VI.3 – Ch. 3 – Fêtes et soirées récréatives

CHAPITRE TROISIEME

Service des loisirs et des sports.

§ 1. – Fêtes et Soirées Récréatives.

La vie de nos sections doit comporter d’autres réunions que les C. E., assemblées générales, séances de comité. Il faut les réunions de distraction, de camaraderie, de joie, de plaisir.

Il faut des réunions de ce genre pour les jocistes; il en faut aussi pour toutes les familles, pour tous les jeunes travailleurs.

Les anniversaires de section, les renouvellements de comité, les Veillées du Travail, les départs de soldats, les grandes fêtes religieuses, les fiançailles jocistes, les mariages jocistes, les fêtes de directeurs-prêtres, les kermesses et fêtes publiques, etc..; toutes ces circonstances doivent être l’occasion de réunions et de manifestations qui ressèrent les liens d’amitié des jocistes entre eux et satisfassent leur besoin très légitime de distraction et de joie.

Les comités doivent préparer ces réunions avec soin. Sans rien enlever à l’expression spontanée et sincère des sentiments, il faut éviter l’effet lamentable de réunions ou de manifestations où rien n’est prévu ni préparé et qui en perdent à la fois leur charme et leur valeur éducative.

La responsabilité du comité est plus grande encore quand il s’agit de fêtes publiques.

L’utilité de ces fêtes est incontestable; elles font connaître et estimer la J. O. C., entraînent la collaboration plus effective des parents et du public en général à notre activité; elles compromettent les jocistes pour leur mouvement, les rendent plus fiers et plus francs.

Le nombre, le programme, l’organisation de ces fêtes doivent être étudiés à fond en comité.

Il faut tenir compte de ce qui se fait à la paroisse dans ce domaine par d’autres groupes.

Le danger des dramatiques est incontestable. En fait et dans l’ensemble, elles sont souvent des écoles de vanité, de légèreté, d’hypocrisie; elles accaparent un temps considérable au détriment d’activités ou de réunions plus importantes; occasionnent des jalousies et des dissensions entre les œuvres et entre leurs membres.

Quand une section peut faire appel à une bonne dramatique existant dans la paroisse ou en dehors, pour une partie au moins du programme, c’est une erreur de n’y pas avoir recours.

Si la section doit assurer elle-même le programme en tout ou en partie, que les tâches et les rôles soient distribués de telle sorte à ne compromettre, ni même à ralentir, aucun autre service ou réunion. La dramatique ne doit jamais devenir un service permanent dans une section mais rester une activité occasionnelle, à laquelle on consacre le minimum indispensable de temps, d’efforts et…. d’argent.

Le programme de nos fêtes publiques doit se distinguer des séances dramatiques habituelles de nos œuvres par un vrai caractère jociste. Elles doivent servir l’éducation jociste et favoriser la propagande jociste.

Le choix des pièces et des intermèdes doit vouloir relever, éduquer, instruire, sans pourtant sacrifier l’attrait et le plaisir.

Chaque fête doit comporter une petite causerie jociste pour faire connaître le mouvement ou assurer le succès d’une campagne ou d’une initiation nouvelle.

Toutes les fêtes et manifestations publiques doivent être mises à profit pour la diffusion de nos publications jocistes, spécialement du journal.

Le succès des fêtes publiques organisées par la J. O. C. doit être garanti par une propagande méthodique.

Des affiches imprimées ou dessinées par un jociste sont collées partout en bonne place (1). La vente éventuelle des cartes est organisée avec soin et combinée avec la vente du journal et les visites à domicile. 25 p. c. du bénéfice des fêtes payantes doit être versé au Fonds National de Propagande. La salle doit être organisée le plus confortablement possible. Pendant la séance et surtout pendant les entr’actes, un bon service de commissaires doit assurer la bonne tenue morale de la salle et éviter tous les abus qui pourraient compromettre le prestige et la réputation de la J. O.C.

§ 2. – Excursions, Visites, Voyages.

La J. O. C. doit fournir à ses membres tous les moyens posibles de formation, d’éducation, de perfectionnement. Les visites, les excursions, les voyages sont un moyen d’une efficacité incontestable.

La J. O. C. doit prendre place hardiment dans le vaste mouvement de vulgarisation artistique. scientifique, industrielle. Les usines intéressantes, les expositions de toutes sortes, les musées, les beaux sites du pays et de l’étranger, doivent être de plus en plus visités par nos jocistes.

Ces déplacements bien préparés, bien organisés, bien dirigés, constituent en été une cure de soleil et de grand air dont tant de nos jeunes ouvriers et employés ont besoin pour réagir contre l’atmosphère déprimante du travail.

Ces déplacements n’en sont pas moins une cure morale de joie saine, d’amitié féconde, de confiance et d’optimisme.

On objecte parfois que ces déplacements éloignent les jeunes de la paroisse et des oeuvres les dimanches et les jours de fêtse.

Pour la masse des jeunes travailleurs la question ne se pose pas. Ils se déplacent tous les dimanches ou presque et nos enquêtes ont révélé dans quelles circonstances et dans quel but.

Il serait absurde de vouloir, pendant toute la belle saison, confiner nos jocistes dans les locaux de nos œuvres paroissiales. Ils y seraient radicaleament isolés de la masse des jeunes travailleurs qu’ils sont appelés à conquérir, à encadrer, à guider.

Quant à la participation aux offices religieux et spécialement à la Ste. Messe, ces déplacements organisés par la J. O. C. n’y sont pas un obstacle, tout au contraire! Les jeunes travailleurs qui trouvent maintenant dans leurs déplacements de dimanche un prétexte fréquent pour manquer la messe. y assisteraient en groupe avant le départ. Les excursions et les voyages se sont introduits de plus en plus, dans tous les pays, comme un des principaux moyens d’éducation de la jeunesse.

