III – Ch. 2 – L’organisation des jeunes travailleurs

CHAPITRE DEUXIEME

L’organisation des Jeunes Travailleurs.

LES MOTIFS.

a) La J. O. C. estime que le problème de la formation morale, religieuse, sociale et professionnelle de la masse des jeunes travailleurs est insoluble sans une organisation nationale puissante qui soit à la fois et inséparablement une école, un corps représentatif et un ensemble de services professionnels et sociaux.

Cette organisation nationale puissante doit grouper tous les jeunes travailleurs dès la sortie de l’école, les tirer de l’isolement et de l’abandon; les aider à se former, à se défendre et à se protéger; veiller à leur tutelle au travail, en route vers le travail, au retour du travail; suppléer à la fa mille absente ou défaillante, par l’influence reconnue et méritée de l’association des jeunes travailleurs. Elle doit étudier tous les problèmes posés par la vie et par le travail des jeunes ouvriers. C’est ainsi qu’elle sera le mandataire reconnu de l’Adolescence salariée auprès des patrons, auprès des autorités publiques et auprès des organisations ouvrières; qu’elle contribuera à créer tous les services nécessaires à l’éducation, à la sauvegarde et à la défense des jeunes travailleurs.

b) Sans organisation puissante des jeunes travailleurs, pas de formation morale, religieuse et sociale, adaptée à leur âge, à leur mentalité et à leurs besoins; pas de tutelle et de protection efficace; pas de solution définitive à tous les problèmes posés par l’âge, par le travail et par la vie des jeunes travailleurs.

Cette vérité paraîtra évidente à tous ceux qui veulent étudier la situation actuelle de la jeunesse salariée. Les pouvoirs publics sont impuissants à sauvegarder et à former la masse des jeunes salariés, si ceux-ci restent isolés, éparpillés, abandonnés à eux-mêmes. Les patrons avec l’organisation existante de l’industrie et du commerce, ne pourraient assumer la responsabilité de l’éducation générale, ni de l’éducation professionnelle qui reste à parfaire après l’école. Les organisations ouvrières d’adultes ne disposent pas d’éducateurs spécialisés pour assumer la tâche immense de la formation intégrale de l’adolescence salariée.

c) D’ailleurs, il n’y a qu’une méthode d’éducation vraiment efficace, vraiment adaptée à l’âge, à la mentalité, aux besoins des jeunes salariés, qui ne sont ni des enfants ni des élèves : c’est celle de leur organisation spéciale, dans laquelle entre eux, par eux et pour eux, ils collaborent eux-mêmes à leur propre formation, s’initient progressivement à la pratique de la responsabilité, du dévouement, de la générosité et de la coopération fraternelle. Dans leur organisation, ils apprennent la discipline nécessaire, à observer librement s’exercent à l’autorité sur leurs compagnons de travail, prennent conscience de leurs devoirs et de leurs droits; acquièrent la juste notion de leur dignité, de leur valeur; se forment une conscience professionnelle concrète par la discussion des circonstances journalières de leur travail et de leur vie; se préparent à leurs responsabilités familiales et civiques futures, par l’étude loyale de la morale catholique, qui leur explique la portée sublime de leurs besoins d’affection, d’amitié et d’amour et qui leur inculque, avec le respect d’eux-mêmes, le respect de celles qui seront leurs fiancées et leurs épouses de demain, capables et dignes d’être les mères et les éducatrices de leurs enfants. Dans leur organisation, ils trouvront des amusements honnêtes, des distractions saines, des divertissements variés qui serviront en même temps à leur éducation.

d) Toute la formation que les jeunes salariés doivent recevoir dans l’organisation, loin d’être verbale, livresque ou purement théorique résultera beaucoup plus des actes que le fonctionnement de l’organisation oblige à poser librement, des habitudes qu’elle fait contracter consciencieusement, des services qu’elle met sur pied et auxquels tous collaborent, des réunions, des fêtes, des excursions, des manifestations auxquelles elle convie ses membres qui doivent leur donner la vie, l’animation et le succès désiré.

Toute l’organisation de la jeunesse ouvrière, avec ses secrétariats, ses salles de réunions, ses services d’orientation professionnelle, d’épargne, de mutualité, avec ses sections syndicales, ses cercles d’études, ses journaux, son insigne, ses cotisations, avec ses comités et ses congrès, forme une mentalité et une opinion, un courant un d’idées, exerce une influence et un prestige, travaille sur une atmosphère, l’imagination, crée enfin émulation et surtout une psychologie de la masse, grâce auxquelles les jeunes salariés ont plus de confiance, acquièrent plus d’audace, se surveillent davantage et se sentent plus soutenus, plus compris, plus aimés. Les exemples de cette bonne influence de l’organisation sont déjà nombreux et ils se multiplient chaque jour.

e) Voilà pourquoi il faut assurer jalousement l’unité de cette organisation Nationale de la jeunesse ouvrière : cette unité est la condition indispensable de la puissance, de l’efficacité, de la compétence et de l’autorité d’un pareil groupement.

f) Certes, cette organisation, quoique formant un tout vivant autonome, dont toutes les parties sont reliées entr’elles et dirigées par les jeunes travailleurs eux-mêmes, n’en fera pas moins partie intégrante du mouvement ouvrier chrétien, auquel elle se ralliera intimement à tous les degrés, local, régional et national, et dont elle reconnait l’autorité pour la fixation du programme ouvrier chrétien, et pour l’organisation de tous les services financiers, économiques, mutualistes et syndicaux intéressant la classe ouvrière. Une des tâches les plus urgentes de l’organisation ouvrière de la jeunesse est de rendre les jeunes travailleurs conscients de leurs devoirs de solidarité vis-à-vis de tous les membres de la classe ouvrière et de les préparer au rôle important qu’ils auront à jouer plus tard dans les organisations ouvrières d’adultes.

g) Pour nous, catholiques, la formation et la protection intégrale des jeunes ouvriers n’est qu’une des formes multiples de l’Action Catholique, et à ce titre elle dépend directement et complètement de l’Autorité Religieuse. Les jeunes travailleurs catholiques, dans leurs efforts collectifs de formation et de protection intégrales, recon naissent donc absolument l’autorité souveraine de l’Eglise et se soumettent filialement aux représentants de l’Autorité Religieuse mandatés auprès de leur organisation.

h) Dans leur désir ardent de s’unir étroitement à l’action catholique de toute la jeunesse, à quelque condition qu’elle appartienne, et dans leur souci loyal d’appliquer en tout et partout la doctrine de collaboration des classes, ils font partie de l’Association Catholique de la Jeunesse Belge, dont ils acceptent les statuts et règlements et à la vie, à l’activité et à la propagation de laquelle ils entendent participer fraternellement.

LES VOEUX.

