VI.2 – Ch. 2 – L’organisation professionelle

CHAPITRE DEUXIEME

L’Organisation Professionnelle

La J. O. C. doit enseigner à ses membres la doctrine syndicale chrétienne, telle qu’elle ressort des derniers documents pontificaux. Elle doit bien leur faire comprendre le but véritable du syndicalisme chrétien, qui est de promouvoir et de réaliser l’organisation chrétienne de la profession, en vue de faire régner la justice et la charité dans les relations des employeurs et des salariés, et de poursuivre l’amélioration des conditions de travail et de vie des travailleurs.

Les jocistes doivent comprendre comment le syndicalisme socialiste, tout en procurant des avantages matériels et passagers aux ouvriers, est un obstacle à cette organisation chrétienne de la profession et au vrai relèvement de la classe ouvrière, parce qu’il fausse la mentalité des salariés, envenime la lutte des classes et mène à la dictature du prolétariat en empêchant une collaboration loyale et sincère entre patrons et salariés.

L’éducation syndicale chrétienne ne peut rester purement théorique, mais doit être active et positive, elle doit faire participer les jocistes à la vie, à l’action et à l’organisation syndicales.

Cette participation à la vie syndicale ne peut mettre en danger la formation, l’action et l’organisation jocistes qui restent indépendantes de l’action syndicale et embrassent toute la vie des jeunes travailleurs.

L’éducation syndicale jociste est confiée aux Commissions Centrales des Jocistes-Ouvriers et des Jocistes-Employés à la suite d’un accord avec les Centrales chrétiennes syndicales. A son tour, la Commission Centrale établit des Commissions spéciales (régionales) et des Groupes locaux.

Cette éducation devra se faire avec discipline et discrétion pour ne jamais compromettre l’organisation jociste dans des conflits syndicaux. Ces conflits ne sont jamais de la compétence de la J. O. C.

Les Fédérations régionales et les sections locales suivront en cette matière les directives du Secrétariat Général à qui elles soumettront éventuellement toutes les difficultés.

La J. O. C. compte en son sein des syndiqués socialistes et neutres, que des circonstances familiales et professionnelles pourraient empêcher de se retirer des syndicats socialistes ou neutres. Ces jocistes ne peuvent être mis mal à l’aise par suite de la formation ou de la propagande syndicale chrétienne. Ils doivent être assurés qu’ils trouveront toujours parmi leurs frères jocistes la même charité et la même amitié, et que rien n’empêchera jamais l’union indéfectible de tous les soldats de l’armée jociste.