CHAPITRE QUATRIEME
Service des Jocistes-Soldats
Le service militaire est une étape dans la vie du jeune ouvrier. Comme pour son entrée dans la vie de travail, il a besoin de s’y préparer. Les difficultés n’étant pas moindres à la caserne qu’à l’usine ou au bureau, il a besoin d’y être soutenu et aidé.
§ 1. Le Manuel du Soldat. (1)
La simple énumération des chapitres montre combien il est indispensable aux Jocistes qui partiront bientôt pour la caserne et aux dirigeants de section qui doivent les aider à s’y préparer.
Chap. I. Ce que dit la loi de milice.
Chap. II. Jociste, prépare-toi.
Chap. III.Les occupations quotidiennes.
Chap. IV. Ta santé et celle des autres.
Chap. V. Ton moral de soldat.
Chap. VI. Ta vie chrétienne.
Chap. VII. Choses à retenir.
Bien avant de passer au Conseil de révision, c’est à dire au début de l’année pendant laquelle un Jociste a 19 ans, le MANUEL DU SOLDAT lui est nécessaire et les dirigeants de sa section doivent penser à le lui procurer.
Le MANUEL n’est pas fait exclusivement à l’usage de nos dirigeants.
Il s’adresse PERSONNELLEMENT à chaque milicien et lui procure, en même temps que tous les renseignements pratiques qu’il peut souhaiter. les idées et les sentiments qu’il doit avoir dès le début de sa vie de soldat. Seul, le Manuel lui dira l’exacte vérité sur la vie à la caserne.
Le Manuel s’adresse à la masse des jeunes travailleurs. Tous ne sont pas disposés, sans doute, à l’appliquer intégralement; ils y trouverent néanmoins des renseignements et des conseils dont la bonne influence sur leur vie de soldat est incontestable.
Le Manuel doit donc être diffusé aussi largement que possible dans les communes, les usines et les bureaux.
§ 2. – Relevés des miliciens jocistes.
Toute action efficace suppose la connaissance des intéressés. Dès le mois d’avril de chaque année, tous les miliciens ont passé au Conseil de révision et savent s’ils sont aptes ou inaptes au service, sursitaires ou ajournés.
Ces renseignements sont rassemblés au moyen de listes spéciales. Deux mois avant le premier appel sous les armes, chaque section, chaque fédération et le Secrétariat Général doivent savoir quels sont les Jocistes de la levée de milice en
Cours.
§ 3. – La préparation au service militaire.
Le Comité de chaque section doit s’inquiéter de la situation militaire de ses membres et pourvoir à l’application éventuelle de certains points de la loi de milice, par exemple: devancement d’appel, sursis, exemption ou libération de service, etc. (voir Manuel du Soldat, chap. ler).
Souvent le choix de l’arme et de la garnison se fait peu judicieusement. Il faut éclairer les miliciens à ce sujet.
Cette préoccupation doit être constante et ne pas se limiter aux quelques semaines qui précèdent l’appel sous les armes. «JOC» et le B. D. rappellent régulièrement les dates importantes.
Dans certaines régions, on organise la préparation physique et technique au service militaire. Cette préparation est très utile et ne prend pas beaucoup de temps. Avant d’engager leurs membres à participer à un groupe semblable, le comité local fera l’enquête sur sa valeur morale.
Peu avant l’appel, un membre du comité ou un ancien soldat doit s’occuper plus spécialement de chaque « partant » et l’aider à mettre ordre à ses affaires, pour que son entrée à la caserne se fasse dans les meilleures conditions matérielles et morales.
Le mois qui précède le départ de chaque milicien, le trésorier doit indiquer son adresse militaire complète sur le talon du relevé de compte (carte mauve). C’est de la plus grande importance, au point de vue du contact immédiat des soldats catholiques à la caserne.
§ 4. – Les réunions de miliciens.
