CHAPITRE CINQUIEME
Les réunions des organismes directeurs.
Les organismes directeurs sont les comités io caux, les comités et les conseils régionaux, le Comité Général et le Bureau Général.
Les réunions de ces organismes n’ont pas seulement un but administratif, elles doivent servir à l’éducation des dirigeants qui y participent.
§ 1. – Considérations générales.
La J. O. C. est un corps hiérarchisé et ses organismes directeurs jouissent d’une véritable autorité.
Ces comités tiennent cette autorité, d’un côté de la part des membres, qui en les choisissant pour leur charge, selon le mode désigné par les statuts et règlement, leur ont délégué sur eux-mêmes et sur l’organisation un véritable mandat, auquel ils se soumettent volontairement et librement en tant que jocistes et dont ils comprennent l’impérieuse nécessité pour la bonne marche de l’organisation et pour le succès de son action auprès de la jeunesse ouvrière.
Ce mandat, confié par les jocistes, à leurs dirigeants est agréé et confirmé par l’Autorité Religieuse qui reconnaît ainsi aux différents organismes directeurs de la J. O. C. l’autorité qui leur est confiée par les statuts de leur Association, et qui attache à cette autorité et à cette mission un véritable caractère d’Action Catholique, d’apostolat laïc au service de l’Eglise.
Les membres des différents organismes d’autorité ont à pourvoir d’une façon différente mais réelle à la triple mission de la J. O. C.; ils sont dans leur sphère d’action des éducateurs, des chefs de service, des représentants.
Tout qui veut réfléchir, comprendra la valeur éducative et la portée sociale incomparable de cette organisation hiérarchique, de cette constitution d’une autorité intérieure au sein de la J.O.C.
La J. O. C. n’est ni un troupeau, ni une bande, abandonnée aux caprices, à l’anarchie des rencontres, des influences et des passions. Elle n’est pas non plus une école, une milice, imposée à contre cœur et malgré eux, aux jeunes travailleurs par une autorité extérieure. Elle est essentiellement une association librement contractée par les jeunes gens, à l’âge où ils doivent faire l’apprentissage personnel de la liberté et de la discipline, avec une autorité établie et choisie par eux-mêmes pour le besoin et le succès de leur association, et qui reçoit par la reconnaissance officielle de l’Autorité Religieuse, un caractère et une sanction pour ainsi dire sacrés.
La J. O. C. devient ainsi une chevalerie, à laquelle on adhère librement et volontairement, dont. on connait les statuts, les devoirs et les sanctions, et envers laquelle on s’engage à participer avec tout l’enthousiasme de son âge et la générosité de sa nature à la croisade de rénovation intellectuelle, morale, sociale et religieuse parmi les jeunes travailleurs.
Pour les dirigeants eux-mêmes, leur fonction est une école permanente de responsabilité, de dévouement, de générosité et d’apostolat. Ils sont compromis par leur charge, obligés à une surveillance personnelle et à un exemple édifiant. Prêchant plus par l’exemple que par la parole, tout l’exercice de leur mandat, avec toutes les charges variées qu’il impose, oblige à l’ordre, à la prévoyance, à la prudence, à la serviabilité, à la patience, à l’endurance.
Les difficultés auxquelles ils se heurtent, les résistances qu’ils rencontrent, les démarches qu’ils ont à faire développent le jugement, trempent le caractère, apprennent le maniement des hommes. Educateurs fraternels vis-à-vis de camarades qu’ils ont à gagner plus par l’affection, l’attachement que par le commandement et la sévérité; chefs de service, ayant à soigner pour le fonctionnement régulier de leur service, la tenue de leur administration et de leur comptabilité, pour le susccès de leur activité; représentants, mandataires, porte-paroles, dans leurs démarches, leurs requêtes, leurs initiatives ils exprimeront le programme jociste, traduiront les aspirations jocistes, défendront les intérêts de leur organisation et de leurs camarades auprès des autorités privées et publiques dont ils tâcheront de gagner et de mériter la confiance, la sympathie, l’appui et la collaboration.
Pour tous les Jocistes, la désignation au sein de leur association d’une autorité choisie, élue par eux-mêmes, qui a leur confiance, transforme la J.O.C. en leur ceuvre, leur mouvement. Leur soumission libre, affectueuse et généreuse à leurs dirigeants, camarades de travail et d’usine, est une école de collaboration sociale et d’esprit civique à l’âge critique de leur adolescence et de leur jeunesse, où l’éducation est décisive pour l’orientation de toute la vie. La reconnaissance libre, joyeuse de la discipline, la participation aux mouvements d’ensemble de propagande, de manifestation, de protestation, forme une mentalité, développe un esprit, apprend une attitude et une conduite, transforme les mœurs et les milieux.