La J. O. C. veut être l’organisation nationale unique des jeunes travailleurs catholiques de Belgique et dans ce but elle demande :

1° que toutes les précautions soient prises pour sauvegarder l’unité et l’autonomie de cette organisation;

2° que les autorités religieuses aident efficacement la J. O. C. par leur direction, leurs conseils et leur appui dans son œuvre de formation et de protection intégrale des jeunes travailleurs;

3° que l’enquête générale sur l’adolescence salariée soit menée avec diligence parce qu’elle mettra plus pleinement en lumière la raison d’être de la J. O. C. et permettra de perfectionner ses méthodes et ses moyens d’action;

4° que les élèves de dernière année de toutes les écoles catholiques entrent en contact avec les sections de la J. O. C.;

5° que tous les élèves des écoles professionnelles libres deviennent des membres fidèles de la J. O. C.;

6° que les patronages, les boy-scouts, les gymnastiques et toutes les organisations de jeunesse catholique fassent une propagande intense pour grouper tous les jeunes travailleurs dans les rangs de la J. O. C.;

7° que dans toutes les paroisses une section de J. O. C. soit créée au sein de l’association paroissiale d’A. C. J. B.;

8° que tous les parents soutiennent par leur sympathie et leur autorité l’action de la J. O. C. sur leurs enfants;

9° que tous les patrons comprennent la nécessité de l’organisation des adolescents salariés, qu’ils reconnaissent l’importance de la J. O. C. pour la formation et la protection de la jeunesse ouvrière et qu’ils acceptent de traiter avec elle pour tous les problèmes de la sauvegarde morale, de la formation professionnelle et de la tutelle sociale des jeunes travailleurs;

10° que les organisations ouvrières d’adultes proclament dans toutes leurs réunions la nécessité pour les jeunes travailleurs de s’affilier aux sections de J. O. C.;

11° que tous les pouvoirs publics reconnaissent la mission bienfaisante et la portée sociale de l’œuvre entreprise par la J. O. C., qu’ils la soutiennent par leur sympathie et qu’ils lui accordent leur appui moral et matériel; qu’ils la considèrent comme la représentante de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et qu’ils veuillent traiter avec elle pour tout ce qui regarde la formation et la protection des jeunes travailleurs.

III – Ch. 3 – La formation intégrale des jeunes travailleurs

CHAPITRE TROISIEME

La formation intégrale des jeunes travailleurs.

§ 1. Nécessité de la formation post-scolaire.

La J. O. C. vise avant tout la formation intégrale des jeunes travailleurs. Un groupement qui ne servirait qu’à amuser ses membres ne mérite pas le nom d’organisation de jeunesse.

Les jeunes travailleurs eux-mêmes doivent comprendre qu’à 14 ans, quand ils quittent l’école, ils ne sont pas formés. L’instruction qu’ils ont reçue à l’école primaire est vite oubliée si elle n’est pas entretenue et complétée. Les parents, les pouvoirs publics, le public doivent être convaincus de cette vérité évidente, de jour en jour plus vérifiée par l’expérience, que l’instruction primaire jusque 14. ans est inopérante et souvent nocive, si les jeunes, après 14 ans, n’apprennent pas à utiliser et à développer, pour leur plus grand bien, les connaissances qu’ils ont acquises à l’école. A 14 ans, le jeune homme commence à juger par lui-même, à développer sa personnalité, à chercher une explication aux questions nouvelles que lui posent son âge, sa croissance, sa curiosité. Il cherche à satisfaire d’une bonne ou d’une mauvaise façon les besoins nouveaux qu’il ressent en lui, et en particulier son besoin d’amitié et d’affection. Il se fixe un but à atteindre dans la vie. C’est l’âge de la vraie formation, car l’enfance n’est qu’une préparation lointaine à cette formation.

Cette formation ne peut être abandonnée au hasard des rencontres, des lectures, des camaraderies, des fréquentations. Elle ne peut être livrée à toutes les sources d’information que fournissent au jeune homme les exemples de ses compagnons, leurs conversations, la promiscuité de l’atelier. Seul, le jeune travailleur est impuissant à discerner et à résister, et les impressions ressenties lui font souvent contracter des habitudes vicieuses.

Il faut inculquer à l’adolescent de 14 ans l’ambition de parfaire normalement sa formation, de la parfaire avec un guide éclairé et sous un contrôle garanti. Il faut surtout au jeune salarié de 14 ans, cette fierté de développer toutes les facultés si belles que l’école aurait dû lui faire entrevoir en lui. Il faut provoquer en lui cette émulation avec les jeunes gens de son âge qui, plus heureux que lui, peuvent consacrer toute leur adolescence et leur jeunesse à se former intégralement. Sa qualité de jeune travailleur, loin de diminuer son désir de formation, doit au contraire l’intensifier.

Apprenons-lui à étudier la vie des jeunes travailleurs qui, à force d’énergie, sont parvenus à se donner une formation générale et scientifique qui en a fait des inventeurs, des conducteurs d’hommes, des hommes d’Etat éminents! L’exemple de ces « self made men » devrait être plus connu de nos jeunes ouvriers et dans nos réunions comme dans nos revues de jeunesse, il faudrait publier leur vie et leurs efforts.

La collaboration normale entre l’école et l’organisation générale des jeunes travailleurs doit procurer petit à petit à la masse des adolescents  salariés les moyens faciles de formation intégrale et fournir aux éléments exceptionnellement doués et méritants les ressources nécessaires pour acquérir une formation supérieure et s’avancer au premier rang des chefs du peuple, des savants, des industriels; mieux encore, pour s’élever vers la sainteté et vers l’apostolat, si Dieu les y invite par sa grâce.

§ 2. – Formation intellectuelle.

C’est dans les cercles d’études, dans les cours généraux du soir, par les lectures, qu’il faut provoquer ce développement du jugement sain, cette curiosité éveillée pour les sciences et pour les questions vitales qui intéressent la conduite, la vie, le travail, et la destinée du jeune travailleur. Il doit apprendre à découvrir sous le camouflage de certains mots sonores le vide de la pensée.

Il faut lui infuser cette avidité des connaissances d’histoire, de géographie, de technique et de sociologie qui élargissent l’horizon de la vie. La joie de connaître, de découvrir, de chercher doit remplacer en lui les jouissances inférieures. Il y a tant de ressources intellectuelles dans nos jeunes travailleurs; mais il faut concrètement, méthodiquement doser l’apprentissage intellectuel à ces jeunes facultés. Par des questions bien préparées, il faut amorcer la curiosité, éveiller la recherche et la guider. Trop de nos jeunes travailleurs s’abêtissent à l’heure présente dans les cinémas, par des romans stupides, par des nouvelles sportives sensationnelles.

La formation intellectuelle de tous nos jeunes travailleurs est un grand apostolat social. Heureuses les communes et les paroisses où quelques chefs de file ne reculent devant aucun sacrifice pour l’entreprendre et y persévérer! Toutes les collaborations doivent être demandées dans ce but et les moyens les plus modernes doivent être mis en œuvre, pour attirer les jeunes travailleurs. A cette formation intellectuelle se rattache immédiatement l’EDUCATION ESTHETIQUE. Qu’on ne pense surtout pas que celle-ci est un luxe, ou qu’elle soit impossible auprès de la masse! Ce n’est certes pas l’œuvre d’un jour; mais quel résultat splendide ne pourrait-on pas en attendre pour le relèvement intégral de la jeunesse ouvrière! Toutes les richesses artistiques de nos musées, de nos monuments, toutes les beautés de nos régions si pittoresques, les trésors de la véritable littérature, comme la joie de la belle musique échappent à la masse de notre jeunesse ouvrière, qui a des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne pas entendre, parce que jusqu’à présent des efforts méthodiques n’ont pas été entrepris pour former le goût des jeunes travailleurs.

