme. Mais tout doit être très bien préparé.