Dans le mois qui précède l’appel des plus gros effectifs ou avant le premier appel (fin juin d’habitude) les fédérations régionales organiseront des journées d’études spéciales pour miliciens, dont le programme sera fixé suivant le temps et les circonstances, d’accord avec le Service central des Jocistes-soldats.
Les sections doivent fêter chaque départ de milicien, même s’il n’y en a qu’un ou s’ils partent à des dates différentes.
Chaque fois, à l’assemblée générale qui précède le départ on a une séance spéciale; le président annonce le départ pour le service militaire et désignera le Jociste chargé, auprès du partant, du rôle de « correspondant ».
Une causerie courte et simple, inspirée du Manuel du Soldat, rappelera d’une manière vivante la conception jociste du service militaire. Faite, si possible par un ancien soldat, répétée sous une forme toujours originale à chaque départ, elle sera, pour les jeunes, une lointaine, presque insensible, mais excellente préparation.
Ces causeries peuvent être illustrées de projections photoscopiques (2).
La réunion doit être très cordiale. Que tous les anciens Jocistes, surtout les anciens soldats, y soient invités. Que l’on y chante. Que l’on offre, en souvenir au partant, un objet utile ou un beau livre.
Il doit y avoir également dans chaque paroisse ou au moins dans chaque doyenné une réunion de tous les miliciens. Les Jocistes doivent évidemment y participer.
Les comités jocistes doivent prendre part à leur organisation et, si c’est nécessaire, en prendre l’initiative.
§ 5. – Retraites pour miliciens.
Ces retraites sont à organiser par les fédérations régionales, d’accord avec le S. G. avant le départ des gros effectifs.
Quand des retraites semblables sont organisées pour tous les miliciens catholiques de la région, le comité régional de la J. O. C. s’entendra avec les organisateurs de ces retraites.
Quand le nombre de miliciens retraitants est trop peu élevé, ils peuvent prendre part à une retraite jociste habituelle proche de leur départ.
§ 6. – Le contact à la caserne.
A l’armée, surtout au début, beaucoup de soldats catholiques se sentent moralement isolés et abandonnés, tout comme nos petits Jocistes, aux premiers jours de leur vie de travail.
Dans cette masse d’hommes, dont ils partagent intimement l’uniforme, les exercices, les corvées, les fatigues, les conversations, toute la vie exté rieure, ils cherchent en vain quelqu’un qui pense et sente comme eux. Il y en a pourtant, dans le groupe qui est arrivé avec eux à la gare, dans leur compagnie, dans leur chambrée; mais tous cachent soigneusement les convictions que hier peut-être ils manifestaient encore fièrement à la réunion de leur groupe de Jeunesse catholique, même à l’usine, à l’atelier, au bureau, en face de camarades d’un autre bord, sans doute, mais qu’ils avaient appris à connaître et qui leur étaient devenus familiers. Cet isolement, dont ils souffrent et qui les entraîne à bien des faiblesses et des lachetés, ils n’ont pas le courage d’en sortir. Parfois même, ils ne sont en retard, ni de vocabulaire grivois, ni de propos déplacés.
L’attitude et la persévérance de nos soldats catholiques, pendant leur service militaire est conditionnée par le contact personnel et vraiment amical entre eux, dans chaque chambrée, chaque compagnie, chaque garnison, chaque caserne. il est même curieux de constater combien, sans ce contact à la caserne, il est presque impossible d’obtenir la présence des soldats catholiques au Cercle Militaire ou à des réunions du C. E. Ils sont pris d’une peur instinctive de sortir de l’anonymat, même vis à vis de leur aumônier et de camarades qu’ils savent catholiques.
Des exemples magnifiques nous parviennent sans cesse de camarades ayant montré fièrement, comme à l’usine, leurs convictions morales et religieuses. Parmi les soldats qui ont essayé d’être apôtres, nous voyons réussir ceux-là qui ont réalisé à la caserne même, et dès le premier jour, un lien avec d’autres miliciens catholiques.