§ 3. – Formation physique et hygiénique.

La formation intégrale doit aussi comprendre l’éducation physique et l’éducation hygiénique.

L’éducation physique donnée d’après des méthodes plus scientifiques, redressera méthodiquement les déformations physiques souvent provoquées par un travail monotone, par un exercice exagéré de certains membres du corps aux dépens des autres, par certaines poses trop prolongées pendant le travail.

Il en est de même de l’éducation hygiénique. Toutes les mesures d’hygiène du travail resteront inefficaces, si le jeune homme ne comprend pas la portée de ces mesures et n’adopte pas volontairement des habitudes d’hygiène. A l’heure présente, grâce aux procédés de vulgarisation scientifique, cette éducation peut facilement être entreprise dans tous les milieux et sa portée sociale est incalculable.

§ 4. – Formation morale.

Si la formation intellectuelle est primordiale, la formation morale en est le complément indispensable. Or, cette formation leur fait actuellement entièrement défaut.

Et pourtant leur âge et leurs conditions de travail et de vie augmentent encore cette nécessité. A quels dangers de démoralisation ne sont-ils pas continuellement exposés? La vertu leur apparaît souvent comme une peur, une lâcheté, une dépendance, un lien, un frein. De là une certaine admiration pour les forts-en-gueule, les batailleurs, les coureurs de filles. Le vice leur apparaît comme une crânerie et l’irréligion comme une indépendance.

On se plaint du manque de conscience professionnelle et même de conscience sociale chez les jeunes. Les théories les plus subversives trouvent actuellement de l’écho auprès d’eux. Et c’est souvent par un côté généreux que ces théories provoquent l’enthousiasme. Les jeunes restent désarmés devant ces prédicateurs d’une morale sociale nouvelle.

Il en est de même de toute l’éducation de la chasteté. Dans les milieux de jeunes ouvriers il serait criminel de taire les dangers moraux aux quels les jeunes gens sont exposés. Hélas, combien, dès l’âge le plus tendre, sont déjà contaminés par le vice impur! Il devient difficile de prévenir le mal tellement il est précoce. Il faut ne rien connaître des ateliers, des conversations, des amusements des jeunes gens pour prétendre que sans une forte formation morale un jeune ouvrier et une jeune ouvrière peuvent y résister Et l’expérience prouve que le plus sûr moyen de les sauver, c’est de leur apprendre à sauver les autres. Quand on est parvenu à leur inculquer cette ambition forte et irrésistible, ils résistent aux milieux les plus corrompus.

Une formation morale véritable doit d’abord leur donner la conscience vive et vraiment vécue de leur dignité éminente, de leur valeur souveraine comme hommes et comme chrétiens. Il faut enlever entièrement à la masse aussi bien qu’à l’élite de la jeunesse ouvrière ce sentiment de son infériorité qu’elle acquiert lentement par les conditions déplorables de sa vie et de son travail; il faut extirper chez elle, par des efforts inlassables, ce sentiment d’impuissance et de fatalisme, ce défaut de confiance et d’audace qui la paralyse et la dégrade. Les jeunes ouvriers et les jeunes ouvrières doivent comprendre et sentir qu’ils valent autant que les jeunes messsieurs et les jeunes demoiselles de n’importe quelle condition sociale. Il faut leur donner la compréhension exacte de leur véritable destinée; il faut leur inculquer le sens de leur liberté et de leur responsabilité; il faut faire un appel incessant à leur énergie, à leur audace, à leur aspiration à une vie supérieure; il faut leur inspirer confiance en eux-mêmes; en leurs efforts personnels, en leurs initiatives, et en leur activité.

Pour cela ils doivent sentir que nous les apprécions, les respectons et les aimons; que nous avons confiance en eux, et que c’est d’eux que nous attendons le relèvement et le salut de la classe ouvrière. Nous ne devons pas hésiter à dénoncer les abus criants qui détruisent leur pudeur, leur délicatesse, leur moralité : la malpropreté des W. C., l’exiguité des logements et la promiscuité des trains ouvriers et de certaines fabriques. Et pour que nos actes soient en rapport avec nos paroles, aussi souvent qu’ils le pourront, le Cercle d’Etudes et le groupement de J. O. C. par des plaintes, des requêtes, des protestations, des meetings, feront la guerre aux abus scandaleux.

Cette formation morale ainsi comprise sera aussi positive, aussi active que possible. Elle fournira aux jeunes ouvriers et aux jeunes ouvrières, l’occasion d’agir moralement, de se former moralement, d’acquérir des habitudes et des vertus morales; elle éveillera en eux le désir de plus de formation, le besoin de sincérité; elle leur apprendra le dévouement et l’esprit de sacrifice; elle les guidera vers les jouissances saines, honnêtes et dignes; elle leur inspirera le sens de la beauté et la véritable distinction.

Un rôle passif, de simples leçons théoriques ne donnent pas une telle formation morale: toute l’organisation, les œuvres et la vie de la J. O. C. doivent y contribuer. Les jeunes ouvriers découvriront ainsi les devoirs qu’ils ont vis-à-vis d’eux-mêmes devoir de développer harmonieusement leurs facultés physiques et intellectuelles, devoirs de tempérance, d’économie, de prévoyance, de maîtrise de soi et de renoncement; ils apprendront concrètement leurs devoirs vis-à-vis de leurs parents, de leurs supérieurs, de leurs compagnons de travail, de leurs compatriotes et de leurs contemporains. L’exposé de chacun de ses devoirs sera illustré par des exemples – toujours par des exemples et sera accompagné de la mise en pratique dans leur vie personnelle de cette doctrine morale spéciale.

Il ne suffit donc pas de dire qu’ils doivent éviter le mal, et faire le bien. Le simple énoncé des sanctions éternelles ne suffit pas. A propos de chaque acte, à propos d’une conduite déterminée, à la maison, à la rue, à l’atelier, partout, il faut montrer aux jeunes ouvriers pourquoi cet acte et cette conduite sont bons ou mauvais. Pour chaque cas, il faut expliquer l’essence du mal et du bien, sa conformité et sa non-conformité avec la nature et la destinée humaine, il faut montrer les conséquences immédiates, physiques et intellectuelles de tel acte et de telle conduite.

Si nous insistons tellement sur l’énoncé des devoirs moraux, il ne faut pas en conclure que l’exposé des droits moraux ne doit pas prendre une place égale dans la formation morale de la jeunesse ouvrière. Dans la pratique, les deux notions corrélatives – droit et devoir – doivent apparaître inséparables aux yeux de tous.

Alors les jeunes auront l’ambition d’introduire dans la production comme dans toute la société l’ordre chrétien qui protège les droits de tous et inculque à chacun ses devoirs. La morale apparaîtra alors comme l’âme et l’inspiratrice d’un ordre social meilleur.

