V – Ch. 5 – Les réunions des organismes directeurs

CHAPITRE CINQUIEME

Les réunions des organismes directeurs.

Les organismes directeurs sont les comités io caux, les comités et les conseils régionaux, le Comité Général et le Bureau Général.

Les réunions de ces organismes n’ont pas seulement un but administratif, elles doivent servir à l’éducation des dirigeants qui y participent.

§ 1. – Considérations générales.

La J. O. C. est un corps hiérarchisé et ses organismes directeurs jouissent d’une véritable autorité.

Ces comités tiennent cette autorité, d’un côté de la part des membres, qui en les choisissant pour leur charge, selon le mode désigné par les statuts et règlement, leur ont délégué sur eux-mêmes et sur l’organisation un véritable mandat, auquel ils se soumettent volontairement et librement en tant que jocistes et dont ils comprennent l’impérieuse nécessité pour la bonne marche de l’organisation et pour le succès de son action auprès de la jeunesse ouvrière.

Ce mandat, confié par les jocistes, à leurs dirigeants est agréé et confirmé par l’Autorité Religieuse qui reconnaît ainsi aux différents organismes directeurs de la J. O. C. l’autorité qui leur est confiée par les statuts de leur Association, et qui attache à cette autorité et à cette mission un véritable caractère d’Action Catholique, d’apostolat laïc au service de l’Eglise.

Les membres des différents organismes d’autorité ont à pourvoir d’une façon différente mais réelle à la triple mission de la J. O. C.; ils sont dans leur sphère d’action des éducateurs, des chefs de service, des représentants.

Tout qui veut réfléchir, comprendra la valeur éducative et la portée sociale incomparable de cette organisation hiérarchique, de cette constitution d’une autorité intérieure au sein de la J.O.C.

La J. O. C. n’est ni un troupeau, ni une bande, abandonnée aux caprices, à l’anarchie des rencontres, des influences et des passions. Elle n’est pas non plus une école, une milice, imposée à contre cœur et malgré eux, aux jeunes travailleurs par une autorité extérieure. Elle est essentiellement une association librement contractée par les jeunes gens, à l’âge où ils doivent faire l’apprentissage personnel de la liberté et de la discipline, avec une autorité établie et choisie par eux-mêmes pour le besoin et le succès de leur association, et qui reçoit par la reconnaissance officielle de l’Autorité Religieuse, un caractère et une sanction pour ainsi dire sacrés.

La J. O. C. devient ainsi une chevalerie, à laquelle on adhère librement et volontairement, dont. on connait les statuts, les devoirs et les sanctions, et envers laquelle on s’engage à participer avec tout l’enthousiasme de son âge et la générosité de sa nature à la croisade de rénovation intellectuelle, morale, sociale et religieuse parmi les jeunes travailleurs.

Pour les dirigeants eux-mêmes, leur fonction est une école permanente de responsabilité, de dévouement, de générosité et d’apostolat. Ils sont compromis par leur charge, obligés à une surveillance personnelle et à un exemple édifiant. Prêchant plus par l’exemple que par la parole, tout l’exercice de leur mandat, avec toutes les charges variées qu’il impose, oblige à l’ordre, à la prévoyance, à la prudence, à la serviabilité, à la patience, à l’endurance.

Les difficultés auxquelles ils se heurtent, les résistances qu’ils rencontrent, les démarches qu’ils ont à faire développent le jugement, trempent le caractère, apprennent le maniement des hommes. Educateurs fraternels vis-à-vis de camarades qu’ils ont à gagner plus par l’affection, l’attachement que par le commandement et la sévérité; chefs de service, ayant à soigner pour le fonctionnement régulier de leur service, la tenue de leur administration et de leur comptabilité, pour le susccès de leur activité; représentants, mandataires, porte-paroles, dans leurs démarches, leurs requêtes, leurs initiatives ils exprimeront le programme jociste, traduiront les aspirations jocistes, défendront les intérêts de leur organisation et de leurs camarades auprès des autorités privées et publiques dont ils tâcheront de gagner et de mériter la confiance, la sympathie, l’appui et la collaboration.

Pour tous les Jocistes, la désignation au sein de leur association d’une autorité choisie, élue par eux-mêmes, qui a leur confiance, transforme la J.O.C. en leur ceuvre, leur mouvement. Leur soumission libre, affectueuse et généreuse à leurs dirigeants, camarades de travail et d’usine, est une école de collaboration sociale et d’esprit civique à l’âge critique de leur adolescence et de leur jeunesse, où l’éducation est décisive pour l’orientation de toute la vie. La reconnaissance libre, joyeuse de la discipline, la participation aux mouvements d’ensemble de propagande, de manifestation, de protestation, forme une mentalité, développe un esprit, apprend une attitude et une conduite, transforme les mœurs et les milieux.

L’existence, le fonctionnement, les conséquences des organismes d’autorité au sein de la J. O. C. n’est pas un jeu d’enfants, un exercice d’élèves, un plaisir de pensionnaires. Ce n’est pas une comédie et encore moins un camouflage. Ne pas les prendre au sérieux, c’est tuer la J. O. C. Celle-ci sera toujours ce que seront ses comités et ses dirigeants. Si ceux-ci sont compétents, dévoués, audacieux, entreprenants, s’ils jouissent d’un véritable prestige et d’une véritable autorité, s’ils sont de vrais animateurs, des entraîneurs, des chefs et des guides dans la lutte décisive dont dépend la rechistianisation du milieu du travail et du milieu ouvrier, la J. O. C. fera l’œuvre la plus magnifique pour l’avenir de la classe ouvrière et de l’Eglise. Si les comités et les dirigeants n’existent que sur le papier, n’ont de réalité que le nom, ne sont pas soutenus par l’Autorité Religieuse et les Autorités Sociales, ne sont pas appréciés et suivis par les jocistes, la J. O. C. aura fait faillite et il n’y aura pas de mouvement de jeunesse ouvrière. De nos jours, aucune autorité extérieure ne parviendra de fait à constituer un mouvement, un milieu vraiment éducatif pour les adolescents et les jeunes salariés. Seule une organisation bien vivante, tirant de son sein ses chefs et sa discipline, soutenue par l’Autorité Religieuse et Sociale, sera un organe efficace de formation intellectuelle, morale, sociale et religieuse.

Ces considérations ne paraîtront pas trop longues à celui qui comprend le but de la J. O. C. Elles feront ressortir l’importance qu’on attachera partout à la désignation des membres des comités ou des conseils. Cette désignation se fera à date fixe, au scrutin secret sur des listes de candidats, proposés selon les statuts et règlements. Cette désignation et l’installation des dirigeants se fera toujours d’une manière sérieuse, solennelle et impressionnante. Les conditions pour la position des candidatures seront sévères et prévoiront au moins un temps notable d’affiliation à la J. O. C. ainsi que la fréquentation régulière d’un Cercle d’études.

Les réunions des comités et conseils se feront à date fixe, d’après un calendrier communiqué à tous les membres, avec un ordre du jour inspiré du B. D., du programme général et des directives de la fédération régionale.

§ 2.- Indications spéciales

Les Comités locaux sont responsables de la bonne marche de la section locale. Les membres se partagent les différentes fonctions et les différents services. On évite les membres qui seraient surchargés par des fonctions d’autres organisations. On écarte les vaniteux et les orgueilleux. Les dirigeants sont des serviteurs.

Les Conseils régionaux sont l’autorité supérieure et un organisme essentiel dans la vie fédérale. Les membres, délégués de chaque section, ont une véritable fonction permanente pendant toute la durée de leur mandat. Ils décident du calendrier régional, acceptent les nouvelles sections, approuvent le rapport moral et le rapport financier et nomment le Comité fédéral.

Le Comité régional exécute les décisions du conseil, surveille la marche des sections, des services et des groupes d’entreprise, prépare les journées d’études et les récollections, les manifestations et les retraites et organise la participation de la fédération régionale à tous les mots d’ordre et à toutes les initiatives de la Fédération nationale.

Le Comité Général est l’autorité suprême dans la J. O. C. Ses membres, délégués par les fédérations régionales, exercent une fonction nationale. Ils sont désignés pour la durée prévue, et accomplissent le mandat accepté d’après les statuts et règlement de la J. O. C.

Le Bureau Central est composé des membres du Secrétariat Général et des Permanents régionaux; il exécute les décisions du Comité Général et veilile à la propagande et à la marche régulière de la Fédération générale.

Le Secrétariat Général assure tous les services centraux de la J. O. C. Il met au point toutes les directives, coordonne tous les efforts, il est la garantie et le contrôle permanent de l’unité, de la discipline et de la croissance de la J. O.C.. Administration, propagande, publications, manifestations, campagnes, tout est assuré, unifié, contrôlé par le Secrétariat Général. Il est le cerveau et le cœur de l’école, du service social, du corps représentatif qu’est la J. O. C. Il en a la direction et la responsabilité suprême.

V – Ch. 6 – Les réunions de masse

CHAPITRE SIXIEME

Les Réunions de Masse

Les réunions de masse, assemblées générales des sections, manifestations régionales et Congrès Généraux de la J. O. C. revêtent le double caractère de réunions d’étude et de réunion d’action.

Ces réunions de masse permettent à la J. O. C. de prendre conscience d’elle-même, dans les sections, dans les fédérations régionales dans le pays entier. Elles sont une occasion périodique pour tous les jocistes d’apprendre à se connaître, à se fréquenter et à s’aimer; à se sentir les coudes et à s’enthousiasmer pour l’idéal commun et la cause commune. Elles sont un moyen pour la J. O. C. de se montrer, de s’extérioriser, de faire connaître ses réalisations ou certains points de son programme à la population d’une commune, d’une région, du pays.

§ 1. – Les Assemblées Générales des Sections.

Les Assemblées générales, au moins mensuelles, sont un rendez-vous, une prise de contact éminemment utile entre tous les jocistes d’une section, qui aiment à s’y retrouver et à y parler de leur vie journalière et de celle de leurs camarades. Préparées avec soin par le Comité et le Cercle d’études, elles permettent à tous les jocistes de communier aux préoccupations actuelles du mouvement général, d’être mis au courant de ses initiatives, de s’associer à ses campagnes, de se remettre au diapason commun.

Alternant avec les chants, les déclamations. les jeux et les surprises, les courts appels à l’action, l’exposé bref des résultats de l’épargne et des autres services, les discussions sur l’un ou l’autre point actuel et intéressant pour tous, les assemblées générales servent surtout à intensifier la camaraderie jociste, à répandre l’amitié jociste, à tuer le respect humain, à apprendre la confession loyale et crâne de sa foi et de son idéal.

De là le ton de jeunesse, le caractère intime, la jovialité, l’entrain, la variété qui doivent caractériser les assemblées générales et les rendre aussi désirables et attrayantes que possible. Une assemblée générale ne peut être une corvée, provoquer de l’ennui, être terne et sans animation.

Présidées et dirigées toujours par le comité, celui-ci pourtant ne reste pas à distance et à l’écart des membres, mais se mêle fraternellement à tous et se dépense sans compter, surtout auprès des nouveaux venus. L’assemblée générale est une réunion familiale, où tout le monde se sent à l’aise, où personne n’est étranger, où les plus humbles et les plus jeunes se sentent chez eux.

Parfois, surtout en été, toute la section part en excursion, en promenade, en pique-nique ensem ble au bois, dans une prairie; on se remplit les poumons et les yeux d’air et de lumière, on s’entraîne au chant, à la course et surtout à la franche et confiante camaraderie.

Parfois la section est en fête : c’est un anniversaire, une fête patronale, corporative, des fiançailles, un mariage, un succès jociste. L’amitié jociste coule à pleins bords à l’occasion d’un modeste souper, d’une soirée intime, où les chants, les toasts, les rires et les applaudissements excitent la joie et l’affection.

Exceptionnellement, en hiver, la section locale ouvre toutes larges ses portes : elle invite parents et amis, toute la population de la paroisse et de la commune. Elle veut donner à tous le spectacle de la camaraderie et de l’affection jociste dans une soirée jociste, récréative et publique. Plus que nulle part d’autre, la tenue, le bon goût, le bon esprit de la J. O. C. auront l’occasion de s’y manifester, non seulement à la scène, d’où seront exclues la trivialité et la stupidité, mais surtout dans la salle où la gaîté et la joie s’uniront au bon ton, à la mesure et à la réserve. Les jocistes aînés se montreront corrects à l’égard de toutes les jeunes filles de la paroisse afin que toutes les familles ouvrières aient confiance dans la J.O.C. pour la préservation de l’honneur et la garde de la vertu des futures mamans de la classe ouvrière.

