V – Ch. 7 – L’administration et les services

CHAPITRE SEPTIEME

L’Administration et les Services

§ 1. – L’administration jociste.

Il ne peut y avoir d’organisation véritable sans administration, et encore moins de travail soutenu, fécond et permanent. La J. O. C. ne veut pas créer entre les jocistes des liens occasionnels, mais des liens organiques et permanents.

L’administration locale, régionale et centrale doit s’emboîter; l’une est impossible sans l’autre; l’une souffre des lacunes, des imperfections, du désordre de l’autre.

Aucun détail, aucune partie ne peut être sous-évaluée. C’est un tout dont les différentes parties se tiennent. Le bulletin d’inscription, les fiches locales, régionales et nationales; les bordereaux de cotisations, les livres de comptabilité, les cahiers de rapports, la documentation, tout a sa valeur sociale et sa valeur éducative. Une organisation financière, un contrôle, une éducation financière sont impossibles sans bonne administration.

La tutelle jociste, la conquête du milieu du travail, l’amélioration des déplacements, sont impossibles aussi longtemps qu’on n’a pas des renseignements exacts, complets, ce qui n’est réalisable que grâce à une documentation régulièrement tenue à jour.

L’ordre, la régularité, le contrôle éventuel, la propagande méthodique, la connaissance concrète des problèmes jocistes ne peuvent être acquis sans bonne administration.

Aussi longtemps que les dirigeants locaux et régionaux ne sont pas fiers de leur administration, ne contrôlent pas et ne font pas contrôler leur administration, ils ne comprendront pas l’organisation et le rôle de la J. O. C. et ne seront pas de véritables dirigeants jocistes. L’administration jociste doit pouvoir soutenir la comparaison avec celle des meilleures entreprises industrielles et commerciales. Chaque département, chaque partie de l’administration jociste doit avoir son chef de service responsable, qui rationalise son travail d’après les renseignements du Secrétariat Général.

Que dire de ceux qui ne comprennent pas la portée et la valeur éducative d’une bonne cotisation, de sa perception régulière et de sa comptabilité méthodique?Pas d’éducation sans cotisation sérieuse, périodique et volontaire. Une organisation gratuite est une mauvaise organisation. Elle ne peut jamais prétendre à l’autonomie, à l’indépendance et à la puissance. Elle n’inspire jamais à ses membres la fièreté, la confiance, le dévouement et la fidélité qu’ils ne peuvent concevoir qu’à une organisation pour laquelle ils savent s’imposer des sacrifices.

§ 2. – Les services jocistes.

La J. O. C. n’est pas un simple mouvement d’idées. Ses réunions ne sont qu’une amorce, ses paroles engendrent des actes, sa doctrine produit des réalisations. Un simple enseignement ne saurait sauver la jeunesse ouvrière. Voilà pourquoi les services jocistes sont un élément essentiel de la méthodologie jociste.

Services sociaux qui apprennent et facilitent aux jeunes travailleurs l’accomplissement rationnel de leurs devoirs d’état. Il ne suffit pas d’apprendre verbalement aux jeunes salariés comment ils doivent choisir leur profession, chercher un emploi, apprendre un métier, prévenir un accident, préserver leur santé, s’habituer à l’épargne, défendre leurs intérêts; il faut organiser pratiquement le choix de la profession, le placement, l’apprentissage, la sécurité, la tutelle sanitaire, l’épargne, l’organisation professionnelle par tous les services d’orientation professionnelle, de placement, de secrétariat d’apprentissage, de tutelle sanitaire, de sécurité, d’épargne et de sections professionnelles.

Mieux que n’importe quel enseignement théorique, ces services organisés font comprendre tous les problèmes qui se posent aux jeunes travailleurs et la solution que la J. O. C. veut y donner.

Mieux que n’importe quel exposé, ces services font comprendre la fécondité de la doctrine sociale que la J. O. C. veut répandre parmi les jeunes travailleurs; seuls de tels services peuvent généraliser dans la masse des habitudes raisonnables, des qualités professionnelles, des vertus chrétiennes.

Les services jocistes sont la meilleure illustration de la formation que la J. O. C. entend donner à ses membres. Ils sont pour la masse de la jeunesse ouvrière l’apologie la plus tangible de la doctrine jociste, et l’argument le plus frappant de sa nécessité.

Pour les dirigeants, chefs de service, les services jocistes leur donnent l’occasion de toucher du doigt tous les besoins des jeunes travailleurs, et leur apprennent la manière concrète de les prévenir et de les guérir. Par les services jociates leur charité devient prévenante, cherche à prévenir les abus et les misères, Le dévouement, la générosité qu’ils leur demandent leur apprennent le rôle humble et difficile de véritables réformateurs sociaux. Des mots sonores, des phrases creuses, des appels à la révolte ne leur en imposeront plus. Ils sauront par leur exemple et leur expérience fermer la bouche aux faux meneurs et aux lâches excitateurs, Rien n’attache, ne lie à l’organisation jociste les membres les plus frustes et les plus humbles, comme les services jocistes. Ce sont ceux-là qui en ont le plus besoin. Aucune théorie n’aurait de prise sur eux. Une aide, un soutien, un service les transforment souvent en propagandistes zélés. Les parents et les familles ouvrières voyant le bien réalisé par les services jocistes y sont plus sensibles et s’en laissent plus facilement convaincre que par n’importe quel raisonnement.

Aussi longtemps qu’une section locale et qu’une fédération régionale n’a pas organisé les services jocistes, elle n’a pas entamé la réalisation du vêritable programme jociste, elle n’est pas occupée à construire le véritable édifice jociste et ne veut pas avoir l’ambition d’attirer la masse des jeunes travailleurs.