Il est vraiment inouï que dans certains cercles d’études, dans certains groupements des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières on ne parle pas d’éducation sentimentale, de rapports entre jeunes gens et jeunes filles, de fréquentation, de fiançailles et de mariage. Les fréquentations et les fiançailles doivent perdre leur réputation de pé. chés fatals. Combien de jeunes gens et de jeunes filles restent ou redeviennent chastes et chrétiens, parce qu’au cercle d’études ou dans des conversations particulières on leur donne une conception noble et élevée de l’amour, de l’affection, de l’estime et de la confiance réciproques qui seules produisent et garantissent la force, le soutien et la fidélité. Au Cercle d’Etudes, au groupement de la J. O. C., on organise de petites fêtes, des réunions intimes et réconfortantes à l’occasion des fiançailles et du mariage des membres et des anciens membres. Quand alors, aux jeunes gens comme aux jeunes filles, on parle de leur futur mariage, de leur futur foyers, de leurs futurs enfants, quand on leur dit qu’ils peuvent, qu’ils doivent en être fiers devant tous; quand on insiste pour qu’ils aient un intérieur propre, confortable, gai et réconfortant; quand on explique que nos prêtres doivent pouvoir s’y sentir chez eux, s’y asseoir à la table de famille, les visiter plus volontiers que les plus riches familles, comme tous res tent recueillis et émus! Plus personne ne badine, ne sourit et tous comprennent la beauté, la valeur de l’amour, de la vertu et de la vie chrétienne!

Une teile formation morale suppose qu’elle soit reliée intimement à la formation générale, religieuse, professionnelle et même esthétique des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières. Pas de cloisons étanches entre les différentes formations! Nous voulons une classe ouvrière plus belle, plus distinguée! C’est la jeunesse ouvrière qui doit nous la donner, et tout doit y concourir, depuis une religion plus éclairée et mieux comprise jusqu’à un « home » construit et arrangé avec plus de goût et plus de confort, depuis un travail plus consciencieux et plus rémunérateur jusqu’à des loisirs plus sains et plus ennoblissants! Voilà pourquoi la formation morale de la jeunesse ouvrière ne doit négliger aucune des conditions sociales et économiques qui favorisent la morale et la vertu; voilà pourquoi, au sein de la J. O. C. toutes les œuvres nécessaires à l’amélioration de ces conditions sociales et économiques sont essentiellement des moyens indispensables de formation morale efficace et intégrale.

La formation morale est aussi inséparable d’une éducation qu’il faut appeler, faute d’un terme meilleur, l’éducation du savoir-vivre, de la politesse et de la sociabilité. Il faut inculquer aux jeunes travailleurs plus de tenue, plus de savoir-faire, plus de politesse, plus de distinction. Cela est nécessaire dans toute la vie du jeune travailleur : au foyer, à la rue, au travail, dans ses rapports avec ses parents, avec ses camarades, avec les jeunes filles. La trivialité, le laisser-aller, la grossièreté, la négligence dans l’habillement, dans les soins corporels, dans les plaisirs, doivent être combattus rigoureusement. Sans devenir snob, le jeune travailleur doit lutter autour de lui contre les causes et manifestations du débraillé.

Une jeunesse plus belle, plus polie, plus distinguée, sera plus exigeante au point de vue moral.

§ 5. – Formation sociale.

Une lacune très regrettable dans l’éducation scolaire donnée aux enfants du peuple, c’est l’ignorance absolue dans laquelle on les laisse de tous les problèmes du travail. Cette lacune est en grande partie la cause de la perte de la « Conscience Professionnelle » et explique la facilité déconcertante avec laquelle la masse ouvrière admet les solutions les plus simplistes et les théories les plus absurdes concernant l’organisation du travail.

Qui a jamais expliqué aux enfants et aux jeunes travailleurs, d’une façon intuitive et vraiment intéressante, l’importance du choix d’un bon métier, la nécessité d’un apprentissage sérieux et d’un enseignement professionnel approprié, la prévention des accidents du travail, l’hygiène professionnelle, la morale du travail, la nécessité du capital, la notion du salaire, l’organisation des industries modernes? Et non seulement qui le leur a expliqué, mais qui les aide pratiquement à la sortie de l’école et pendant leurs premières années de travail à résoudre ces problèmes concrets de leur vie de jeunes salariés?

C’est cette formation sociale toute simple, toute concrète qui doit être donnée au début aux jeunes travailleurs. Il ne s’agit pas dans les Cercles d’Etudes pas plus que dans les assemblées nombreuses de faire de longs exposés, mais de poser de courtes questions qui éveillent l’attention, provoquent la réflexion, la recherche, et forment le jugement. Les conditions de la vie journalière des jeunes ouvriers, à l’usine, au foyer, à la rue forment le sujet de ces entretiens, qui sont des conversations collectives plutôt que des leçons et des conférences.

Tous les problèmes sociaux et économiques sont ainsi examinés pratiquement, naturellement, dans le cadre de leur vie, sans théories fastidieuses souvent incompréhensibles. L’analyse de ces problèmes vécus par les jeunes travailleurs eux-mêmes amène naturellement la comparaison avec la situation des jeunes travailleurs et de la classe ouvrière dans le passé, chez les peuples païens, au Moyen-Age, aujourd’hui dans les pays étrangers. Ces récits d’histoire et de géographie économique leur font mieux sentir la genèse et la nature des problèmes sociaux et économiques et les aident à comprendre les solutions fondamentales, saines et morales.

C’est ainsi que leur « sens social » se forme lentement. On leur apprend à constater par eux-mêmes la répercussion de la conduite des uns sur celle des autres, la répercussion des conditions économiques sur les conditions Sociales, l’interdépendance des hommes, des industries, des professions, des Etats et des peuples. On leur enseigne ainsi pratiquement la nécessité d’une organisation sociale, d’une morale sociale, d’une discipline sociale, d’une autorité sociale.

Et l’application de la doctrine catholique à tous ces problèmes sociaux et économiques de leur vie de jeunes travailleurs et à toute la question ouvrière, leur donne avec la solution catholique de la question sociale, non seulement une conscience catholique, mais également une organisation catholique.

Cette formation sociale ne se réduira pas à des leçons et à des conversations, elle doit résulter aussi de l’Action qu’on demande aux jeunes travailleurs et de l’organisation qui les enrôle. Non seulement ils apprennent comment par leur action, leur conduite personnelle, ils aident à la solution de tous les problèmes de l’adolescence salariée et de la Question Ouvrière; mais la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne », par ses institutions et ses initiatives provoque, soutient, unit l’action de tous les jeunes travailleurs, et leur facilite une attitude et une conduite vraiment sociales. L’organisation catholique de la jeunesse ouvrière et de la classe ouvrière, qui doit apporter la solution de la question ouvrière, ne leur apparaît plus comme un idéal lointain, un rêve plus ou moins vague; c’est une réalité tangible dont ils sentent déjà les effets bienfaisants, à la vie de laquelle ils participent par leur carte de membre, leurs cotisations, leur journal, leur assistance aux réunions, par leur propagande et même par les railleries et les persécutions qu’ils supportent pour elle.

L’esprit de corps, cette noble émulation pour la réputation et la défense de leur organisation, leur inspire l’esprit de sacrifice et d’apostolat. Cette formation sociale qui résulte de l’organisation elle-même concrétise et parachève l’enseignement. C’est pour cela que nous n’avons jamais compris comment les Cercles d’Etudes pour jeunes travailleurs pouvaient laisser leurs membres éloignés de l’organisation sociale, ni comment après quelques mois d’exercice, des groupes mutualistes et syndicalistes, des caisses dotales ou des caisses d’épargne, des clubs et des réunions ne manifestaient pas au dehors la fécondité de la formation sociale donnée au Cercle d’Etudes.