§ 2. –  Les Manifestations régionales.

Toutes les sections d’une même région doivent avoir chaque année l’occasion de fraterniser à l’occasion de la bénédiction d’un drapeau, de l’inauguration d’un local, de l’ouverture d’une exposition, d’un Congrès régional. Cette mobilisation de tous les groupes jocistes d’une région en vue d’une manifestation publique grandiose, non seulement impressionne profondément la population et montre la force croissante du mouvement jociste, mais elle renforce chez tous les jocistes l’esprit d’offensive, de conquête et de cran.

C’est la J. O. C. qui prend d’assaut la cité, la grand’ place, la rue, qui force l’opinion publique, qui impose l’admiration, le respect. C’est l’occasion pour les dirigeants d’apprendre l’art d’influencer l’opinion, de multiplier la publicité par l’affiche et la circulaire, d’organiser une vente monstre du journal, de prendre toutes les mesures et de faire toutes les démarches pour la réussite d’un immense cortège avec drapeaux déployés, clairons sonnants, musiques retentissantes, chants entraînants, calicots émouvants et le succès du meeting en plein air où des orateurs jocistes, soulevés par l’enthousiasme de leurs troupes, prêchent à la population étonnée la grande croisade de la J. O. C. Toute la presse régionale qui a déjà annoncé la manifestation par des communiqués répétés et éloquents, publie avec une manchette voyante l’irrésistible avance de la vague jociste. Plus un lecteur dans la région n’ignore l’existence ni le programme de la J. O. C. On en parle dans les trams, dans les trains, dans les cabarets, au pas des portes, dans les milieux du travail. La J.O.C. apparaît au grand jour de la popularité. Tous les jocistes répèteront à tous les échos le succès triomphal de la manifestation. 

§ 3. – Le Congrès Général.

Le Congrès Général est le point culminant de l’activité nationale de la J. O. C. La plus grande salle de la capitale et du pays est trop petite pour contenir les milliers d’auditeurs accourus pour acclamer les porte-paroles de l’organisation jociste. Sur l’immense scène les plus hautes autorités religieuses et civiles entourent les membres du comité général. Les centaines de drapeaux jocistes sont massés derrière la scène et autour de la salle. Quand le Président a ouvert l’assemblée générale, l’innombrable auditoire s’est levé comme un seul homme, et de toutes les poitrines s’élève magnifique et conquérant le chant de la J. O. C. Jamais il n’a été entonné avec un élan et une unanimité plus solennels et plus entraînants. De tous les gradins, de toutes les galeries, de tous les étages, depuis le parterre jusqu’au plafond, des dizaines de milliers d’yeux sont dardés sur la tribune où le secrétaire général ramasse et évoque en un raccourci superbe les efforts, les réalisations, les résultats du passé : gerbe splendide unissant en un bouquet odorant les humbles fleurs des héroïsmes obscurs aux magnifiques plantes des actions d’éclat. Et puis le benjamin des militants, un frêle et timide débutant au travail essaie pour la première fois, sa voix mal assurée, pour demander au pays aide et protection pour les jeunes adolescents salariés. Un silence religieux règne dans la salle, tous les cœurs sont émus, tous les yeux sont remplis de larmes, et tous ses milliers de compagnons qui ont vibré à son appel, debout et frénétiques, lui font la plus émouvante des ovations. Et alors c’est un aîné qui se lève, un propagandiste, qui a déjà mérité ses galons dans les combats et les campagnes. Sa voix plus mâle jette à ses camarades, fiers et transportés, les mots d’ordre pour la lutte de demain : ce sont des milliers de compagnons à conquérir, c’est toute la détresse intellectuelle, morale et religieuse des jeunes travailleurs à secourir, c’est le travail salarié à transformer en une prière et une bénédiction, ce sont toutes les usines à transformer en temples et en sanctuaires, c’est le Christ Lui-même à faire régner sur le monde du travail. Sa parole, hachée d’applaudissements et d’acclamations, se perd enfin dans l’unisson d’un chant qui se lève comme un serment:

Nous referons chrétiens nos frères!

Par Jésus-Christ, nous le jurons!

Ah! qui pourrait jamais décrire pareil apothéose et calculer les effets d’une telle assemblée. Non seulement les assistants n’oublieront jamais de tels instants, mais le pays lui-même s’émeut à de pareils spectacles. C’est bien la voix de la jeunesse ouvrière qui a retenti à ce congrès!

Des centaines de gares ont été prises d’assauts, des trains spéciaux ont amené des contingents des parties les plus reculées de toutes les provinces, c’est bien la classe ouvrière de demain qui indique le chemin qu’elle veut suivre pour son bonheur.

Toute la presse du pays comme de l’étranger, journaux amis et journaux adversaires, y voit le signal d’une salutaire rénovation. Le Congrès national est l’aboutissement et la synthèse de toutes les méthodes de formation et d’action de la J.O.C.

V – Ch. 7 – L’administration et les services

CHAPITRE SEPTIEME

L’Administration et les Services

§ 1. – L’administration jociste.

Il ne peut y avoir d’organisation véritable sans administration, et encore moins de travail soutenu, fécond et permanent. La J. O. C. ne veut pas créer entre les jocistes des liens occasionnels, mais des liens organiques et permanents.

L’administration locale, régionale et centrale doit s’emboîter; l’une est impossible sans l’autre; l’une souffre des lacunes, des imperfections, du désordre de l’autre.

Aucun détail, aucune partie ne peut être sous-évaluée. C’est un tout dont les différentes parties se tiennent. Le bulletin d’inscription, les fiches locales, régionales et nationales; les bordereaux de cotisations, les livres de comptabilité, les cahiers de rapports, la documentation, tout a sa valeur sociale et sa valeur éducative. Une organisation financière, un contrôle, une éducation financière sont impossibles sans bonne administration.

La tutelle jociste, la conquête du milieu du travail, l’amélioration des déplacements, sont impossibles aussi longtemps qu’on n’a pas des renseignements exacts, complets, ce qui n’est réalisable que grâce à une documentation régulièrement tenue à jour.

L’ordre, la régularité, le contrôle éventuel, la propagande méthodique, la connaissance concrète des problèmes jocistes ne peuvent être acquis sans bonne administration.

Aussi longtemps que les dirigeants locaux et régionaux ne sont pas fiers de leur administration, ne contrôlent pas et ne font pas contrôler leur administration, ils ne comprendront pas l’organisation et le rôle de la J. O. C. et ne seront pas de véritables dirigeants jocistes. L’administration jociste doit pouvoir soutenir la comparaison avec celle des meilleures entreprises industrielles et commerciales. Chaque département, chaque partie de l’administration jociste doit avoir son chef de service responsable, qui rationalise son travail d’après les renseignements du Secrétariat Général.

Que dire de ceux qui ne comprennent pas la portée et la valeur éducative d’une bonne cotisation, de sa perception régulière et de sa comptabilité méthodique?Pas d’éducation sans cotisation sérieuse, périodique et volontaire. Une organisation gratuite est une mauvaise organisation. Elle ne peut jamais prétendre à l’autonomie, à l’indépendance et à la puissance. Elle n’inspire jamais à ses membres la fièreté, la confiance, le dévouement et la fidélité qu’ils ne peuvent concevoir qu’à une organisation pour laquelle ils savent s’imposer des sacrifices.

§ 2. – Les services jocistes.

La J. O. C. n’est pas un simple mouvement d’idées. Ses réunions ne sont qu’une amorce, ses paroles engendrent des actes, sa doctrine produit des réalisations. Un simple enseignement ne saurait sauver la jeunesse ouvrière. Voilà pourquoi les services jocistes sont un élément essentiel de la méthodologie jociste.

Services sociaux qui apprennent et facilitent aux jeunes travailleurs l’accomplissement rationnel de leurs devoirs d’état. Il ne suffit pas d’apprendre verbalement aux jeunes salariés comment ils doivent choisir leur profession, chercher un emploi, apprendre un métier, prévenir un accident, préserver leur santé, s’habituer à l’épargne, défendre leurs intérêts; il faut organiser pratiquement le choix de la profession, le placement, l’apprentissage, la sécurité, la tutelle sanitaire, l’épargne, l’organisation professionnelle par tous les services d’orientation professionnelle, de placement, de secrétariat d’apprentissage, de tutelle sanitaire, de sécurité, d’épargne et de sections professionnelles.

Mieux que n’importe quel enseignement théorique, ces services organisés font comprendre tous les problèmes qui se posent aux jeunes travailleurs et la solution que la J. O. C. veut y donner.

Mieux que n’importe quel exposé, ces services font comprendre la fécondité de la doctrine sociale que la J. O. C. veut répandre parmi les jeunes travailleurs; seuls de tels services peuvent généraliser dans la masse des habitudes raisonnables, des qualités professionnelles, des vertus chrétiennes.

Les services jocistes sont la meilleure illustration de la formation que la J. O. C. entend donner à ses membres. Ils sont pour la masse de la jeunesse ouvrière l’apologie la plus tangible de la doctrine jociste, et l’argument le plus frappant de sa nécessité.

Pour les dirigeants, chefs de service, les services jocistes leur donnent l’occasion de toucher du doigt tous les besoins des jeunes travailleurs, et leur apprennent la manière concrète de les prévenir et de les guérir. Par les services jociates leur charité devient prévenante, cherche à prévenir les abus et les misères, Le dévouement, la générosité qu’ils leur demandent leur apprennent le rôle humble et difficile de véritables réformateurs sociaux. Des mots sonores, des phrases creuses, des appels à la révolte ne leur en imposeront plus. Ils sauront par leur exemple et leur expérience fermer la bouche aux faux meneurs et aux lâches excitateurs, Rien n’attache, ne lie à l’organisation jociste les membres les plus frustes et les plus humbles, comme les services jocistes. Ce sont ceux-là qui en ont le plus besoin. Aucune théorie n’aurait de prise sur eux. Une aide, un soutien, un service les transforment souvent en propagandistes zélés. Les parents et les familles ouvrières voyant le bien réalisé par les services jocistes y sont plus sensibles et s’en laissent plus facilement convaincre que par n’importe quel raisonnement.

Aussi longtemps qu’une section locale et qu’une fédération régionale n’a pas organisé les services jocistes, elle n’a pas entamé la réalisation du vêritable programme jociste, elle n’est pas occupée à construire le véritable édifice jociste et ne veut pas avoir l’ambition d’attirer la masse des jeunes travailleurs.

V – Ch. 8 – Les publications jocistes

CHAPITRE HUITIEME

Les publications jocistes

L’importance de la presse augmente de jour en jour. Plus personne ne la conteste. Qui pourrait encore contester ou sous-évaluer l’importance primordiale de la presse jociste pour la formation et la conquête des jeunes travailleurs? Ceux-ci sont continuellement sollicités par la presse sportive. par les ciné-revues, par les illustrés soi-disant neutres et artistiques, par les romans policiers et populaires, par les journaux socialistes.

Qui dira les ruines causées par la lecture auprès des adolescents et des jeunes salariés ? 11 suffit de s’être attardé pendant quelques heures le soir, avant le départ des trains ouvriers, aux aubettes des gares et des environs des gares, pendant l’heure de midi et le dimanche matin aux étalages et aux vitrines des libraires et des marchands de journaux ou d’avoir fréquenté quelques bibliothèques publiques pour savoir quelle littérature lisent les jeunes ouvriers et les jeunes employés.

La J. O. C. est fière de ses publications. Elle y attache un soin extraordinaire et ne recule devant aucun sacrifice ni devant aucun effort pour rendre ses publications aussi attrayantes, aussi éducatives que possible. Aucune organisation de jeunesse du monde entier ne peut se vanter d’avoir des jour naux et des bulletins aussi bien adaptés que les journaux et les bulletins jocistes. Si la J.O.C. n’est pas un simple mouvement d’idées, elle est encore moins une coalition d’appétits et une ruée après des avantages matériels. La J. O. C. sait que ce sont les idées qui conduisent le monde, que c’est l’intelligence qui dirige la volonté, que l’adolescence et la jeunesse sont l’âge par excellence de la formation.

§ 1. – Le Journal JOC.