Ces déplacements néanmoins peuvent être l’occasion de graves abus quand ils sont mal préparés et laissés sans direction.

Nos sections ont à tenir compte de ce danger et à veiller toujours à la parfaite organisation de semblables réunions.

Les dates doivent être fixées bien d’avance et en tenant compte du calendrier national, régional et local de la J. O. C., des fêtes religieuses de la paroisse, des grandes manifestations auxquelles les Jocistes doivent prendre part.

Le but de l’itinéraire est fixé après avoir demandé tous les renseignements nécessaires. Rien ne peut être laissé à l’imprévu, les moyens de transport, les réductions de prix à obtenir, les repas, les haltes, les permis de visite éventuelle, le montant des frais de participation, etc.

Une sérieuse direction et une discipline, fraternelle mais stricte, sont indispensables.

Quand le groupe est nombreux on le subdivise en sections de 10 environ, avec un chef responsable.

Ceux qui dirigent doivent connaître tous les détails intéressants du trajet effectué.

Pour les sujets spéciaux on recherche la collaboration de spécialistes. Pour être utile, toute visite doit être guidée par quelqu’un de compétent. C’est à ceux qui dirigent aussi à faire régner le bon esprit.

Pas de bandes à part, pas de continuels mécontents, pas de cris, de chants, d’attitudes débraillées… De la joie, de l’entrain, mais aussi de l’ordre et de la tenue.

Pour augmenter l’intérêt et assurer la bonne réussite de ces déplacements, il faut en parler avant et après, aux réunions du C. E. et aux Assemblées générales.

Les fédérations régionales doivent se préoccuper également des déplacements de leurs sections, les conseiller, les aider, faire pour elles certaines démarches.

Parfois la fédération peut prendre elle-même l’initiative de certaines visites et en assurer l’organisation d’accord avec ses sections.

Le Service Central d’Education du Secrétariat Général se préoccupe de plus en plus de la question des voyages et des visites.

Il renseigne et documente, suggère des initiatives à prendre et organisera lui-même des voyages d’études en Belgique et à l’étranger.

§ 3. – Education physique, Sports, Athlétisme. 

Le problème de l’éducation physique et des sports ne s’est pas posé pendant les premières années du développement de la J. O. C. Elle ne groupait alors qu’une élite fort restreinte peu préoccupée de ce genre d’activité.

Mais le nombre de ses membres s’accroît et elle masse des entame la conquête effective de la jeunes travailleurs. Ses cadres s’élargissent et se complètent. Elle doit, sous peine d’échec, s’intéresser à l’éducation physique des jeunes travailleurs et spécialement aux sports.

Au point de vue hygiénique c’est un remède contre les déformations, les maladies, les intoxications professionnelles; un moyen de développement physique, de robustesse, d’endurance et de résistance aux maladies et spécialement la tuberculose.

Au point de vue moral c’est une partie de la solution de la grosse question des loisirs, spécialement ceux du dimanche.

Le danger des sports, c’est l’accaparement irrésistible de la masse des jeune stravailleurs par le sport officiel, soi-disant neutre, où la techni-

que et la force, la compétition et l’esprit « match » priment tout.

Ce sport d’ailleurs devient de plus en plus un monstrueux commerce. Excitée par une publicité formidable, la masse des soi-disants « sportifs » ne fait qu’apporter son admiration béate, sauvage et tapageuse à quelques « as » du terrain, de la piste ou du ring, esclaves à leur tour des grandes entreprises sportives et de la presse.

L’expérience montre que l’engouement sportif des spectateurs comme des pratiquants éclipse rapidement toute autre préoccupation, même celle de la famille, du métier, de la religion.

La solution positive, qui n’est pas exempte de difficultés, mais la plus rationnelle et la plus sûre, c’est le sport organisé dans la J.O.C., par elle, suivant les règles de la science et du bon sens: sous la direction de sportifs « jocistes avant tout », dans l’esprit, la discipline et le cadre général du mouvement.

Au début surtout il faut agir avec prudence. La création d’une section sportive quelconque dans une section locale doit répondre à un besoin, être étudiée en comité et soumise à la fédération régionale.

Toutes les garanties doivent être assurées pour que l’activité sportive se déploie conformément aux directives et aux règlements Jocistes en cette matière (2).

Cette activité est dirigée et contrôlée minutieu sement par les « Commissions sportives régionales» et par la « Commission centrale ».

§ 4. – Les Vacances Jocistes.

Le mouvement en faveur des vacances ouvrières est destiné sans aucun doute au succès et à des réalisations toujours plus larges.

La J. O. C. veut accélérer ces réalisations en faveur des jeunes travailleurs pour qui les vacances sont à la fois plus justifiables et plus faciles à réaliser.

Mais si les vacances des jeunes sont de simples congés passés à des bricolages domestiques ou à des randonnées sans but, le résultat est manqué.

Le Service des Vacances de la J. O. C. doit permettre aux jeunes travailleurs qui ont déjà des vacances, à ceux qui de plus en plus en obtiendront, de les passer dans les conditions physiques et morales les meilleures possibles.

En attendant que la J. O. C. ait ses homes de vacances dans les sites les plus beaux et les plus sains de notre pays, le S. G. organise chaque été des séjours de vacances à ces mêmes endroits, dans des propriétés louées ou mises à sa disposition.

Les détails pratiques sont annoncés longtemps d’avance au journal et au B. D. Des cagnottes doivent être organisées dans ce but par les sections.

Notes

(1) Le Service Central d’Education édite des passe-partout artistiques en litho pour ces fêtes jocistes. S’a- dresser au S. G.

(2) Voir la « Commission Centrale des Sports ».