On comprendra facilement qu’une telle formation sociale ne s’arrête pas indéfiniment à la réfutation des doctrines socialistes. Un enseignement purement négatif non seulement est inefficace et insuffisant, mais presque toujours il est nuisible à la jeunesse ouvrière. Le socialisme n’est pas seulement une doctrine, il est un ensemble impressionnant de puissantes organisations qui ont à leur actif des améliorations nombreuses obtenues au sort de la classe ouvrière. C’est pour cela qu’une critique négative du socialisme n’impressionnera jamais la masse ouvrière. Seule une critique positive qui, tout en montrant les erreurs et les lacunes du socialisme, enseigne une doctrine réalisatrice, seul un programme de relèvement réel avec une organisation féconde en bienfaits et en initiatives peut fasciner et entraîner la foule et surtout la jeunesse. Les jeunes doivent pouvoir collaborer activement à un mouvement capable de leur inspirer de l’enthousiasme, de la fierté et du dévouement.

Si la doctrine sociale catholique, si l’organisation sociale catholique leur apparaissent comme la réalisation du catholicisme intégral, comme l’instauration magnifique de la Royauté sociale de Jésus-Christ répandant plus de Justice et plus de Charité, alors on ne pourra plus accuser les organisations ouvrières chrétiennes de diviser et d’affaiblir la classe ouvrière. Le mouvement ouvrier chrétien apparaîtra comme l’épanouissement social du christianisme. Alors les jeunes travailleurs voudront se sacrifier pour lui. Alors nous compterons dans la classe ouvrière de nouveaux martyrs et de nouveaux apôtres. Il faut rendre aux jeunes cette fierté, cette joie de posséder la vérité féconde avec l’ambition de répandre leur Foi et leur Espérance parmi leurs compagnons de travail. On ne se représente pas assez ce qu’il a fallu d’héroïsme à certains ouvriers pour rester chrétiens. Les brimades auxquelles ils étaient exposés, les avanies qu’ils subissaient, les condamnaient souvent à la plus dure des persécutions. Une formation sociale intense accompagnée d’une organisation sociale puissante peut seule inspirer à la masse, la force et la persévérance nécessaires.

Car cette formation sociale intensive, donnée à une élite dans des Cercles d’Etudes et par des réunions fréquentes, ne peut être donnée à la masse que par des organisations dont les locaux imposants, les services variés, les manifestations publiques, dont la presse et toutes les initiatives même de divertissement, frappent l’esprit et l’imagination de la foule et transforment petit à petit sa volonté et ses sentiments. Cette formation sociale de la masse est une œuvre immense à laquelle tout doit collaborer, depuis les locaux de nos organisations ouvrières jusqu’aux fêtes et autres réjouissances publiques, organisées dans ce but. Aucun côté de cette formation ne peut être négligé, pas plus le côté esthétique que le côté financier. Que de réalisations magnifiques à faire entrevoir aux jeunes ouvriers et aux jeunes ouvrières! C’est toute la Cité chrétienne à rebâtir, c’est tout un désert à défricher et à cultiver. Mais aussi quelle perspective de riches moissons à recueillir! C’est une nouvelle croisade dont les jeunes doivent devenir les héros enthousiastes! N’en doutons pas, c’est ainsi que nous reconquerrons la masse ouvrière et que nous instaurerons le règne social de Jésus-Christ.

C’est aux jeunes à accomplir cette merveille! Pour cela, il faut en faire des chrétiens sociaux. C’est l’ambition de la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne! »

§ 6. – Formation religieuse.

Que dire alors de la formation religieuse? Nous l’avons répété à satiété : Notre jeunesse ouvrière ne connaît pas la splendeur, la richesse, l’attrait, le réconfort des réalités spirituelles et surnaturelles, parce que sa formation religieuse est quasi nulle. Tout reste à faire sous ce rapport. Et nous n’hésitons pas à déclarer : c’est le but primordial de la J. O. C.!

Les jeunes ouvriers et les jeunes ouvrières sont plus pauvres de vie religieuse que de richesses matérielles! D’ordinaire, de leurs leçons de catéchisme ils n’ont retenu qu’une série d’actions défendues ou imposées, dont ils ne comprennent pas toujours la signification. « Cela était bon, pensent-ils, pendant l’âge de l’école, pour des enfants et des élèves. Maintenant, nous sommes des travailleurs, comme père et mère. Quand on va à la fabrique et à l’usine, on est fatalement en état de péché ». Et la religion leur apparaît maintenant enfantine, impraticable. On avait peut être eu tort d’exagérer certaines peccadilles; on n’avait pas formé leur conscience. Et puis, du matin au soir, ils entendent tant de moqueries à propos des actes, des choses, des personnes religieuses. Tout dans la religion leur est montré comme suspect, truqué, trompeur. L’inexpérience de leur âge, la crise de la puberté, les abandonnent, désarmés, sans soutien ni défense, à toutes les tentations, à toutes les séductions, à toutes les perversions qui les guettent, les assaillent et les entraînent. Ceux qui cherchent une proie à leurs passions et à leur haine contre Dieu et contre la société, ont si facile de les attirer et de les aveugler.

L’instruction religieuse des enfants du peuple est si superficielle, qu’ayant à peine quitté l’école, ils négligent, pour la plupart, les pratiques religieuses.

C’est pour ce motif que la formation religieuse joue un rôle si important dans l’organisation de la Jeunesse Ouvrière. Immédiatement au Cercle d’études, ils doivent être mis en contact avec Jésus-Christ, le Divin Ouvrier de Nazareth. Sa personne, Sa vie, Sa doctrine, Son influence, Sa survie dans l’Eglise, Son action dans le ciel, Sa royauté éternelle doivent impressionner d’une façon ineffaçable leurs jeunes intelligences et leurs jeunes cœurs.

L’histoire de l’Eglise, son influence sur tous les peuples à travers les âges, son influence surtout pour le relèvement de la classe ouvrière doivent être montrées par les méthodes les plus intuitives, les projections lumineuses, les films cinématographiques. Et quelle source d’applications sociales que l’étude de la liturgie comprise dans toute sa splendeur! Il faut qu’ils apprennent à connaître cette société visible et divine dont ils doivent devenir volontairement des membres; il faut qu’ils prennent conscience des devoirs inhérents à leur qualité de membres volontaires.

Les trésors, les richesses, les beautés surnaturelles par lesquels ils sont apparentés, liés à la divinité, toutes ces vérités sublimes, ces réalités les plus magnifiques doivent leur être présentées d’une manière suggestive, enthousiaste, afin que tout un monde nouveau et attrayant surgisse devant leur imagination, illumine leur intelligence et charme leur cœur. Dans les voyages d’un Saint- Paul, les Actes des Apôtres, l’héroïsme des martyrs, les travaux des moines, les œuvres des mis- sionnaires, dans toute cette « nouvelle légende dorée » de nos œuvres catholiques modernes, dans la vie d’un Ozanam, d’un Don Bosco, d’un P. Chevrier, d’un Kolping, ils trouveront la preuve tangible de la fécondité de leur Foi et de la bienfaisance de leur Religion.