Aux adolescents et aux jeunes salariés la J. O. C. a l’ambition d’offrir un organe illustré, qui soit le miroir fidèle de son organisation, la tribune éloquente de son programme, la vulgarisation de toutes les connaissances professionnelles, techniques, sociales, littéraires, artistiques, morales et religieuses, utiles et nécessaires au véritable relèvement de la jeunesse ouvrière. Par son journal, la J.O.C. veut entrer chaque semaine dans toutes les familles jocistes, y être l’ami attendu et aimé qui apporte chaque samedi la bonne nouvelle qui repose des fatigues de la semaine, qui distrait des laideurs et des vulgarités, qui attire vers les joies intellectuelles et spirituelles, qui réconforte le cœur et éclaire l’esprit. Pour ceux qui n’ont pu assister aux réunions, JOC est le propagandiste éloquent qui, dans le cœur à cœur de la lecture, apporte les nouvelles du mouvement, ranime le courage et refait les convictions. Plus le mouvement s’étend, plus le nombre des Jocistes croît, plus l’importance du journal augmente. La masse n’assiste pas régulièrement à des réunions, le journal les atteint et les retient chaque semaine. Plus il est intéressant, mieux il est illustré, plus il éloigne des autres publications dangereuses. Il doit deve nir le grand outil de pénétration jociste dans le milieu du travail et dans le milieu ouvrier. Les militants doivent le répandre et le vendre dans tous les ateliers, dans toutes les usines et dans tous les quartiers ouvriers. Quel noble apostolat que celui des camelots jocistes, qui chaque semaine s’appliquent à placer quelques numéros et qui sont les messagers infatigables de la bonne nouvelle jociste!

Faut-il dire que le journal jociste doit être mieux utilisé, mieux commenté dans toutes les réunions jocistes, qu’il doit servir à fournir des exemples, des faits vécus de cran, de propagande, et des réalisations du mouvement?

Jamais nous ne cesserons de battre le rappel pour une collaboration plus intense, plus intelligente à l’illustration et à la rédaction de notre journal. Que de photos de réunions, d’excursions, de locaux, de fêtes, de sites, d’installations d’industries pourraient être fournies par des photographes amateurs. JOC ne devrait pouvoir publier que de l’inédit, du vécu, du vrai jociste. Il en est de même de faits de cran, de propagande, des scènes ouvrières qui devraient être croqués par les reporters jocistes et communiqués à la rédaction.

Les vrais militants jocistes ne devraient reculer devant aucun effort pour répandre leur journal. Que de sections, que de communes où des progrès considérables devraient être faits sous ce rapport; une section qui néglige la propagande pour le journal n’a pas l’esprit jociste.

§ 2. – Le Bulletin des Dirigeants.

Si JOC est l’outil de formation indispensable aux membres, le B. D. est l’instrument de travail nécessaire à tout dirigeant. Tous les membres des comités lisent, étudient, méditent le B. D. L’unité et la discipline sont impossibles sans l’utilisation méthodique du B. D. Son emploi rationnel doit être expliqué périodiquement dans chaque conseil régional et dans chaque comité local. Le B. D. est le moniteur du mouvement. Il développe et explique le programme d’études et d’action, il amorce les enquêtes, donne l’ordre du jour de toutes les réunions, et expose le fonctionnement de tous les services. Il est impossible de suivre l’activité générale, de participer à l’offensive générale, de rester en liaison avec le quartier général, si on n’est pas au courant des mots d’ordre et des directives que seul le B. D. peut donner. Un comité sans B. D. n’a pas de carte de route, il reste en marge du mouvement et rompt la ligne de feu. Sur le grand front jociste, tous les chefs de l’armée jociste doivent exécuter les manoeuvres que leur indique le B. D. Le B. D. est le vade-mecum indispensable de tous les dirigeants jocistes.

§ 3. – Les Editions Jocistes.

Pour les points les plus importants de son programme, pour l’instruction et l’édification de ses militants, la J. O. C. publie régulièrement ses Editions jocistes.

En tête de toutes ces éditions se présente le « Manuel de la J. O. C. ». Aucun aumônier, aucun dirigeant, aucun membre de C. E. ne peut s’en passer. Son étude attentive et toujours recommencée est la seule vraie garantie de « l’orthodoxie Jociste» et, par conséquent, du succès.

Quelle mine inépuisable de connaissances nécessaires, et comme tous les militants jocistes devraient être fiers de les posséder! La. J. O. C. ne cesse de rappeler aux fédérations, aux sections et à ses militants la nécessité de se monter une bibliothèque personnelle, où toutes les publications jocistes devraient figurer en première place. Heureux ceux qui pendant leur jeunesse ont pu consacrer une partie de leurs ressources à l’achat régulier des livres nécessaires à leur formation! C’est un capital intellectuel qu’aucune richesse matérielle n’équivaudra jamais. C’est ainsi que se sont toujours formés les vrais meneurs du peuple. Seuls ceux qui dans l’étude personnelle ont voulu gravir les cimes peuvent y entraîner leurs compagnons. Ils sont les porteurs de flambeaux dans les milieux ouvriers. L’ignorance est le plus grand obstacle à la véritable émancipation de la classe ouvrière. Les éditions jocistes désirent jalonner la route des pionniers de la J. O. C.

V – Ch. 9 – La conquête jociste

CHAPITRE NEUVIEME

La conquête Jociste

§ 1. – Le sens de la conquête jociste.

La J. O. C. ne s’enferme pas dans des tours d’ivoire, dans des serres chaudes, dans des milieux artificiels, loin de la vie ordinaire et du milieu habituel où vivent et travaillent les jeunes salariés.

La J. O. C. n’aurait pas d’efficacité, elle ne pourrait pas résoudre le problème de l’adolescence et de la jeunesse ouvrière, si elle limitait son action et son influence sur ses propres membres à la durée des réunions jocistes, même des réunions de masse. Les réunions, quelles qu’elles soient pour militants comme pour simples membres ne sont que des amorces, des occasions d’orienter, de promouvoir, de lancer, de soutenir l’action jociste en dehors des réunions, dans la véritable milieu naturel fréquenté par les Jocistes comme par les autres jeunes travailleurs.

De même qu’on ne peut se contenter d’être chrétien seulement pendant la durée des offices religieux, on ne peut pas se borner à être jociste seulement pendant les réunions!

On est jociste, on mène l’action jociste dans le milieu habituel, à la maison, à la rue, dans le quartier ouvrier, pendant les trajets, à l’usine, à l’atelier, au bureau, parmi ses camarades et ses frères de travail.

La conquête du milieu naturel, du milieu ouvrier est essentiel à la J. O. C. Aussi longtemps et partout où elle n’atteint pas ce but, elle n’en est qu’au stade préparatoire de sa véritable action. La J. O. C. ne veut pas attirer et conquérir les jeunes travailleurs pour les amener et les garder à ses réunions; elle les attire et les amène à ses réunions, pour les renvoyer en conquérants dans leur milieu habituel. C’est celui-ci que la J. O. C. veut transformer, veut rechristianiser.

Le jour où tous les jocistes oseront et pourront porter dans le milieu du travail. pendant les déplacements et partout, l’insigne de la J. O. C., la conquête de la jeunesse ouvrière sera assurée. L’insigne est un témoignage, une proclamation de foi. Les porteurs de l’insigne sont des témoins, des confesseurs, doivent parfois être des martyrs. Quand l’insigne sera arboré fièrement dans toutes les usines, ces usines deviendont peu à peu jocistes. Les jocistes, d’où qu’ils viennent, s’y reconnaîtront et s’y soutiendont.

N’est-il pas pénible d’apprendre que des jocistes ont travaillé l’un à côté de l’autre dans le mên.e atelier sans savoir qu’ils étaient jocistes? N’est-il pas regrettable de constater que des jocistes ont pu faire leur service militaire dans la même caserne, à la même chambrée, dans le même bataillon sans s’être connus et soutenus comme jocistes?

L’insigne jociste est la petite primevère qui doit annoncer partout la fin de l’hiver d’indifférence, d’ignorance, de neutralité et d’abandon qui a perdu la jeunesse ouvrière et le commencement du printemps jociste qui doit la sauver.

§ 2. – L’Elite et la Masse.

On a souvent abusé des termes « élite » et « masse », on a fait des distinctions et des oppositions arbitraires.

Elite et masse sont deux termes relatifs qui admettent bien des degrés et des appréciations différentes. L’élite n’existe qu’en fonction de la masse, que pour travailler sur la masse. Une élite qui ne travaille pas sur la masse, dans une masse, n’est pas une élite. L’élite, si elle se distingue de la masse ne s’en sépare, ne s’en détache pas. Elle ne s’enferme pas dans une tour d’ivoire. L’élite est du levain, du sel. Elle pénètre la masse pour la transformer, pour la faire lever.

L’élite jociste n’existe qu’en fonction, que pour la masse des jeunes travailleurs. Elle travaille sur elle à l’intérieur de la J.O.C., dans les réunions, aux services, dans les manifestations; elle travaille sur elle en dehors, à l’extérieur de la J. O. C. dans le milieu du travail, dans le milieu ouvrier.

L’élite jociste, quoique très réelle et très influente, est très relative et souvent très adaptée. Elite souvent aux mains calleuses et durcies par le travail, plus habituée au bourgeron et à l’outil qu’au faux-cols et à la plume; plus elle-même et plus à sa place dans l’usine, dans le quartier ouvrier que sur une scène ou dans un salon.

L’élite jociste doit être découverte, recrutée dans la masse et en fonction de celle-ci. Dans un milieu d’usine le militant sera un ouvrier, dans une banque ou un bureau ce sera un employé.

Les débuts de l’élite sont d’ordinaire très humbles, très représentatifs du milieu qu’ils doivent conquérir et auquel ils doivent appartenir, mordant d’autant mieux, ayant d’autant mieux de prise sur la masse qu’ils restent plus en contact avec elle, qu’ils sont moins déracinés. La condition essentielle d’une élite est la générosité, paralysée parfois par une certaine timidité et une certaine gaucherie.

La formation de l’élite est une œuvre de confiance, d’optimisme et de patience. Il faut exploiter sa générosité, s’en servir, lui offrir les occasions de s’exercer; services très humbles au début, parfois tout matériels, mais qui multiplient les occasions de contact, de rapprochement, de confiance. car la formation de l’élite demande et exige le contact d’âme, la confiance intime, le don de soi. Il ne faut pas au début être trop exigeant pour les qualités extérieures, pour les connaissances théoriques, pour les pratiques de piété. Bien des jeunes ouvriers éloignés des pratiques religieuses par l’ignorance ou l’hostilité de leur milieu ont étonné en peu de temps par leur ascension surnaturelle et leur vie apostolique.

§ 3. – Les débuts des sections jocistes.

Toute l’action jociste dans une localité commence par la recherche et la formation des deux ou trois militants qui formeront le premier noyau jociste. Ils sont parfois découverts par un dirigeant ou un militant jociste d’une section voisine qui est leur compagnon de travail ou de trajet. D’ordinaire ils devront être recherchés par le clergé paroissial parmi les jeunes paroissiens salariés. Pour éviter les faux départs il faut qu’au moins l’un ou l’autre d’entr’eux appartienne au milieu caractéristique de la classe ouvrière de la localité. Si l’immense majorité de celle-ci travaille dans la grande industrie, qu’on ne commence jamais par de jeunes employés ou de jeunes ouvriers travaillant chez de petits artisans.

La masse dont ils ne sont pas, avec laquelle ils n’ont pas de contact, leur resterait fermée. La formation des militants durera peut-être plus longtemps avec des éléments plus frustes appartenant réellement au milieu à conquérir, mais après un certain temps elle donnera des fruits plus abondants.

Avec eux on commencera le premier cercle d’études préparatoire à la fondation de la section, Cercle d’études très élémentaire, apprennant à reconnaître la masse et le milieu qu’il s’agit de conquérir, ne s’attardant guère à une longue formation théorique, mettant bien vite les jeunes débutants en contact avec des militants de la section voisine, de leur âge et de leur condition. Ensemble on commencera le recrutement des premiers compagnons de travail, qui seront la première masse qu’ils auront à conquérir et à transformer et avec eux la section jociste sera officiellement constituée. Dès ce moment, le premier noyau de militants jocistes deviendra le comité provisoire de dirigeants, qui auront une fonction d’autorité dans la section.

Le premier noyau continuera à avoir des réunions de cercle d’études et de comité distinctes des réunions des simples membres. Là il se formera et s’exercera à ses fonctions de dirigeant, et ce n’est que lentement que le nombre des membres du cercle d’études s’augmentera par le recrutement parmi les simples membres, des militants qui ne tarderont pas y manifester leur générosité et leur dévouement.

§ 4. La croissance lente et régulière des sections.

