Section II.
Les Services Sociaux
CHAPITRE PREMIER
L’Epargne
Est-il besoin d’insister sur la puissance croissante de « l’argent » dans l’organisation économique et sociale actuelle? Elle se manifeste dans tous les domaines, mais ne s’exerce pas toujours dans le sens de la justice et d’un bonheur plus grand pour la masse de ceux qui collaborent à la production de la richesse.
On estime que la classe ouvrière belge épargne en fait 300 millions par an. Ce chiffre est encore bien loin en dessous des possibilités réelles de cette catégorie d’épargnants.
Une minime partie seulement de la puissance financière de la classe ouvrière est exploitée rationellement pour le bien-être de ceux à qui elle appartient.
Le mouvement ouvrier chrétien a réalisé une organisation financière puissante qui s’étend à tout le pays. Les services locaux d’épargne sont centralisés par des Banques Ouvrières dont la principale est la « Banque d’Epargne des ouvriers chrétiens », dont le rayon d’action s’étend à toute la Wallonie sauf Mouscron et Bruxelles.
Pour les jeunes travailleurs, l’épargne revêt une importance particulière.
Au point de vue moral elle est un moyen concret d’éducation de la volonté, de l’esprit de prévoyance et de sacrifice; elle diminue considérablement les dépenses nuisibles ou seulement inutiles.
Elle constitue un élément indispensable de la préparation au mariage.
Au point de vue économique et social, l’épargne est la préparation matérielle au mariage, à la formation d’un foyer, à l’achat et à l’aménagement confortable d’une maison dès le mariage, grâce à l’intervention de la S. N. des Habitations à Bon Marché.
Le service d’épargne est un des premiers qu’une section de J. O. C. doit avoir l’ambition de créer et de faire vivre. Chaque jociste doit être amené à prendre un carnet d’épargne et à verser régulièrement. Ce service sera un de ceux dont les bons jocistes seront plus tard le plus reconnaissants à la J. O. C.
La constitution d’un service local d’épargne doit être préparée par le comité en collaboration avec le propagandiste régional chargé de ce service. Une formule spéciale est alors à remplir par le comité local et à transmettre à la Commission spéciale d’épargne de la région.
Un service local d’épargne doit être géré par un trésorier et un secrétaire autant que possible majeurs, très soigneux et possédant la confiance de tous les jocistes.
Les règlements, carnets et imprimés administratifs sont fournis par la Banque d’Epargne dès que la constitution du service local a été approuvée par elle.