L’existence, le fonctionnement, les conséquences des organismes d’autorité au sein de la J. O. C. n’est pas un jeu d’enfants, un exercice d’élèves, un plaisir de pensionnaires. Ce n’est pas une comédie et encore moins un camouflage. Ne pas les prendre au sérieux, c’est tuer la J. O. C. Celle-ci sera toujours ce que seront ses comités et ses dirigeants. Si ceux-ci sont compétents, dévoués, audacieux, entreprenants, s’ils jouissent d’un véritable prestige et d’une véritable autorité, s’ils sont de vrais animateurs, des entraîneurs, des chefs et des guides dans la lutte décisive dont dépend la rechistianisation du milieu du travail et du milieu ouvrier, la J. O. C. fera l’œuvre la plus magnifique pour l’avenir de la classe ouvrière et de l’Eglise. Si les comités et les dirigeants n’existent que sur le papier, n’ont de réalité que le nom, ne sont pas soutenus par l’Autorité Religieuse et les Autorités Sociales, ne sont pas appréciés et suivis par les jocistes, la J. O. C. aura fait faillite et il n’y aura pas de mouvement de jeunesse ouvrière. De nos jours, aucune autorité extérieure ne parviendra de fait à constituer un mouvement, un milieu vraiment éducatif pour les adolescents et les jeunes salariés. Seule une organisation bien vivante, tirant de son sein ses chefs et sa discipline, soutenue par l’Autorité Religieuse et Sociale, sera un organe efficace de formation intellectuelle, morale, sociale et religieuse.
Ces considérations ne paraîtront pas trop longues à celui qui comprend le but de la J. O. C. Elles feront ressortir l’importance qu’on attachera partout à la désignation des membres des comités ou des conseils. Cette désignation se fera à date fixe, au scrutin secret sur des listes de candidats, proposés selon les statuts et règlements. Cette désignation et l’installation des dirigeants se fera toujours d’une manière sérieuse, solennelle et impressionnante. Les conditions pour la position des candidatures seront sévères et prévoiront au moins un temps notable d’affiliation à la J. O. C. ainsi que la fréquentation régulière d’un Cercle d’études.
Les réunions des comités et conseils se feront à date fixe, d’après un calendrier communiqué à tous les membres, avec un ordre du jour inspiré du B. D., du programme général et des directives de la fédération régionale.
§ 2.- Indications spéciales
Les Comités locaux sont responsables de la bonne marche de la section locale. Les membres se partagent les différentes fonctions et les différents services. On évite les membres qui seraient surchargés par des fonctions d’autres organisations. On écarte les vaniteux et les orgueilleux. Les dirigeants sont des serviteurs.
Les Conseils régionaux sont l’autorité supérieure et un organisme essentiel dans la vie fédérale. Les membres, délégués de chaque section, ont une véritable fonction permanente pendant toute la durée de leur mandat. Ils décident du calendrier régional, acceptent les nouvelles sections, approuvent le rapport moral et le rapport financier et nomment le Comité fédéral.
Le Comité régional exécute les décisions du conseil, surveille la marche des sections, des services et des groupes d’entreprise, prépare les journées d’études et les récollections, les manifestations et les retraites et organise la participation de la fédération régionale à tous les mots d’ordre et à toutes les initiatives de la Fédération nationale.
Le Comité Général est l’autorité suprême dans la J. O. C. Ses membres, délégués par les fédérations régionales, exercent une fonction nationale. Ils sont désignés pour la durée prévue, et accomplissent le mandat accepté d’après les statuts et règlement de la J. O. C.
Le Bureau Central est composé des membres du Secrétariat Général et des Permanents régionaux; il exécute les décisions du Comité Général et veilile à la propagande et à la marche régulière de la Fédération générale.
Le Secrétariat Général assure tous les services centraux de la J. O. C. Il met au point toutes les directives, coordonne tous les efforts, il est la garantie et le contrôle permanent de l’unité, de la discipline et de la croissance de la J. O.C.. Administration, propagande, publications, manifestations, campagnes, tout est assuré, unifié, contrôlé par le Secrétariat Général. Il est le cerveau et le cœur de l’école, du service social, du corps représentatif qu’est la J. O. C. Il en a la direction et la responsabilité suprême.