Il ne faut pas au début précipiter le recrutement des simples membres. La première élite ne serait pas capable d’encadrer et de transformer une masse trop compacte. Mieux vaut agir lentement et donner aux militants et aux dirigeants l’occasion et le temps de s’habituer à l’esprit et aux méthodes jocistes. Quand le premier noyau est suffisamment nombreux, il ne faut pas hésiter à ouvrir la porte aux nouvelles recrues qui sont amenées par les autres membres. C’est sur cette masse bien concrète que les militants auront à agir pendant les réunions et surtout en dehors de celles-ci, c’est pour le maintien et la formation de cette masse-là, que les services jocistes sont dès lors indispensables.

Dans beaucoup de régions et de localités, la masse jociste restera encore pendant longtemps la minorité de la population des jeunes travailleurs. La majorité sera retenue en dehors de la J. O. C. à cause de la déchristianisation du milieu du travail ou de la force de l’organisation socialiste.

Mais la minorité jociste, au fur et à mesure qu’elle deviendra plus agissante, plus consciente de ses possibilités, pourra pourtant avoir une influence formidable dans le milieu du travail et dans le milieu ouvrier. Si on parvient à développer en elle l’esprit de conquête, à lui donner l’esprit de corps, elle pourra écarter du milieu de travail bien des. brimades, des vulgarités et même des obscénités, elle travaillera à assainir l’atmosphère morale de l’usine et du chantier, elle obtiendra des mesures de sécurité et d’hygiène, elle transformera lentement, mais sûrement, la mentalité ouvrière. Bien des occasions lui sont offertes de faire reculer le respect humain, de vaincre l’indifférence et l’hostilité, de forcer la sympathie et l’admiration.

La pénétration de la masse se fera d’abord lentement. Mais la majorité plus ou moins passive et moutonnière finit toujours par se laisser dominer et entraîner par une minorité audacieuse et entreprenante. Toutes les forces qui hier semblaient résister à la religion, peuvent à un moment donné agir en sa faveur. La classe ouvrière a gardé des richesses morales foncières. Si elle a écouté et suivi de mauvais bergers, c’est qu’ils parlaient un langage généreux qui semblait uniquement inspiré par la compassion et par le désintéressement. A l’erreur se mêle souvent un grain de vérité. Si le peuple a suivi le socialisme, il a adhéré non pas à l’erreur socialiste, mais aux parcelles de vérité qui s’y mélangaient. Le jour où la J. O. C. et les organisations ouvrières chrétiennes feront éclater au grand jour l’âme de vérité qui anime leurs services, leurs publications, leurs démarches et leur programme, la masse ouvrière sera sauvée.

§ 5.- Le renouvellement méthodique des dirigeants locaux et régionaux.

Dans la J. O. C. plus que dans n’importe quelle organisation, la formation de l’élite restera toujours la préoccupation dominante.

Les militants et les dirigeants jocistes ne peuvent rester indéfiniment dans la J. O. C. Il faut continuellement pourvoir à leur remplacement. Les dirigeants en fonction, et les militants formés s’adjoindront des aides et des collaborateurs. C’est en se faisant accompagner, aider et remplacer qu’ils prépareront le mieux ceux qui devront leur succéder. Le flambeau jociste doit être passé de main en main.

Ainsi la formation méthodique de nouveaux militants marchera de pair avec la conquête de la masse. Toute une œuvre constructive doit être envisagée : il faut dans chaque centre des locaux appropriés, il faut des services de plus en plus perfectionnés pour les besoins et les loisirs de la masse ouvrière. Qu’on ne tarde pas à avancer, l’heure du bon Dieu va sonner.

Les équipes régionales de propagande sont de militants ayant déjà reçu une composées à la fois. certaine formation, elles constituent des Cercles d’Etudes où ces militants apprennent à exposer le programme jociste et à expliquer les méthodes jocistes et une sorte de conseil où s’élaborent les plans de propagande de la Fédération. Ces militants de l’équipe sont souvent envoyés dans les sections locales pour y porter les mots. d’ordres fédéraux.

§ 6. – La Conquête du milieu du Travail. 

On n’influence pas, on ne transforme pas le milieu du travail de l’extérieur, à distance. Il faut y pénétrer, il faut y vivre, il faut y travailler, il faut en être.

Toutes les autres méthodes de conquête sont fatalement réduites à l’impuissance et à la faillite. Les Congrès les plus réussis, les manifestations les plus enthousiastes, les réunions les mieux adaptées n’ont de résultat réel que s’ils amènent les jocistes à influencer, à transformer, à reconquérir le milieu du travail. La véritable campagne contre le communisme et contre le socialisme, pour la rechristianisation de la classe ouvrière se livrera et se gagnera dans le milieu du travail, par des ouvriers, par des employés. Il ne faut jamais se faire d’illusion sous ce rapport.

De là, la nécessité des services jocistes, de l’administration jociste, de l’organisation jociste, des liens étroits entre les sections, les fédérations régionales et la fédération nationale; de là la nécessité de l’unité et de la discipline jociste; de là la formation de l’esprit de conquête, de la camaraderie et de l’amitié jociste pour permettre aux jocistes de se retrouver, se soutenir, s’aider en dehors des réunions dans leur milieu habituel, pendant toutes les heures et toutes les journées qu’ils sont obligés d’y vivre et d’y travailler.

Refaire de l’unité dans la vie des jocistes; leur donner des connaissances, des qualités, des directives claires, pratiques et concrètes, les habituer à l’entr’aide, à la confiance mutuelle, encadrer les simples membres par des militants et des dirigeants, étudier ensemble des plans et des tactiques de conquête, tel doit être l’objectif continuel des sections, des fédérations et de la J.O. C.

Travailler comme un levain dans la pâte, non pas à côté, non pas à distance, mais au milieu, au sein de la masse, pour y rayonner, s’y étendre et s’y propager, tel est le grand secret de la méthode jociste.

« Entr’eux, par eux et pour eux »,non pas seulement dans leurs réunions, mais en vue de leur action dans le milieu du travail, au sein de la masse.

La J. O. C. n’a de raison d’être, elle n’adopte une méthode spéciale que dans ce but, en vue de ce résultat.

« Vous êtes les missionnaires de l’intérieur » disait le Pape en s’adressant aux pélerins jocistes.

C’est le milieu du travail et le milieu ouvrier que la J. O. C. veut évangéliser et rechristianiser. C’est là que les jeunes travailleurs doivent être soutenus, aidés, encouragés.

L’homogénéité, l’unité et la discipline sont les conditions essentielles à ce résultat. Les jocistes ont besoin d’avoir leurs militants, leurs meneurs, leurs propagandistes dans le milieu du travail, vivant de leur vie, travaillant à leurs côtés. Une armée qui doit combattre sans ses chefs est toujours vaincue; or c’est dans le milieu du travail que les jocistes doivent lutter et se battre; non pas dans leurs réunions, e’est là qu’ils ont besoin de leurs chefs pour les encadrer et les entraîner.

Des sections dispersées, abandonnées à elles-mêmes, sans lien entr’elles, sans tactique commune ne peuvent réussir. Ce serait folie que d’y songer. Les meilleures intentions de la terre se briseraient contre l’impitoyable réalité.

« L’Unité et la Discipline, proclamait le Pape, vous donneront la victoire ». Tout l’avenir jociste est dans ces mots.

Le pôle d’entreprise est le premier jalon de la pénétration jociste dans l’entreprise. Le militant jociste s’y entoure de militants des différents services de l’entreprise pour en étudier à fond la composition, la situation et les moyens de propagande et de réforme. Le pôle est donc un noyau de militants, animés d’un esprit d’apostolat, d’un esprit chrétien conquérant. Son action prudente mais persévérante vise à faire de l’entreprise, une entreprise jociste, grâce à la propagande parmi le personnel actuel, à l’embauchage d’une main-d’oeuvre jociste, aux réformes lentes mais sûres de la mentalité des travailleurs et de l’organisation du travail. Les militants du pôle se concertent d’une façon discrète mais vigilante aux heures de repos, avant ou après le travail, soit dans l’établissement, soit aux environs et parfois au local de la section de la commune où l’entreprise à son siège.

Le bloc d’entreprise comprend tous les jocistes d’une même entreprise. Il se réunit, rarement, dans un local voisin de l’entreprise soit pour resserrer les liens de camaraderie jociste entre tous les membres, soit pour fêter un succès, soit pour décider d’une attitude commune.

§ 7. –  L’action sur la masse pendant les loisirs.

Dans toutes les villes et agglomérations industrielles, les jeunes salariés qui fréquentent le dimanche les locaux des œuvres catholiques sont en très petit nombre. Alors que les œuvres pour enfants de moins de 14 ans ont une belle clientèle, celles qui s’adressent aux adolescents de 14 à 16 ans n’ont pas beaucoup d’adhérents fidèles. Quant à celles qui s’occupent des grands jeunes gens, elles doivent d’ordinaire se contenter de la présence d’une douzaine de jeunes salariés de 16 à 21 ans. Encore beaucoup d’entr’elles n’arrivent pas à ce chiffre. Loin de se dissimuler cette situation, il faut, au contraire, l’étudier à fond pour chercher et préparer l’action concrète capable de résoudre pratiquement le grave problème des loisirs des jeunes salariés.

Où sont les dizaines de milliers de jeunes salariés qui ne fréquentent pas les locaux ou les réunions des œuvres catholiques postscolaires? Au cinéma, au dancing, sur les terrains où sévit le sport commercial. Les deux tiers environ d’entre eux sortent avec des jeunes filles.

Les conséquences de cette situation ne sont que trop visibles: corruption, déchristianisation, malheur.

La J. O. C. doit trouver, appliquer, perfectionner des méthodes nouvelles qui permettent d’éviter, dans une certaine mesure, tous ces désastres.

Il est inutile de baptiser « élites » de petits groupes sans influence aucune et de s’imaginer que cette poignée de jeunes gens, qui aura perdu tout contact avec la masse, pourra reconquérir la foule des jeunes salariés qu’on aura laissé corrompre pendant les dix années décisives de leur jeunesse.

L’apostolat jociste n’aboutira pas à des résultats sérieux, si la J.O.C. n’organise pas les délassements de ses membres.

Que feront ceux-ci, le soir au sortir du bureau ou de l’atelier?

Que feront-ils le samedi après-midi?

Que feront-ils le dimanche matin? le dimanche après-midi? le dimanche soir?

Allez donc parler d’apostolat à un habitué du dancing, de formation intellectuelle à un fervent des « sports » commerciaux, d’action sociale à un fanatique du cinéma.

Il est impossible de donner déjà des directives détaillées et définitives. Les dirigeants jocistes doivent déployer beaucoup d’initiative, de souplesse, pour s’adapter aux différentes situations. Ils essaieront d’influencer dans un sens jociste les pratiques et les groupements de la région ou de la localité; ils n’essaieront pas d’imposer une surveillance et une discipline étroites à de grands jeunes gens qui ne les accepteraient certainement pas. Nos jeunes salariés aiment à se promener, par petits groupes, sous la conduite d’un meneur de leur âge, qu’ils ont librement choisi. Ils aiment à s’arrêter quand cela leur plaît; à boire un verre quand cela leur convient; à chanter ou même à crier, quand la fantaisie leur en prend.

Souvent les jeunes ouvriers sont fatigués et ils ne désirent pas faire de longues marches ou se livrer à des jeux prolongés. Mais une petite promenade, coupée de repos, entremêlée de quelques parties de balle ou de ballon leur plaît d’ordinaire.

Certains aiment beaucoup les petites excursions à vélo. Ils peuvent se grouper et former une petite escouade de jocistes cyclistes arborant à leur machine le petit fanion jociste.

Il y a dans nos grands centres des salles catholiques de cinéma. Il faut absolument les multiplier.

Des meneurs jocistes habiles dirigeront vers elles les nombreux petits groupes de jocistes en Il les conduiront aussi aux plus belles séances or ballade. ganisées dans les cercles catholiques.

Un meneur qui connaît son métier saura improviser de petits « cercles d’études » dans un compartiment de chemins de fer, dans une pelouse, autour d’un réverbère, dans un café honnête, dans la cour d’une usine à l’heure de midi, etc. Un excellent travail jociste sera réalisé dans ces petites réunions amicales et les échos en parviendront aux grandes réunions officielles et à la rédaction de JOC.

Pour les Jocistes les plus jeunes (de 14 à 16 ans) ces méthodes devront être appliquées autrement que pour ceux de 16 à 18 ans ou de 18 à 21 ans. L’adaptation doit être parfaite.