La Religion est Amour, Vérité et Beauté. L’Amour de Dieu doit leur apparaître comme inséparable de l’amour des hommes, comme la religion est inséparable de la morale.

§ 7. – L’unité dans la vie du jeune ouvrier.

Remettons de l’unité dans la vie des jeunes travailleurs.

La conception sociale de la religion doit leur être inculquée à la place de cette conception individualiste, égoïste, qui a eu tant de conséquences néfastes au siècle dernier. Ne permettons pas de cloisons étanches dans leur vie d’ouvrier : leur destinée éternelle doit rester en contact avec leurs intérêts temporels; ils doivent être chrétiens partout, à l’atelier, à l’usine, à la rue, à la maison, aussi bien qu’à l’église. Ils doivent comprendre que s’ils ne peuvent pas aller à communion chaque jour, ils peuvent malgré tout être des saints sur les trains, en route vers le travail, pendant le jour à l’atelier et à l’usine, et même la nuit au fond de la fosse ou à la lueur des hauts fourneaux. Qu’ils se trompent, en pensant, que ceux qui peuvent communier à la messe de 8 heures sont plus surnaturels qu’eux-mêmes, qui se rendent au travail à 4 ou 5 heures du matin, ou qui reviennent exténués de l’équipe de nuit. Non, ils doivent voir que le travail peut être la plus expressive des prières, qu’il peut être le plus fécond des sacrifices s’il est uni au sacrifice journalier du Sauveur sur actes, leurs fatigues deviennent des formes de prière, des moyens de sanctification, et les usines et les fabriques, au lieu de rester des lieux de corruption, deviennent des sanctuaires où les âmes s’unissent à la mission du Rédempteur pendant que les corps collaborent à l’enrichissement et à la transformation de l’oeuvre du Créateur. Si on parvenait à faire comprendre cela aux jeunes ouvriers et aux jeunes ouvrières, combien la Religion relèverait leur travail, et combien leur travail s’inspirerait de la Religion!

Toutes les objections contre la Religion, toutes les critiques contre la vie de certains catholiques tomberaient d’elles-mêmes. Il ne faut hésiter à montrer comment le libéralisme économique a faussé la conscience de certains catholiques et comment l’Eglise, loin d’approuver les abus existants dans certaines entreprises dirigées même par des catholiques n’a cessé de les dénoncer et a employé tous les moyens possibles pour combattre les mœurs d’un capitalisme matérialiste.

Mais il faut bien y insister: La Religion doit surtout être vécue. Demandons beaucoup à l’élite de nos jeunes travailleurs : la communion fréquente et même pour les meilleurs, la communion quotidienne, l’assistance liturgique à la messe, la récollection mensuelle, la méditation journalière. Ce n’est que par une formation religieuse intensive, que nous parviendrons à en faire des apôtres. Quant à la masse des jeunes travailleurs, tout en les conviant à participer à des cérémonies et des solennités religieuses, l’on évitera de leur donner l’impression que la J. O. C. est avant tout un mouvement pieux, une confrérie.

Mais plus que jamais rendons ces grands moyens vraiment éducatifs. Abandonnons pour les jeunes travailleurs tous les procédés mesquins de contrôle, de récompenses, de surveillance. Ne les traitons pas comme des enfants et des pensionnaires. Faisons appel à leur émulation et habituons une élite à rassembler leurs compagnons plus tièdes, à battre le rappel, à stimuler les indifférents. Ne permettons pas que les pratiques religieuses deviennent purement mécaniques et routinières, et combattons sans trève les pratiques mi-superstitieuses qui pullulent dans les milieux qui abandonnent la religion.

L’Eglise doit redevenir la vraie « Maison du Peuple ». La Religion est le seul levier qui puisse relever d’une façon durable la classe ouvrière. C’est cela que les jeunes travailleurs doivent comprendre et c’est cela que la J. O. C. veut réaliser.

§ 8. – Les motifs de confiance.

Nous serons étonnés des résultats que nous atteindrons en peu d’années. Si nous savions tout ce que nous pouvons attendre des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières! De grâce, ne manquons pas nous mêmes de la foi qui transporte les montagnes! Que de fois nous avons dû rougir devant leur héroïsme! En les voyant le matin communier à l’église et partir à jeun à l’usine, en les entendant raconter leurs visites à domicile, le soir après une journée de travail épuisante, pour relancer des compagnons et des compagnes, supportant joyeusement toutes les risées, tous les quolibets, toutes les avanies, comme les larmes nous montaient aux yeux et comme l’émotion nous étreignait à nous faire trembler. Oh, oui, ils peuvent comprendre que la Religion et l’Apostolat sont inséparables. Quand le besoin de gagner des âmes à Jésus-Christ s’est emparé d’eux, ils ne connaissent ni fatigues, ni difficultés. Dans aucune classe sociale, l’on ne rencontre tant de générosité, tant de donation totale.

Là git pour nous un trésor inépuisable de forces qui doivent rechristianiser notre société devenue de plus en plus païenne. De la jeunesse ouvrière sortiront demain les apôtres qui braveront tout, pour enseigner à notre génération sceptique et corrompue, la vraie doctrine chrétienne et pour la vivre dans son intégrité magnifique. C’est elle qui donnera à notre monde décadent les chevaliers nouveaux pour la grande croisade en faveur de la royauté sociale de Jésus-Christ!

Comme les trois jeunes gens dans la fournaise, les jeunes travailleurs chrétiens non seulement sortiront indemnes de l’enfer de corruption et d’irréligion, qu’est bien souvent l’usine moderne, mais leur vie intégrale, de dévouement, de charité et d’apostolat s’y révèlera comme un hymne triomphal qui fera rougir tous les ennemis de la religion et convertira toutes les âmes de bonne volonté.

§ 9. – Une condition indispensable de succès. 

Education, Action et Organisation. Nous répétons volontiers qu’aussi longtemps qu’on ne comprendra pas, que ces trois termes sont inséparables, que ce sont les trois aspects indissolubles de toute formation intégrale, on n’aura pas solutionné le problème du relèvement intégral de la jeunesse ouvrière. Apprendre à juger, à connaître et à vouloir; pour cela faire poser des actes et contracter des habitudes et acquérir des vertus; faciliter cette éducation et cette conduite par une organisation qui soutient, protège et encadre, telle est l’unique méthode qui puisse garantir le succès. Une éducation purement verbale, livresque ou auditive; des services étrangers, ou des gestes, ou des pratiques imposées du dehors ou répétées par routine; une organisation qui se borne à unir des membres par des cotisations en vue d’avantages matériels, tout cela ne parviendra pas à former la jeunesse ouvrière.

Une science vécue, une conduite consciente, une organisation vivante se conditionnent mutuellement. Cela est vrai à tous les degrés et pour tous les aspects de la formation intellectuelle, morale, physique, hygiénique, esthétique et religieuse.

L’apprentissage de la vérité qui s’extériorise ou se réalise par la vie et qui s’acquièrent au sein de l’organisation, doit transformer notre jeunesse ouvrière chrétienne en une grande association dans laquelle tous les membres réagissent les uns sur les autres pour transformer la classe ouvrière et la société toute entière.