Etablir et maintenir ce contact, suppose des animateurs dans chaque caserne, qui, dès l’arrivée dans la ville de garnison, sur le quai de la gare, en route vers la caserne, dans la cour, les corridors, les chambrées, la cantine, se feront raccolleur, dépistant les porteurs d’insignes, interrogeant ceux qui leur paraissent avoir une « bonne tête ».
Les premiers qu’ils trouvent, ils les utiliseront pour découvrir les autres. Ils y mettront de l’entrain, de la gaîté. On se verra souvent en dehors du service, ils s’entr’aideront à toute occasion.
Cet esprit et ce contact entre tous les miliciens catholiques, jocistes et autres, sont la condition première de toute influence catholique sérieuse à la caserne.
Pendant les séjours aux camps, un effort spécial doit être fait pour maintenir le contact et assurer l’influence morale et religieuse des jocistes.
§ 7. – Le Cercle d’Etudes militaire.
Le Cercle militaire de la garnison doit être le rendez-vous habituel de nos soldats. Ils y constitueront un cercle d’études jociste sous la direction de l’aumônier militaire; et, si possible à l’aide d’un dirigeant jociste de la Fédération où se trouve la garnison.
L’expérience a montré qu’un tel C. E. n’est viable que s’il est intimement lié à la vie au sein des casernes. Les soldats, même les meilleurs, n’y viennent pas et surtout n’y restent pas fidèles, s’ils ne sont pas unis à la caserne et au dehors et s’ils n’exercent autour d’eux aucune influence réelle.
On peut appliquer, en les adaptant aux circonstances, toutes les directives données par ailleurs pour les C. E. jocistes.
Le travail aux séances doit s’inspirer des méthodes jocistes, utiliser les enquêtes, choisir des sujets concrets, ceux du Manuel du Soldat et du B. D. Ces dernièrs trouveront toujours une application directe ou indirecte à la vie militaire.
Il faut beaucoup de souplesse et d’initiative pour s’adapter aux circonstances inévitables de la vie militaire heures de liberté, absences forcées et parfois imprévues de certains membres à cause du service, absence accidentelle de l’aumônier, difficultés de local, etc.
Les membres du C. E. doivent se grouper autour de l’aumônier, se faire ses collaborateurs pour la prospérité du cercle militaire et pour toutes les tâches auxquelles il les invitera.
§ 8. – L’Action Jociste.
Tous nos efforts doivent tendre vers la fidélité de nos miliciens à l’esprit jociste : sincérité, franchise, cran, bonté, piété…
A la caserne, un soldat peut adopter, au point de vue moral et religieux, la conduite et l’attitude personnelles correspondant à ses convictions, dont les règlement lui garantissent le respect, tant de la part de ses camarades que de la part de ses chefs.
L’attitude de nos soldats doit toujours se maintenir dans le cadre des règlements et de la discipline et ne jamais prêter à des critiques justifiées de la part des autorités militaires.
Les sections doivent rester en contact personnel et constant avec leurs soldats: percevoir leurs cotisations, les inviter aux réunions auxquelles ils pourraient prendre part.
Les Jocistes peuvent continuer à assister, pendant leur service militaire, aux congrès, semaines d’études, assemblées et réunions de J. O. C. et d’A.C.J.B. Ils s’abstiendront seulement de se mêler aux cortèges et manifestations sur la voie publique, sauf évidemment aux processions, auxquelles ils doivent être fiers de prendre part. L’attitude du Jociste à la caserne est développée assez longuement dans le MANUEL DU SOLDAT, pour nous permettre de ne pas y revenir ici.
Notes
(1) Ed. Jocistes N° 7, Prix 4,50 frs.
Il existe une édition spéciale s’adressant à tous les soldats et futurs soldats – N° 7 bis. L’exemp. 4.50 fr.
(2) Voir films spéciaux au S. G.