Il est clair que l’Aumônier jociste ne pourra pas accompagner les nombreux groupes dépendant de sa section. Mais il devra être tenu au courant de tout par les meneurs. Ceux-ci devront lui témoigner la plus grande confiance et solliciter souvent ses directives, ses conseils, ses critiques. Ils lui signaleront les interventions utiles auprès de tel ou tel membre. Ils devront prendre toutes les précautions recommandées par l’Aumônier.

Il est évident que si la section peut mettre à la disposition de ses membres un beau terrain de sports que c’est une facilité considérable.

A certaines occasions, plusieurs sections peuvent se grouper pour organiser une excursion collective.

Il est même désirable que, de temps à autre la Fédération ou la Sous-Fédération réunisse ainsi une masse considérable de Jocistes. Cela développe la confiance et l’enthousiasme. Mais tout doit être très bien préparé.

V – Ch. 10 – Les collaborations nécessaires

CHAPITRE DIXIEME

Les collaborations nécessaires

§ 1. Les Aumôniers Jocistes.

Le rôle des aumôniers jocistes découle du double caractère de la J. O. C.

Elle est une organisation d’Action Catholique, qui veut surtout former les jeunes travailleurs en vue de leur avenir et de la conquête de leur milieu.

2. Les aumôniers jocistes auront donc un double rôle :

1) un rôle d’autorité : ils représentent l’Autorité Religieuse aux différents degrés de l’organisation jociste; ils sont chargés par les Evêques de faire progresser le mouvement jociste dans la direction approuvée par l’Episcopat.

2) un rôle éducatif : ils sont les animateurs de toute l’éducation jociste et en particulier de l’éducation religieuse et morale, et de la formation à l’apostolat.

3. Le rôle d’autorité des aumôniers jocistes, loin de nuire ou de porter atteinte à l’autorité des dirigeants jocistes, l’appuie et la confirme non seulement auprès des membres mais auprès des autres fidèles et des autres organisations sociales ou religieuses.

4. L’autorité des dirigeants jocistes est déterminée et limitée par les statuts et règlements de la J. O. C. Les aumôniers jocistes appuient et confirment cette autorité dans toutes les manifestations de la vie et de l’activité jociste.

Mais surtout ils aident les militants à faire l’apprentissage de cette autorité, à comprendre et à assumer toute la responsabilité de leurs fonctions jocistes, à acquérir l’esprit d’apostolat nécessaire à leur action sur les membres et sur les autres jeunes travailleurs, non seulement à l’occasion des réunions jocistes et pour la bonne marche des services jocistes, mais pour toutes les initiatives qui sont à l’ordre du jour du mouvement, et surtout dans le milieu du travail et pendant les loisirs. Cette formation, cet encouragement, ce soutien à donner aux militants et aux dirigeants jocistes est la tâche la plus sacrée et la plus nécessaire des aumôniers jocistes.

5. L’Aumônier Général nommé par Son Eminence l’Archevêque et par Nos Seigneurs les Evêques, représente l’Episcopat Belge au Secrétariat général de la J. O. C. Il veille à développer l’esprit d’Action catholique dans toutes les manifestations et initiatives nationales de l’activité jociste : publications, services, congrès, semaines d’études. Il assiste à toutes les réunions nationales et assume devant l’Autorité Religieuse la responsabilité du Mouvement Jociste. Il est en rapports constants avec les Aumôniers régionaux et, par leur intermédiaire, avec les Aumôniers locaux.

6. Les Aumôniers régionaux sont nommés par l’Evêque de chaque diocèse, qu’ils représentent auprès des fédérations régionales. Ils veillent à l’application des directives générales pour l’organisation, la propagande, l’activité régionales du mouvement jociste.

Les Aumôniers régionaux assistent à toutes les réunions du secrétariat, du comité et du conseil de leur région et développent l’esprit d’action catholique parmi tous les militants et dirigeants régionaux dont ils appuient l’action dans la région.

Ils sont en rapports constants avec les Aumôniers locaux, avec lesquels ils se réunissent périodiquement pour assurer l’observation du calendrier régional et la collaboration de toutes les sections locales aux services et aux réunions régionales jocistes.

7. Les Aumôniers des sections paroissiales sont nommés par l’Autorité religieuse de la paroisse qu’ils représentent dans leur section.

Ils veillent à l’application des directives nationales et régionales pour l’organisation, la propagande et l’activité de cette section. Ils assistent à toutes les réunions du Comité local et aident à la formation intensive des militants et des dirigeants locaux. Sans devoir assister à toutes les réunions des Cercles d’études et aux assemblées générales, sans se substituer à aucun dirigeant, ni remplir eux-mêmes aucune fonction jociste, ni assumer aucun service jociste, ils s’intéressent d’autant plus à toutes les manifestations de l’activité jociste locale et suivent de près l’apostolat de tous les militants.

8. Les dirigeants et les militants jocistes manifestent une confiance et un attachement affectueux à leurs Aumôniers, dont ils sont fiers d’être les collaborateurs les plus dévoués, et avec lesquels ils travaillent à faire de la J. O. C. l’organisation la plus conquérante et la plus audacieuse au service de l’Eglise et de la jeunesse ouvrière. Ils recourent à leurs Aumôniers dans toutes les difficultés de leur apostolat et sont heureux de suivre leurs directives pour l’épanouissement et le progrès du mouvement jociste.

9. Les dirigeants et les militants jocistes éveilleront la même confiance et le même attachement chez tous les jocistes à l’égard de l’Aumônier. Sans violenter aucune conscience, sans imposer aucune pratique religieuse, ils sauront mettre en relief la générosité, le désintéressement de l’Aumônier, permettront aux âmes les plus frustes de reprendre contact avec le prêtre, de se laisser gagner par sa bonté et son affection, et d’être ainsi amenées insensiblement à la vie chrétienne.

10. Les Aumôniers sauront s’adapter à la mentalité de tous les jocistes et de tous les jeunes travailleurs qui leur sont présentés par les militants et les dirigeants jocistes. Ils ne se scandaliseront ni de leur ignorance, ni de leurs faiblesses, ni de leurs défauts. Ils tâcheront de découvrir et d’utiliser tous les trésors de générosité et d’énergie qui se cachent souvent sous les écorces les plus rudes et dans les ouvriers les moins pratiquants. Ils parviendront à force de bonté et de persévérance à épanouir dans ces âmes la vie surnaturelle la plus élevée.

11. C’est dans l’amitié surnaturelle que se crée et s’approfondit parmi les militants, les dirigeants, les aumôniersque gît le secret de l’apostolat jociste. Alimentée par la prière et par le sacrifice elle devient le levier et le moteur des plus nobles dévouements, elle engendre chez les aumôniers cette paternité spintuelle et chez les militants et les membres cette piété filiale qui fait d’une section, d’une fédération régionale et de la fédération générale la grande famille de la jeunesse ouvrière chrétienne, unie et soudée par la plus pure flamme de la Charité chrétienne.

12. Il est à souhaiter ardemment que par des réunions périodiques d’aumôniers jocistes, par des journées ou des semaines d’études d’aumôniers jocistes, par des causeries dans les grands Séminaires les prêtres trouvent de plus en plus l’occasion de se former à la méthodologie et à l’activité jociste. La J. O. C. appelle l’étude d’une branche nouvelle de la théologie pastorale.

Ces réunions, ces journées, ces semaines d’études doivent renforcer entre tous les aumôniers jociste le lien d’entr’aide spirituelle et pédagogique, qui est indispensable à l’œuvre immense de la formation religieuse et morale de la masse des jeunes travailleurs et au succès de l’Action Catholique parmi la jeunesse ouvrière.

§ 2. Les Amis de la J. O. C.

1. Heureuses les sections et les fédérations qui trouvent dans la sympathie active d’un instituteur, d’un ingénieur, d’un médecin, d’un universitaire ou de n’importe quel intellectuel l’appoint précieux de conseils, d’encouragements et d’assistance dont aura toujours besoin n’importe quelle organisation de jeunes travailleurs.

2. Ces « Amis de la J. O. C. » n’auront jamais dans la J. O. C. aucune autorité statutaire ou réglementaire, ils ne rempliront jamais une fonction jociste, ils ne se substitueront à aucun dirigeant jociste, ils n’assumeront la direction d’aucun service jociste, mais ils conseilleront, soutiendront et aideront les dirigeants, les militants et les chefs de service de leurs conseils, de leurs connaissances, de leur expérience et surtout de leur sympathie. Leur rôle sera un rôle éducatif, ils doivent aider la J. O. C. à former les chefs, les meneurs, les propagandistes responsables de la conduite du mouvement et capables de la propager dans le milieu ouvrier.

3. Les Fédérations et les Sections Jocistes participent, autant que possible, aux campagnes, aux manifestations et aux assemblées communes de l’A. C. J. B. (Congrès, Journées de Jeunesse, Processions, Communions, Réunions des Associa tions Paroissiales, etc.). Leurs dirigeants s’inspirent régulièrement des directives qui paraissent dans le Bulletin Technique et du Programme annuel commun de l’A. C. J. B.

4. La collaboration entre les différents groupes de la Jeunesse catholique se réalisera surtout grâce aux réunions périodiques des délégués qui constituent le Comité Général, les Comités Régionaux, les Comités Décanaux et les Comités Paroissiaux de l’A. C. J. B.

5. Cette collaboration de la J.O.C. et des autres groupes de Jeunesse Catholique au sein de l’A. C. J. B. ne peut pourtant jamais nuire à l’activité propre, à l’unité et à la discipline de la J.O.C. et à la réalisation de sa mission essentielle : la conquête du milieu de travail.

6. Une entente pratique doit être établie entre entre la J.O.C. et les autres œuvres de jeunesse qui s’occupent des jeunes travailleurs. Cette entente doit laisser à chacune de ces œuvres son indépendance et la faculté de mettre en action ses méthodes propres.

La J. O. C. ne peut, en aucun cas, obliger ses membres à faire partie d’une des autres œuvres en question, ni exiger que les jeunes gens qui appartiennent à ces œuvres deviennent jocistes.

7. Mais étant donné les graves problèmes qui se posent dans la vie des jeunes salariés et que la J. O. C. seule peut résoudre; étant donné les dangers auxquels ils sont exposés et que la J.O.C. seule peut vaincre; étant donné la nécessité d’une puissante organisation groupant tous les jeunes travailleurs pour rechristianiser le milieu du travail, il est évident que tous les groupements de jeuness catholique doivent s’efforcer de faire affilier tous leurs membres jeunes travailleurs, à l’organisation jociste, de les faire participer à son activité et à son apostolat, et de leur faire comprendre et pratiquer intégralement leur devoir d’action catholique dans le milieu du travail.

8. Tout l’effort éducatif des autres groupements de jeunesse restera vain et sera en grande partie compromis chez les jeunes travailleurs, si la J. O. C. ne parvient pas à transformer le milieu du travail.

9. Par contre, la J. O. C. ne négligera aucun effort pour décider ses membres aux œuvres de jeunesse catholique, qui seraient vraiment utiles à leur formation religieuse, leur préservation morale ou leur culture physique.

10. Un moyen de favoriser l’entente entre tous les groupements qui intéressent les jeunes travailleurs sera la fixation de réunions périodiques où les délégués des différents groupements pourront se communiquer leurs calendriers respectifs et se concerter pour les campagnes communes et les intérêts communs.

11. Tous les dirigeants et les militants jocistes développeront en eux-mêmes et auprès de leurs membres l’esprit de charité et prieront avec ferveur pour l’épanouissement de l’apostolat catholique parmi toute la jeunesse.

§ 3. La J. O. C. dans l’A. C. J. B.

1. La J. O. C. est une partie constituante de l’Association Catholique de la Jeunesse Belge. Tout jeune salarié, par le fait même qu’il adhère à la J. O. C. devient membre de l’A. C. J. B.; sa carte de Jociste lui sert de carte acéjibiste; elle porte, d’ailleurs, la mention explicite de l’affiliation de la J.O.C. à l’A. C. J. B. (1).

2. Le Comité Général, les Comités Régionaux, les Comités Locaux de la J. O. C. sont représentés au sein des Comités communs correspondants de la Jeunesse Catholique.

La J. O. C. n’ayant pas de groupement décanal, ce sont les Comités Régionaux jocistes qui désignent les représentants de la J. O. C. dans les Comités Décanaux de l’A. C. J. B.