De là, la nécessité des cercles d’études, des groupes locaux, des sections syndicales, mutualistes, sportives, des sections d’épargne; des retraites fermées, des récollections; des manifestations publiques, religieuses et sociales; des fédérations régionales, de la fédération nationale enfin, avec tous ses services de documentation, de publicité, et d’éducation, qui font de la J.O.C. un vaste laboratoire dans lequel se forment les générations ouvrières de demain.

De là, la nécessité d’insister toujours davantage sur la part active que les membres doivent avoir dans la propagande, la gestion, l’administration, la direction de leur mouvement tant local que régional et que national. Entr’eux, par eux et pour eux. Cette devise n’est pas seulement une condition pour que les jeunes ouvriers apportent de l’intérêt à leur organisation, c’est surtout une condition effective de succès pour leur formation intégrale. Comment leur inculquer l’habitude et les vertus de générosité, de responsabilité, de discipline, de solidarité, de fierté, s’ils ne participent pas intensément à la création et à l’expansion d’un mouvement qui doit être tout à fait le leur ou qui ne sera pas?

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1° que ceux qui ont le souci du relèvement véritable de la classe ouvrière, comprennent la nécessité d’une formation intégrale de la jeunesse ouvrière et d’une continuation générale et méthodique de l’éducation scolaire et familiale dans toute la jeunesse travailleuse;

2° que cette formation intégrale se fasse au sein et par le moyen d’une organisation générale de la jeunesse ouvrière, dans laquelle les jeunes travailleurs coopèrent eux-mêmes le plus intensément possible à leur formation intégrale;

30 que cette formation intégrale comprenne l’éducation intellectuelle, morale, sociale, physique, hygiénique, esthétique et religieuse des jeunes travailleurs;

4° que ces différents aspects de la formation intégrale des jeunes travailleurs se compénètrent et se complètent;

5° que cette éducation intégrale ne résulte pas seulement de leçons et de cours donnés aux jeunes travailleurs, mais de toutes les sections, de tous les services, organisés au sein de la J.O.C. dans lesquels les jeunes travailleurs pourront mettre la doctrine en pratique et acquérir les habitudes et les vertus nécessaires;

6° que tous les services nécessaires à ce but, surtout les sections professionnelles et mutualistes, soient créées dans toutes les sections locales ou entre quelques sections rapprochées;

7° que toutes les sections travaillent, afin que l’ornementation et l’entretien des locaux et des salles de réunions, de lecture ou d’administration, soient des moyens d’éducation tant pour la tenue, que pour le goût et la fierté des jeunes travailleurs.

§ 10. – Le Cercle d’Etudes pour les Jeunes Travailleurs.

LES MOTIFS.

L’organisation de la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne » exige des jeunes dirigeants, et leur formation demande des Cercles d’Etudes appropriés.

Il y a tant de fausses conceptions des Cercles d’Etudes pour jeunes ouvriers et jeunes ouvrières! Il s’élève tant de plaintes sur leur insuccès! Pourquoi?

Parce qu’on a isolé le Cercle d’Etudes de l’Action et de l’organisation des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières. Là gît l’erreur capitale. Le Cercle d’Etudes n’existe pas pour lui-même : il n’existe qu’en vue de l’action et de l’organisation. L’apôtre disait : « La Foi sans les œuvres est une Foi morte. ». Il faut dire aussi : « Un Cercle d’Etudes sans les œuvres est un Cercle d’Etudes mort ».

Le Cercle d’Etudes ne donne pas seulement un enseignement. Il communique une foi, une foi enthousiaste dans l’action et dans l’organisation sociale, morale et religieuse. Cette foi elle-même est impossible, inopérante, sans cette action et sans cette organisation.

Un Cercle d’Etudes n’est pas une série de leçons et de conférences. Il n’est pas une simple école de sciences sociales. Il réunit une élite de jeunes travailleurs et de jeunes travailleuses : il forme un séminaire de jeunes propagandistes, de jeunes dirigeants. C’est un cénacle de jeunes apôtres, un foyer d’action et d’organisation de la jeunesse. Il est la source, le moteur, le soutien de toutes les institutions pour jeunes ouvriers et jeunes ouvrières.

Les jeunes membres du Cercle d’Etudes ne sont pas de simples élèves, qui tous les huit ou quinze jours viennent écouter les leçons d’un maître : ils sont d’abord, eux-mêmes, la matière vivante, étudiée par le Cercle d’Etudes, parce qu’ils personnifient dans leur vie et dans leur travail tous les problèmes de la jeunesse ouvrière. Le C. E. fera d’abord appel à leur propre expérience. Ils prendront lentement conscience de tous ces problèmes qu’eux-mêmes posent et personnifient. Ils coopèrent eux-mêmes à chercher, à rassembler, et à apporter toute l’autre matière vivante et vécue : ies faits, les enquêtes, les monographies, les conférences et les leçons. Les jeunes membres du Cercle d’Etudes sont des ouvriers ou des ouvrières, qui doivent voir, sentir, toucher; ils doivent se mouvoir; ils doivent parler et agir pendant le Cercle d’Etudes et en dehors de celui-ci. Pour les jeunes travailleurs le C. E. sera une coopérative d’études, d’action et d’organisation.

Le directeur du C. E. n’est pas un simple professeur; il est un animateur, un promoteur, un entraîneur, un exemple vivant d’action et d’organisation. Il ne se contente pas de rencontrer les jeunes membres tous les huit ou quinze jours pendant la réunion; il les voit avant et après les séances; il reste en relations intimes et personnelles avec chacun d’eux; il les aide et les instruit chacun en particulier; il les encourage, les excite, donne de la lecture et du travail à chacun selon son caractère, son développement, ses goûts et sa vie.

Au Cercle d’Etudes on ne commence pas par des définitions abstraites sur la société, le salaire, le travail, le syndicat; on ne poursuit pas l’explication de chaque mot de la définition, pour en déduire toutes les notions complémentaires. Non, mille fois non! Il faut raconter, répéter des cas vécus, des événements, concrètement, d’une façon vivante. Il faut poser des questions précises sur la vie, le travail des jeunes ouvriers : « Où travaillez-vous? Comment êtes-vous arrivé à ce travail? Combien de fois avez-vous changé de travail, de profession? Combien gagnez-vous? Comment êtes-vous traité à l’atelier? Qu’entendez-vous? Que voyez-vous au travail? Dans quel état sont les salles de travail, les ateliers, les W.-C.? etc., etc. ).

L’enquête sur l’adolescence salariée contient des centaines de questions sur tous les aspects de la vie des jeunes travailleurs. C’est de toute cette matière vivante qu’il faut remonter aux principes, descendre aux conclusions, préciser la conduite à tenir, l’attitude à prendre. On raconte alors, à l’appui de ces conclusions, la vie de meneurs, d’hommes célèbres; on insiste sur leurs efforts, sur leurs sacrifices, afin que leur exemple enflamme les jeunes auditeurs. A côté des abus, que les membres du C. E. constatent par eux-mêmes, il faut faire découvrir les remèdes, les institutions et les organisations qui sont destinées à combattre ces abus et à les prévenir. Et le Cercle d’Etudes promeut, organise et soutient tous ces moyens d’action.

