III – Ch. 8 – Le service militaire des jeunes travailleurs

CHAPITRE HUITIEME

Le service militaire des jeunes travailleurs.

LES MOTIFS.

a) Bien des questions se posent à l’occasion du service militaire de jeunes travailleurs. La préparation à la vie de caserne, comme la préservation pendant le séjour à l’armée sont à étudier sérieusement.

b) Il est à souhaiter que nos casernes deviennent de véritables centres d’éducation, et que tous les chefs d’armée, depuis les officiers jusqu’aux caporaux, soient de véritables éducateurs. Il suffit d’avoir entendu certains propos; d’avoir été témoin de certaines scènes pendant les repos, les instructions ou les repas; d’être au courant de certaines soi-disant mesures de prophylaxie, pour mesurer la distance qui sépare la vie militaire d’une vie véritablement éducative. S’il s’agit avant tout à l’armée de faire de nos jeunes gens des défenseurs généreux de la patrie, ce but ne sera complètement atteint que le jour où la caserne et la vie militaire, loin d’entraver la formation générale morale et religieuse des jeunes gens, seront tout au contraire une école nouvelle où un patriotisme sainement compris inculquera aux jeunes citoyens une discipline, une générosité, une émulation pouvant aller jusqu’au véritable héroïsme.

c) Le service militaire doit donc épanouir, au lieu de les amoindrir, les vertus morales et religieuses du jeune soldat. L’atmosphère de la caserne, la tenue des chambres, l’ordre du jour, les réfectoires, les cours, l’éducation hygiénique, l’instruction militaire proprement dite et surtout l’utilisation des loisirs devraient faciliter au jeune homme une tenue morale et une vie religieuse qui satisfassent les exigences les plus sévères. Les efforts de nos dévoués aumôniers militaires doivent être encouragés et soutenus.

d) Il ne faut pas non plus que le service militaire rompe tous les liens qui relient le jeune homme avec la famille, la profession, le milieu social et les influences bienfaisantes qu’il subissait jusqu’à ce jour. Bien au contraire, pour autant que c’est possible, le service militaire doit consolider ces liens. L’armée doit être organisée de telle sorte que le milicien puisse employer ses qualités professionnelles, qu’il puisse suivre des cours professionnels, qu’il fréquente les réunions des groupements auxquels il appartient. Alors l’entr’aide, l’émulation, seront plus faciles, les relations avec la famille et la J. O. C. amèneront une influence bienfaisante et une vie religieuse plus intense.

e) Pourquoi ne pas avoir le courage de dénoncer les conversations scabreuses et les chansons grossières qui souillent parfois l’uniforme du jeune militaire? Se croit-il émancipé et vraiment à la page, quand dans les compartiments des trains, en groupe dans les cabarets, le milicien épate les bourgeois ou les civils par des propos orduriers ou par des chants crapuleux? Qui aura le courage de réagir, d’entonner les chants gais et alertes et fiers, d’entretenir des conversations agréables, joyeuses, instructives et dignes? L’exemple de quelques copains audacieux suffira pour faire taire les mal embouchés. Et surtout que les chrétiens aient la fierté de leur religion et exigent crânement, non seulement le respect de leurs convictions, mais la possibilité de vivre une vie surnaturelle intense, facilitée par l’usage fréquent des sacrements.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que toutes les sections locales donnent aux futurs miliciens une préparation sérieuse et vraiment efficace aux difficultés de la vie de garnison;

2) qu’avant le départ pour l’armée les secrétaires locaux informent le secrétariat général de l’adresse exacte de Jocistes dans leur ville de garnison;

3) que tous les Jocistes appartenant à la même garnison, s’efforcent de continuer entr’eux les relations de camaraderie chrétienne qui les unissaient à leurs compagnons des sections locales et des fédérations régionales;

4) que tous les Jocistes miliciens suivent, pendant leurs loisirs, les réunions de J. O. C. et d’A. C. J. B. tenues dans leur ville de garnison et fréquentent les cercles militaires;

5) que les sections locales restent en relations constantes avec leurs Jocistes miliciens;

6) que les autorités militaires disposent le service de manière à faciliter le perfectionnement professionnel des jeunes travailleurs et à permettre la fréquentation intense des Sacrements;

7) que toutes les mesures soient prises pour écarter des chambrées, des cours, des exercices, des casernes, les illustrés, les livres, les enseignes qui pourraient corrompre les jeunes miliciens et propager parmi eux des habitudes vicieuses;

8) que les autorités militaires à quelque grade qu’elles appartiennent soient de plus en plus conscientes de leur immense responsabilité vis-à-vis des milliers de familles qui leur confient la vertu, l’honneur, la santé et l’avenir de leur fils;

9) qu’une attention particulière soit portée à l’enseignement et à la propagation de chants gais, entraînants, dignes et fiers, aux futurs miliciens et aux jeunes militaires.