3. Les Fédérations et les Sections Jocistes participent, autant que possible, aux campagnes, aux manifestations et aux assemblées communes de l’A. C. J. B. (Congrès, Journées de Jeunesse, Processions, Communions, Réunions des Associa tions Paroissiales, etc.). Leurs dirigeants s’inspirent régulièrement des directives qui paraissent dans le Bulletin Technique et du Programme annuel commun de l’A. C. J. B.

4. La collaboration entre les différents groupes de la Jeunesse catholique se réalisera surtout grâce aux réunions périodiques des délégués qui constituent le Comité Général, les Comités Régionaux, les Comités Décanaux et les Comités Paroissiaux de l’A. C. J. B.

5. Cette collaboration de la J.O.C. et des autres groupes de Jeunesse Catholique au sein de l’A. C. J. B. ne peut pourtant jamais nuire à l’activité propre, à l’unité et à la discipline de la J.O.C. et à la réalisation de sa mission essentielle : la conquête du milieu de travail.

6. Une entente pratique doit être établie entre entre la J.O.C. et les autres œuvres de jeunesse qui s’occupent des jeunes travailleurs. Cette entente doit laisser à chacune de ces œuvres son indépendance et la faculté de mettre en action ses méthodes propres.

La J. O. C. ne peut, en aucun cas, obliger ses membres à faire partie d’une des autres œuvres en question, ni exiger que les jeunes gens qui appartiennent à ces œuvres deviennent jocistes.

7. Mais étant donné les graves problèmes qui se posent dans la vie des jeunes salariés et que la J. O. C. seule peut résoudre; étant donné les dangers auxquels ils sont exposés et que la J.O.C. seule peut vaincre; étant donné la nécessité d’une puissante organisation groupant tous les jeunes travailleurs pour rechristianiser le milieu du travail, il est évident que tous les groupements de jeuness catholique doivent s’efforcer de faire affilier tous leurs membres jeunes travailleurs, à l’organisation jociste, de les faire participer à son activité et à son apostolat, et de leur faire comprendre et pratiquer intégralement leur devoir d’action catholique dans le milieu du travail.

8. Tout l’effort éducatif des autres groupements de jeunesse restera vain et sera en grande partie compromis chez les jeunes travailleurs, si la J. O. C. ne parvient pas à transformer le milieu du travail.

9. Par contre, la J. O. C. ne négligera aucun effort pour décider ses membres aux œuvres de jeunesse catholique, qui seraient vraiment utiles à leur formation religieuse, leur préservation morale ou leur culture physique.

10. Un moyen de favoriser l’entente entre tous les groupements qui intéressent les jeunes travailleurs sera la fixation de réunions périodiques où les délégués des différents groupements pourront se communiquer leurs calendriers respectifs et se concerter pour les campagnes communes et les intérêts communs.

11. Tous les dirigeants et les militants jocistes développeront en eux-mêmes et auprès de leurs membres l’esprit de charité et prieront avec ferveur pour l’épanouissement de l’apostolat catholique parmi toute la jeunesse.

Note

(1) Pour tout ce qui regarde la position de la J. O. C. dans l’A.C.J.B. on consultera le Manuel de l’A.C.J.B. publié en 1929 par le Comité Général de cette Association.

§ 4. La J. O. C. et les Organisations Ouvrières Chrétiennes.

1.- La J. O. C. est incapable de transformer seule le milieu du travail et la vie de travail.

2. Les jocistes sont des jeunes salariés obligés à travailler avec des travailleurs adultes, ils appartiennent à des familles ouvrières et sont destinés à fonder à leur tour des foyers ouvriers.

3. Dès sa création, la J. O. C. a voulu être l’organisation de jeunesse du mouvement ouvrier chrétien, décidée à collaborer avec les autres organisations de la Ligue des Travailleurs Chrétiens, dans l’ordre de ses compétences et en respectant le caractère d’action catholique de son organisation sans se compromettre jamais dans une compétition et une propagande politique.

4. Toutes les organisations ouvrières chrétiennes se sont engagées à respecter le caractère d’action catholique de la J. O. C. et à ne jamais compromettre la J. O. C. dans une campagne politique.

5. La J. O. C. conclut des accords avec les organisations syndicales, mutualistes et financières du mouvement ouvrier chrétien pour la sauvegarde des intérêts professionnels, mutualistes et financiers de ses membres et sans s’immiscer dans l’action syndicale, mutualiste et financière de ces organisations.

6. Toutes les fédérations et sections jocistes observeront la discipline jociste pour leurs rapports avec les organisations ouvrières chrétiennes de leur région et de leur localité, et soumettront toutes les difficultés éventuelles au Secrétariat Général de la J. O. C.

7. La J. O. C. ne peut permettre que ses membres qui ont atteint la limite d’âge quittent la J. O. C. sans passer aux organisations chrétiennes d’adultes; elle doit au contraire veiller à ce qu’ils deviennent des militants zélés dans ces organisations. C’est de la victoire de tout le mouvement ouvrier chrétien que dépend le salut de la classe ouvrière.

§ 5. La J. O. C. et la collaboration patronale.

1. L’organisation du milieu du travail et la solution des problèmes qui s’y posent tant dans l’intérêt des salariés que de ceux de l’entreprise, dépendent en partie des patrons.

2. Les patrons assument une grande responsabilité en acceptant dans leurs entreprises des jeunes salariés.

3. Les services de placement, d’apprentissage, de requête, de sécurité et d’hygiène organisés par la J. O. C. exigent pour leur plus grand rendement, une collaboration aussi étroite que possible avec les patrons et les organisations patronales.

4. La J. O. C. et les dirigeants jocistes facilitent les réalisations par l’esprit de collaboration qui les anime; par la droiture et la prudence de leurs démarches; par la conscience professionelle qu’ils inculquent à leurs membres; par la bonne organisation des services jocistes; par le but social qu’ils poursuivent.

5. Cette collaboration aussi étroite et aussi complète que possible ne compromettra jamais l’autonomie et l’indépendance de la J. O. C. qui sont les conditions indispensables de son efficacité sociale.

6. Toutes les propositions et toutes les réalisations d’une collaboration organisée avec les patrons et les organisations patronales seront soumises au préalable au Secrétariat Général de la J.O.C.

§ 6. La J. O. C., la famille, l’école et la paroisse.

1. – Les jeunes travailleurs sont des fils de familles ouvrières, des anciens élèves des écoles libres ou officielles, des jeunes paroissiens.

2. – La J. O. C., pour atteindre pleinement son but, doit avoir des rapports organisés avec les familles ouvrières, avec les écoles et les paroisses, pour mériter leur confiance, pour susciter leur collaboration, et donner ainsi aux jeunes travailleurs l’éducation et la protection dont ils ont besoin.

3.- La doctrine et le programme de laJ.O.C. mettent la famille à la base de la société. La J.O.C. ne veut pas remplacer la famille, ni se substituer aux parents. Elle veut simplement aider les parents dans leurs rôles d’éducateurs et de tuteurs de leurs jeunes gens.

4. – La J. O. C. tâchera de mériter la confiance des parents par des rapports constants avec eux dès avant que les élèves ne quittent l’école primaire : visites régulières pour l’orientation professionnelle et le placement, pour la tutelle et l’apprentissage. Elle tâchera d’intéresser les parents à l’action jociste par des réunions familiales et par son journal.

5. – La J. O. C. se mettra en rapport avec les écoles dès avant la sortie des élèves de dernière année, afin de collaborer pratiquement à la préparation au travail, au choix du métier, et au placement des élèves.

6. – Elle tâchera d’obtenir la collaboration des instituteurs avec les services jocistes par des visites personnelles et des invitations aux fêtes jocistes, par des abonnements aux journaux jocistes, par des conférences aux réunions d’instituteurs et aux élèves des écoles normales.

7. – La J. O. C. fera comprendre aux jocistes la signification de la paroisse, du clergé paroissial, de l’église paroissiale, du culte paroissial et leur inculquera un grand amour pour la société paroissiale. La fierté jociste doit inclure la fierté paroissiale.

8. – La J. O. C. méritera la confiance et l’appui du clergé paroissial par le zèle de ses dirigeants et de ses militants à promouvoir la vie paroissiale.

9. – La section paroissiale de J.O.C. n’est pas exclusivement paroissiale. Elle est un membre des fédérations générale et régionale; elle est donc soumise à l’autorité et à la discipline de ces fédérations qui ont reçu une mission du Pape et des Evêques.

La section locale doit partager la vie et l’activité de ces fédérations pour pouvoir aider les jeunes salariés dans leur vie journalière et dans le milieu du travail.

10. – Plus la section paroissiale de J. O. C. participera à la vie fédérale et à toute l’activité jociste, plus elle accentuera le caractère jociste de sa propre organisation, plus elle aidera les jeunes salariés et plus elle développera chez eux les convictions et la fierté chrétiennes.

VI – Introduction

SIXIEME PARTIE

Les Services Jocistes

Dans cette partie seront brièvement exposées certaines activités jocistes qui ont pour but d’aider le jeune salarié dans sa vie professionnelle individuelle (services professionnels, section 1); de parfaire l’éducation sociale du jeune homme et de l’incorporer dans les organisations ouvrières chrétiennes d’adultes qui assistent le salarié dans ses besoins économiques (services sociaux, section II) ou bien encore de faciliter l’éducation esthétique, intellectuelle ou physique des jeunes travailleurs et le bon emploi de leurs loisirs (services éducatifs et récréatifs, section III).

VI.1 – Ch. 1 – Service de préjocistes

Section I.

Services Professionnels

CHAPITRE PREMIER

Service des Préjocistes

§ 1. – Recrutement des Préjocistes.

L’action de la J. O. C. sur les débutants au travail doit commencer un an avant que les enfants quittent l’école.

A ce moment toutes les sections de J.O.C. doivent connaître tous les jeunes gens de la localité qui commencent leur dernière année scolaire.

Dans les écoles catholiques, la liste peut être obtenue par une démarche auprès de l’instituteur. Dans les écoles officielles on obtiendra la liste par d’autres moyens.

La collaboration avec le personnel enseignant (1) doit préoccuper constamment nos directeurs-prêtres et nos Comités jocistes.

L’instituteur de dernière année, s’il est stimulé et aidé par la J. O. C., peut orienter tout son enseignement vers la vie de travail. Les cours, les leçons, les devoirs, peuvent s’inspirer des problèmes qui se poseront bientôt aux enfants.

La fidélité aux réunions, l’observation des conseils donnés surtout quand il s’agira du choix d’une profession et du placement, de l’affiliation à la J. O. C., etc.,tout cela suppose que les parents soient convaincus au moins du bien que l’on veut à leur enfant.

La collaboration de la famille (2) sauf des cas exceptionnels d’hostilité décidée et sectaire, doit être obtenue aussi large que possible, par des visites à domicile, des réunions de parents; des causeries dans les organisations cuvrières d’adultes; des services rendus aux parents eux-mêmes, etc.

§ 2. – Organisation et réunions préjocistes.

Dès qu’une section de J. O. C. a pu recruter des élèves quittant l’école à la fin de l’année scolaire, ceux-ci doivent être affiliés régulièrement à la J. O. C. comme préjocistes. On doit remplir pour eux un bulletin d’inscription. Ils reçoivent une carte de membre spéciale, paient une cotisation réduite et portent l’insigne spécial des préjocistes.

Dès que les préjocistes sont 3 ou 4 dans une section, ils doivent être constitués en « Cercle d’études du groupe préjociste » et avoir des réunions régulières. Lorsque les préjocistes deviennent plus nombreux on distingue les militants qui viennent aux réunions du « cercle d’études des préjocistes » et des simples préjocistes qui n’assistent qu’aux réunions générales du groupe préjociste.

La direction du groupe est confiée à un ou deux bons dirigeants.

Les réunions sont tout à fait distinctes de celles des Jocistes. Pour leur organisation on s’inspirera de la méthode exposée précédemment dans ce Manuel et des directives mensuelles du B. D.

Les réunions préjocistes doivent être très simples, cordiales, enthousiastes, pas trop longues. Elles doivent comporter toujours une petite partie récréative adaptée à leurs auditeurs.

Le travail de propagande que l’on peut obtenir des jeunes militants du C. E. des préjocistes est merveilleux quand on sait leur inspirer, dès le début, l’esprit de conquête.

La vente au numéro de « JOC », du calendrier, etc., est un excellent moyen de les former concrètement comme propagandistes, de leur donner conscience d’une tâche utile et de réelles responsabilités.

Des excursions, réunions amicales, etc., réservées aux préjocistes resserreront les liens d’amitié dans le groupe et seront pour les dirigeants d’utiles occasions de contact et d’influence personnelle.

§ 3. – Visites des préjocistes au milieu de travail.

L’initiation concrète à la vie de travail suppose un contact avec celle-ci. Nos débutants doivent se rendre compte à l’avance de ce qu’est une usine, un atelier, un bureau. Ils doivent pouvoir à ce sujet exposer leurs impressions, contracter des idées et des sentiments qui leurs permettront de réagir vigoureusement contre l’influence déprimante du milieu de travail quand ils y seront engagés tout de bon.

Par ailleurs, dans le choix judicieux d’une profession, le goût de l’enfant est un élément important. Cela suppose qu’il ait eu l’occasion de voir travailler; de voir exercer les diverses professions parmi lesquelles il devra bientôt fixer son choix.

Nos préjocistes doivent visiter des usines, des ateliers, des écoles professionnelles; des musées et des expositions techniques ou industrielles; des lavoirs, vestiaires, réfectoires, dispensaires, cliniques.

Chaque visite doit être accompagnée de dirigeants assez nombreux pour assurer une parfaite surveillance et éviter tout accident en route ou dans les usines elles-mêmes.

Les visites se feront de préférence par petits grou pes, sous la direction de quelqu’un qui puisse attirer leur attention sur l’essentiel, leur suggérer des réflexions utiles, répondre à leurs questions.

Par après, en réunion, les observations jailliront nombreuses et ce sera l’occasion de former une mentalité, une conscience, des convictions sérieuses.

Les visites peuvent être complétées par la projection de films de métiers et d’industries dont le commentaire sera bien adapté au but que l’on veut atteindre.

C’est aux secrétariats professionnels régionaux et aux services régionaux des préjocistes à organiser ou tout au moins, à préparer ces visites. Les dirigeants des sections doivent donc s’y adresser. Ces visites auront souvent lieu pour un groupe de plusieurs sections.

§ 4. – La Veillée du travail.

L’entrée dans la vie de travail est un grand événement dans la vie d’un jeune homme.Pour inspirer le sentiment de cette grandeur aux intéressés, à leurs parents, à tous ceux qui les entourent, chaque section de J. O. C. doit organiser annuellement vers le mois de juillet une série de réunions qui constituent la « veillée du travail ». être Tous les jocistes de la section doivent y associés parce que la veillée constitue pour tous,

quelle que soit leur « ancienneté », un renouvellement des sentiments, des convictions, des engagements jocistes.

Les C. E. étudieront les problèmes des débutants au travail en les appliquant concrètement aux débutants de cette année.

Le Comité préparera en détail et fixera à l’avance les réunions et les cérémonies de la « veillée ».

Les ainés seront chargés de préparer individuellement les débutants en dehors des réunions.

Nous donnons ici un programme-type de veillée dont on pourra modifier les détails suivant les circonstances locales.

Dans certaines régions, plusieurs sections peu nombreuses et assez proches, pourront aussi s’entendre pour organiser en commun les cérémonies.

Les trois derniers soirs de la semaine sont consacrés à des réunions religieuses à l’église paroissiale ou dans une chapelle. Tous les jocistes y sont présents.

Les instructions porteront sur la conception chrétienne du travail, sa valeur surnaturelle, sa beauté, ses difficultés, etc. Les instructions sont suivies d’un court salut.

Le dimanche matin, messe de communion générale. Les jocistes sont tous ensemble dans le choeur ou dans la nef. La communion elle-même, les prières et les chants sont organisés avec soin de manière à faire impression sur les paroissiens.

Le groupe entier assiste de même à la grand’messe.

A la fin de la messe on chante deux ou trois couplets du Chant Jociste.

Le déjeûner du matin est autant que possible organisé au local.

Tous les sermons des messes sont consacrés à la fête jociste de l’entrée au travail et au devoir de tous les chrétiens envers les jeunes apprentis. On invite spécialement les parents. Après la grand’messe M. le Curé bénira les insignes jocistes pour les nouveaux, et les outils.

On choisira un des outils principaux de la profession de chaque débutant. Ces outils seront disposés sur une table dans le choeur de l’église.

Le Chant Jociste s’exécutera après la grand’messe d’une manière solennelle par tous les Jocistes groupés au pied de l’autel.

Le soir, grande fête qui débute par une assemblée publique de la section. Le Comité est sur la scène. Le Secrétaire fait rapport sur l’activité de la section. Un autre membre expose d’une façon vivante et enthousiaste ce que la J. O. C. fait pour les débutants au travail et pour tous les jeunes travailleurs.

Puis le président fait l’appel des nouveaux jocistes et leur épingle l’insigne.

La partie récréative qui suit doit être bien soignée et avoir une réelle valeur artistique et éducative.

On choisit des pièces, les monologues et les chansons en rapport avec les circonstances (3).

Notes

(1) Voir le chapitre sur les collaborations jocistes, pp. 299-302.

(2) Voir « Les collaborations jocistes », pp. 299-302.

(3) Voir ce qui a été dit plus haut du Service Central. d’Education de la J. O. C.

Section I.

Services Professionnels

CHAPITRE PREMIER

Service des Préjocistes

§ 1. – Recrutement des Préjocistes.

L’action de la J. O. C. sur les débutants au travail doit commencer un an avant que les enfants quittent l’école.

A ce moment toutes les sections de J.O.C. doivent connaître tous les jeunes gens de la localité qui commencent leur dernière année scolaire.

Dans les écoles catholiques, la liste peut être obtenue par une démarche auprès de l’instituteur. Dans les écoles officielles on obtiendra la liste par d’autres moyens.

La collaboration avec le personnel enseignant (1) doit préoccuper constamment nos directeurs-prêtres et nos Comités jocistes.

L’instituteur de dernière année, s’il est stimulé et aidé par la J. O. C., peut orienter tout son enseignement vers la vie de travail. Les cours, les leçons, les devoirs, peuvent s’inspirer des problèmes qui se poseront bientôt aux enfants.

La fidélité aux réunions, l’observation des conseils donnés surtout quand il s’agira du choix d’une profession et du placement, de l’affiliation à la J. O. C., etc.,tout cela suppose que les parents soient convaincus au moins du bien que l’on veut à leur enfant.

La collaboration de la famille (2) sauf des cas exceptionnels d’hostilité décidée et sectaire, doit être obtenue aussi large que possible, par des visites à domicile, des réunions de parents; des causeries dans les organisations cuvrières d’adultes; des services rendus aux parents eux-mêmes, etc.

§ 2. – Organisation et réunions préjocistes.

Dès qu’une section de J. O. C. a pu recruter des élèves quittant l’école à la fin de l’année scolaire, ceux-ci doivent être affiliés régulièrement à la J. O. C. comme préjocistes. On doit remplir pour eux un bulletin d’inscription. Ils reçoivent une carte de membre spéciale, paient une cotisation réduite et portent l’insigne spécial des préjocistes.

Dès que les préjocistes sont 3 ou 4 dans une section, ils doivent être constitués en « Cercle d’études du groupe préjociste » et avoir des réunions régulières. Lorsque les préjocistes deviennent plus nombreux on distingue les militants qui viennent aux réunions du « cercle d’études des préjocistes » et des simples préjocistes qui n’assistent qu’aux réunions générales du groupe préjociste.

La direction du groupe est confiée à un ou deux bons dirigeants.

(1) Voir le chapitre sur les collaborations jocistes, pp. 299-302.

(2) Voir « Les collaborations jocistes », pp. 299-302.

VI.1 – Ch. 2 – Le service d’orientation, de placement et de logement

CHAPITRE DEUXIEME

Le Service d’Orientation, de Placement et de Logement

§ 1. – Secrétariats professionnels régionaux.

Tous les services jocistes qui se rapportent à la profession doivent, pour fonctionner rationnellement, être centralisés par région de manière à pouvoir disposer du personnel, du matériel et des ressources nécessaires.

Le Secrétariat Général possède un centre de documentation et d’expérience qui lui permet de renseigner, de guider et de contrôler les secrétariats régionaux.

La documentation industrielle, l’orientation professionnelle, le placement, l’apprentissage, l’enseignement professionnel, les bibliothèques techniques, la tutelle sanitaire, l’inspection du travail, les démarches et les requêtes; la collaboration avec les Bourses libres du travail, les syndicats chrétiens, les organisations patronales,etc., exigent une organisation centralisée, disposant de chefs de service compétents et de moyens d’action multiples et puissants.

Chaque fédération régionale doit constituer un secrétariat professionnel. Parfois il en faudra plusieurs par région. Toutes les sections doivent faire appel à ce sécrétariat pour tous les besoins de leurs membres.

L’obtention des subsides officiels exige, spécialement pour les placements, que les sections ne se substituent pas au Secrétariat professionnel, même quand l’intervention du Secrétariat professionnel n’est pas indispensable.

§ 2. – L’orientation professionnelle.

Le choix de la profession est une des circonstances principales dans lesquelles la J. O. C. doit venir en aide de plus en plus efficacement aux débutants.

Le problème est très complexe et il faudra du temps encore avant que les expériences scientifiques en cours dans le monde entier permettent de conclure à des méthodes complètes et certaines. Il n’est heureusement pas nécessaire d’attendre ces conclusions pour faire déjà œuvre utile. Sur quoi le choix du métier doit-il être basé? 1) Sur les dispositions physiques, intellectuelles. psychologiques et morales du candidat;

2) sur la situation des industries dans la région et l’avenir réservé à chacune d’elles;

3) sur les goûts de l’intéressé et la volonté de ses parents.

Pour être renseigné sur ces divers objets et être capable d’émettre un jugement, il faut avoir recours à diverses sources d’information:

1) au point de vue physique : la fiche médicale un médecin scolaire, l’examen du candidat par averti, l’avis des parents;

2) au point de vue intellectuel, moral et psychologique : l’avis de l’instituteur, des parents, des directeurs d’œuvres para-scolaires (patro, scouts, etc.) et si possible l’examen du sujet par quelques tests sérieux et éprouvés;

3) au point de vue industriel: les enquêtes jocistes doivent permettre d’établir dans chaque région et pour tout le pays une documentation industrielle sérieuse complètée par les documents des organisations professionnelles libres et des Bourses du Travail, les statistiques et les documents officiels;

4) au point de vue des goûts et des désirs des intéressés et de leurs parents: il s’agit de les connaître exactement tout en essayant de les modifier dans ce qu’ils pourraient avoir de faux ou d’inconciliable avec les aptitudes requises.

Nos Secrétariats Professionnels régionaux assument dans chaque région le plus difficile de la tâche. Mais les sections doivent prendre une part dans ce service jociste de première importance.

Trois mois avant le départ de l’école, les sections doivent se préoccuper de l’O. P. des préjocistes et de tous les autres débutants de la localité.

Les questionnaires nécessaires doivent être demandés au Secrétariat Professionnel régional qui prendra les dispositions voulues pour l’orientation dans les meilleures conditions possiréaliser bles.

Il est indispensable d’intéresser les parents à l’orientation par des visites, des causeries, des circulaires. D’autre part, il ne faut pas négliger de se préoccuper du placement en même temps que de l’O. P. sans cela les conseils donnés ne seront que très rarement suivis.

Les dirigeants régionaux chargés de l’O. P. auront soin de se documenter au S. G. avant d’agir dans ce domaine.

§ 3. – Placement.Le choix de la profession entraîne un autre problème tout aussi grave et intimement lié au premier : le placement. Les circonstances et le milieu où s’excerce la profession ont autant d’influence sur le jeune ouvrier que la profession ellemême, parfois davantage.

Les enquêtes montrent par ailleurs qu’en abandonnant le placement au hasard, à l’intéressé ou à ses parents, un grand nombre ne suivent pas le conseil donné quant au choix de la profession.

La J. O. C. doit donc s’occuper du placement de ses membres au début de leur vie de travail et même plus tard quand ils devront changer d’entreprise pour quelque motif que ce soit.

De quoi faut-il tenir compte pour le placement?

1. De la profession de l’intéressé et du résultat de l’orientation professionelle.

2. Des conditions d’apprentissage, de stabilité et d’avenir de la profession.

3. Des circonstances physiques et morales de travail dans l’entreprise (sécurité, salubrité, moralité, etc.).

4. Du trajet nécessaire jusqu’au lieu de travail, dont l’importance est particulièrement grande pour les débutants.

5. Du salaire immédiat auquel les parents attachent une grande importance et qui détermine souvent leur jugement sur la valeur de la profession et les progrès réels de leurs fils.

6.- Des possibilités de tutelle pendant les trajets et au travail par d’autres jocistes, par des blocs ou des pôles d’entreprise, par des travailleurs adultes ou des chefs.

L’enquête nécessaire pour l’Orientation professionnelle, sur l’industrie de chaque région doit se préciser bien davantage quand il s’agit du placement et s’attacher en détail à chaque entreprise.

Cette documentation qui doit se compléter et se tenir à jour sans cesse, dans chaque secrétariat régional est la base d’une bonne organisation du placement.

Le placement ne sera vraiment rationnel que dans la mesure où il sera organisé par les Secrétariats professionnels régionaux de J. O. C. en accord avec les Bourses libres du Travail et avec la collaboration et sous le contrôle constant des sections.

Le placement des débutants doit être préparé à l’avance et être fait avec plus de soin encore que le placement des jocistes plus âgés.

Les Secrétariats professionnels, par les sections et par les « pôles », doivent être renseignés sur les entreprises où l’embauchage des jeunes est possible et où les conditions mentionnées plus haut sont le mieux réalisées.

Les sections ne doivent pas seulement avoir en vue leurs débutants, mais tous ceux de la région.

Ils étudient les possibilités de placement dans toutes les usines où ils ont des jocistes et communiquent à la fédération le résultat de leur travail. Les places vacantes doivent être renseignées d’une façon constante et rapide au Secrétariat professionnel.

Pour la plupart des entreprises il vaut mieux que les démarches officielles auprès de la direction soient faites par les Secrétariats Professionnels.

La présentation, l’introduction des débutants dans les entreprises, le contrôle des placements effectués, la surveillance des apprentis, etc., sont du domaine de la tutelle jociste dont nous parlons plus loin.

§ 4. – Les Secrétariats d’apprentissage.

En Belgique, l’apprentissage n’est pas encore organisé légalement.

Aucune réglementation n’impose au patron des conditions pour la formation progressive des apprentis. De là, abus, pertes de temps pour l’apprenti, rendement réduit pour l’industrie.

En vue de solutionner partiellement la crise, l’Office des Métiers et Négoges a créé depuis plusieurs années des Secrétariats d’apprentissage dans le but de faire conclure, par écrit, des contrats d’apprentissage entre parents et petits patrons travaillant avec moins de 5 ouvriers.

Ces contrats ne représentent qu’i ‘un engagement moral :

1) de la part de l’apprenti, à rester chez le patron, 1, 2 ou 3 ans en vue de s’appliquer à l’apprentissage:

2) de la part du patron, à traiter l’apprenti en bon père de famille et à lui faire connaître son métier en vue de le soumettre à un examen final devant un jury désigné par l’Office des Métiers et Négoces.

Malgré les rayons d’action peu étendus des Secrétariats d’apprentissage limités à de petits artisans, ils rendent service en favorisant la stabilité d’emploi et un apprentissage plus surveillé.

Pour favoriser la conclusion de ces contrats des primes d’environ 200 frs. par an sont allouées aux apprentis.

En fin d’apprentissage une prime spéciale est remise aux patrons lors de l’examen d’épreuves. Les secrétariats d’apprentissage existent dans tous les arrondissements. Un grand nombre ont été constitués à l’initiative de la J. O. C.

Les Sections doivent faire profiter de l’avantage de ces contrats d’apprentissage le plus possible de jeunes travailleurs.

Ils s’adressent à cet effet à nos Secrétariats Professionnels Régionaux.

§ 5. – La tutelle jociste.

L’entr’aide jociste doit se manifester partout mais surtout dans le milieu du travail. Elle doit exister entre tous les Jocistes mais plus spécialement envers les débutants.

Dès avant leur entrée au travail le comité doit désigner un jociste zélé pour s’occuper de chaque débutant ou tout au moins d’un nombre très réduit d’entre eux pour qu’il soit capable de s’occuper activement de chacun de ses pupilles.

Il leur reparlera en particulier des sujets traités en réunion, entrant dans les détails, expliquant davantage certains points avec des exemples personnels. Il veillera à ce qu’ils soient fidèles aux réunions, il leur apprendra à lire le journal, certaines brochures jocistes et d’autres livres utiles. Il les préparera à l’entrée au travail, s’occupera de leur orientation, de leur placement, etc.

Plus tard, il se tiendra au courant dans le détail des difficultés rencontrées au travail et de tous ses besoins d’aide, de conseil, de soutien.

La tutelle doit s’organiser avec plus de soin encore au travail, pendant les trajets, les repas et les repos.

Les fédérations régionales doivent faires en sorte que tous les jocistes d’une entreprise connaissent au moins et se soutiennent en attendant la constitution du « BLOC » d’usine, où l’entr’aide mutuelle et l’action dans le milieu s’organiseront d’une manière plus efficace.

Quelles que soient les circonstances, on veillera spécialement qu’aucun débutant ne doive se rendre seul au travail, surtout les premières semaines. A l’usine, à l’atelier, il doit avoir quelqu’un, le plus près possible de lui, qui le conseille, le soutienne, le défende au besoin et auquel il puisse à tout moment avoir recours.

Cette tutelle indispensable qui doit s’étendre progressivement à tous les jeunes travailleurs même non jocistes, ne peut s’établir que par une collaboration étroite de tous les militants jocistes et de toutes les sections d’une région.

Il faut faire appel non seulement aux jocistes, mais encore aux ouvriers honnêtes et aux chefs consciencieux, auxquels on aura recommandé spécialement les débutants avant l’arrivée de ceux-ci dans l’entreprise.

Pour les trajets en chemin de fer, en tram, en autobus, à vélo ou à pied, les jocistes se fixent un rendez-vous habituel et voyagent ensemble ou s’entendent pour grouper et encadrer tous les jeunes qui voyagent avec eux.

En route, tous ceux qui prennent une même direction se retrouvent. Pendant les repas et les repos, dans les usines ou en dehors, les militants réaliseront le même travail de propagande, d’influence, de soutien mutuel.

§ 6. – La propagande pour les bonnes écoles professionnelles et industrielles.

L’influence de la J. O. C. dans les milieux de travail est liée en bonne partie à la valeur technique de ses membres.

Plus nous aurons parmi les jocistes et anciens jocistes des travailleurs d’élite et des chefs, plus le programme et l’esprit de la J. O. C. seront effectivement appliqués et vécus.

La J. O. C. doit donc conseiller et encourager les jocistes à suivre des cours professionnels ou industriels du jour ou du soir.

Mais la situation de notre enseignement professionnel exige beaucoup de prudence et une enquête minutieuse doit se faire dans chaque région. La valeur réelle d’une école professionnelle ne dépend pas du seul point de vue technique. Nous devons envisager également la moralité et l’esprit qui y règnent. Une école ne doit pas seulement instruire, elle doit également éduquer. La formation technique est incomplète sans formation morale et sociale.

La J. O. C. ne veut pas faire de ses membres des machines perfectionnées mais des hommes complets dont la formation intégrale fera des chefs consciencieux et influents.

La J. O. C. doit veiller avant tout à diriger ses membres vers les écoles professionnelles catholiques. Les fédérations régionales doivent collaborer d’une manière constante avec la direction de ces écoles pour assurer d’une part un recrutement maximum et d’autre part pour organiser l’action jociste au sein de ces écoles.

Dans certaines régions et pour certaines professions, nos jocistes devront bien s’orienter vers des écoles techniques officielles. Les fédérations établiront le contact entre tous les élèves jocistes de chaque établissement et organiseront la conquête jociste de ces milieux très importants, en tenant compte des circonstances spéciales de la propagande dans ces écoles.

Les fédérations se tiendront au courant de la manière dont les cours sont organisés, de l’attitude de la direction et du personnel enseignant. En cas d’abus, ils feront faire des démarches par la fédération de J. O. C.

§ 7. – Le logement.

Un grand nombre de jeunes travailleurs sont dans l’impossibilité de rentrer chez eux chaque soir. Ils ne peuvent le faire que chaque semaine, parfois moins souvent. Ils sont donc dans l’obligation de loger à proximité de leur travail.

Ces logements dans la plupart des cas sont détestables à tous points de vue et absorbent, par leur prix élevé, une grosse part du salaire des jeunes.

Partout et spécialement dans les grands centres, la J. O. C. se préoccupe de cette situation. Elle forme le projet de bâtir des « Hômes pour jeunes travailleurs », mais en attendant, les Secrétariats Professionnels régionaux organisent un service de logement.

Toutes les pensions et les familles convenables susceptibles de loger ds jeunes travailleurs sont recherchées. Ces logements sont à la disposition des jeunes qui en font la demande.

Ces demandes doivent être envoyées aussi longtemps que possible d’avance et être toujours accompagnées d’une lettre de références d’un aumônier jociste, d’un membre du clergé ou d’un dirigeant fédéral de la J. O. C.

§ 8. – Les requêtes.

La J. O. C. doit rendre aux jeunes travailleurs tous les services possibles. Elle doit veiller à l’application en faveur des jeunes des lois sociales et des règlements officiels concernant la salubrité, la sécurité, la moralité au travail, pendant les trajets et les repos. Elle doit intervenir auprès des patrons, de l’inspection du travail, des pouvoirs publics, des organisations sociales.

Toutes ces démarches qui devront se multiplier de plus en plus doivent être conduites avec beaucoup de soin et de tact pour réussir et augmenter ainsi sans cesse la confiance de la masse des jeunes envers la J. O. C.

Les faits faisant l’objet de la requête doivent être observés et notés avec une parfaite exactitude. Les dirigeants intéressés doivent contrôler soigneusement leurs déclarations avant d’entreprendre la moindre démarche.

Après enquête terminée et remise par écrit, tou-tes les démarches sans exception doivent être soumises avant tout au Comité Régional. Celui-ci consultera à son tour le Secrétariat Général pour les affaires importantes.

Une action intempestive, indiscrète, mal préparée ou provenant d’un organisme sans prestigeest non seulement vouée à un échec certain, mais peut causer de graves préjudices aux intéressés ou au mouvement.

Le recours obligatoire aux comités régionaux et au Secrétariat Général ne doit d’ailleurs pas désintéresser nos dirigeants locaux de sections et de « pôles » des démarches qu’ils doivent proposer, tout au contraire.

Ils doivent se tenir au courant des démarches faites et en suivre les résultats. S’informer immédiatement des changements et des faits nouveaux qu’ils constatent et poursuivre sans découragement, la pleine réalisation et la permanence des résultats envisagés.

VI.1 – Ch. 3 – Le service colonial

CHAPITRE TROISIEME

Le Service Colonial

L’Etat et les Sociétés Coloniales sont devenues très sévères pour l’embauchage de leur personnel. De réelles qualités techniques sont nécessaires pour réussir.

Par ailleurs, les difficultés matérielles et morales que tout Européen rencontre en Afrique, doivent écarter d’une manière absolue les candidats dont la santé serait quelque peu délabrée, ou qui n’auraient pas une solide formation de caractère et des convictions religieuses profondes.

Contrairement à ce qu’on pensait il y a quelques années, les carrières coloniales sont réservées à une élite. Cette élite seule est capable de servir dignement, au Congo, les intérêts de la Patrie et de l’Eglise, en sauvegardant leur propre santé physique et morale.

En s’inspirant de ces réalités, la J. O. C. a organisé au Secrétariat Général, un « Service colonial » qui comporte :

1) Un service de renseignements pour les jeunes travailleurs qui désirent partir en colonie; les aide à s’éclairer exactement concernant les carrières possibles pour eux et les aptitudes générales et spéciales nécessaires.

Ce service est assuré avec la collaboration de personnalités coloniales tout à fait compétentes et expérimentées.

2) Un service d’assistance: Le service colonial de la J. O. C. n’est pas un service de placement. En cas de décision positive, il indique les organismes ou entreprises où il peut s’adresser avec le plus d’avantages.

Suivant les circonstances, il est fait usage, en faveur du candidat, d’influences personnelles, mais à la condition expresse que le candidat présente toute garantie de valeur technique et morale.

Le service colonial aide et conseille dans le choix des cours spéciaux à suivre; dans les formalités à remplir et l’acquisition de l’équipement.

Il met le partant en contact avec d’anciens coloniaux. Ceux-ci lui donnent, en connaissance de cause, de précieux conseils.

3) Un service de soutien et d’entr’aide à la Colonie :

La J. O. C. reste en contact avec les jeunes travailleurs installés au Congo. Elle les met en rapport avec d’autres coloniaux catholiques et avec les missionaires.

En toute circonstance et par tous les moyens que l’expérience indiquera, la J. O. C. aide, soutient et défend les jeunes coloniaux.