Le Cercle d’Etudes ne se réunit pas seulement entre les quatre murs d’une chambre. Il visite les secrétariats sociaux, les établissements industriels et commerciaux, les institutions d’enseignement et d’hygiène. Il assiste aux J. E., aux Congrès, aux S. E., et aux manifestations, parcourt les musées et les expositions, s’intéresse à toutes les initiatives concernant la jeunesse ouvrière. Il est en voyage; ses membres enquêtent dans les taudis et les impasses, partout où il y a à étudier et à agir.

Rien n’est plus souple qu’un Cercle d’Etudes. F’ar ses membres et par son esprit, il est et reste en contact avec toute l’action et toute l’organisation du mouvement ouvrier de la région. Insensiblement les membres acquièrent une mentalité religieuse et sociale; ils apprennent par eux-mêmes à parler, à agir, à diriger, à organiser et à commander. Ainsi le Cercle d’Etudes est le berceau de l’action et de l’organsiation qui petit à petit englobe toute la jeunesse ouvrière d’une paroisse, d’une commune et d’une région. Le Cercle d’Etudes donne à tous ses membres une formation générale, religieuse, morale, sociale et économique. Mais chaque membre par ses enquêtes personnelles, ses études et l’organisation particulière dont il s’occupe, se spécialise dans les différents problèmes à résoudre.

Que tous les membres du clergé comprennent enfin l’importance du Cercle d’Etudes pour jeunes travailleurs! Qu’il n’y ait plus une paroisse, pas une commune, sans un tel Cercle d’Etudes! Qu’aucun échec, aucun insuccès ne parvienne à ralentir et à éteindre leur zèle! Toutes les autres œuvres dans lesquelles se trouvent inscrits des jeunes ouvriers n’ont de rendement réel au point de vue religieux, moral et social que si les dirigeants étudient les méthodes à y appliquer dans un Cercle d’Etudes adapté. L’expérience de tous est unanime à cet égard.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1° que dans toutes les sections fonctionne un Cercle d’Etudes de jeunes travailleurs.

2° que le Cercle d’Etudes soit vraiment adapté à la vie, à la mentalité et aux besoins des jeunes travailleurs;

3° que tous les Cercles d’Etudes de J. O. C. adoptent comme moyen le plus adapté de formation l’enquête permanente sur la situation de l’Adolescence Salariée.

III – Ch. 4 – La vie professionnelle du jeune salarié

CHAPITRE QUATRIEME

La vie professionnelle du jeune salarié.

LES FAITS.

§ 1. – La préparation au travail.

a) Les jeunes travailleurs ne sont pas suffisamment préparés pendant l’âge scolaire et surtout pendant la dernière année d’école à la vie de salariés qu’ils doivent mener dès l’âge de 14 ans. Dans la formation intellectuelle, morale et religieuse qu’ils ont reçue, la perspective de leur condition de futurs salariés ne semble pas avoir tenu une place suffisante.

b) Beaucoup d’enfants quittent définitivement l’école, sans que l’instituteur, l’institutrice ou le prêtre aient donné une conception chrétienne du travail suffisamment concrète et adaptée. L’insuffisance de collaboration entre l’école et la famille, entre les parents et les instituteurs compromet d’ailleurs gravement l’influence de l’éducation scolaire. 

c) Le choix du métier, la recherche d’un patron consciencieux sont abandonnés la plupart du temps aux caprices du hasard. L’attention des élèves n’a pas été assez attirée sur la nécessité de l’apprentissage et de l’enseignement professionnel, sur la prévention des accidents du travail, sur les précautions à prendre contre les maladies professionnelles.

d) Trop peu d’allusions ont été faites pendant l’âge scolaire à la conduite à tenir vis-à-vis des camarades de travail, en route, dans les trains. L’esprit d’association, si indispensable aux jeunes salariés, ne leur a été guère inculqué.

e) Le résultat le plus flagrant de cette absence complète de véritable préparation au travail, c’est la dégradation morale et la crise religieuse dans lesquelles tombent la plupart des jeunes travailleurs bientôt après leur sortie de l’école, même de l’école catholique.

f) Six ou huit années d’éducation religieuse lais sent l’adolescent désemparé, si les éducateurs ne comprennent pas que l’adolescent salarié doit être préparé à sa vie de jeune salarié, et qu’après l’école il ne peut être abandonné à lui-même, mais doit être soutenu par une puissante organisation qui continue et parachève la formation qu’il a reçue à l’école, en l’adaptant à sa vie nouvelle de salarié

LES VOEUX.

Voilà pourquoi la J. O. C. demande :

1) qu’à l’école et dans les œuvres para-scolaires (catéchismes, congrégations, patronages. gymnastiques, boy-scouts) la formation morale et religieuse qui est donnée aux jeunes, tienne compte de tous les problèmes concrets de la vie journalière des jeunes salariés;

2) que les instituteurs et tous ceux qui s’occupent des œuvres para-scolaires soient mis au courant du problème de l’adolescence salariée. Que dans les écoles normales et dans les Séminaires. des conférences et des Cercles d’Etudes soient institués dans cette intention;

3) que des efforts méthodiques soient tentés pour amener plus de collaboration entre l’école et la famille en vue d’une préparation plus adéquate des élèves à leur future vie de salariés;

4) qu’avant de quitter l’école, les éls soient méthodiquement orientés par des persones compétentes et dévouées, vers la J. O. C. qui seule peut les former, les protéger et les défendre, afin que les adolescents salaris: profitent des effets bienfaisants et indispensables d’une formation post-scolaire adaptée à leur vie de jeunes salariés et qu’ils soient affiliés aux organisations professionnelles et mutualistes nécessaires;

5) que pendant la dernière année scolaire des représentants de la J. O. C. ou des spécialistes trouvent moyen de s’entretenir avec les élèves, de l’importance du choix du métier, d’un bon placement et d’un apprentissage sérieux;

6) que tous les élèves de dernière année soient examinés par un Office d’Orientation Professionnelle qui puisse mettre les élèves et les parents au courant des professions qui conviennent le mieux aux aptitudes et aux dispositions des adolescents examinés.

LES FAITS.

§ 2. – La stabilité au travail.

a) Un danger très grand menace actuellement les adolescents salariés : c’est l’instabilité de leur travail, l’incertitude du lendemain, la facilité de renvois ou de changements inconsidérés, avec toutes les conséquences désastreuses du chômage, du désœuvrement, du vagabondage, de la flânerie, du découragement, de la dégradation.

b) Les statistiques prouvent que c’est parmi les chômeurs, les instables au travail, que la délinquence juvénile est la plus élevée. Si le chômage est néfaste pour l’adulte, il est plus dangereux pour l’adolescent. L’obligation de la fréquentation scolaire n’existant plus, le jeune chômeur est abandonné à lui-même pour la recherche d’une nouvelle occupation et d’une nouvelle place. De là les changements fréquents de métier, l’interruption et souvent l’abandon de l’apprentissage, l’acceptation de besognes ou d’emplois n’ayant été précédés d’aucune instruction professionnelle.

c) Les effets désastreux tant au point de vue économique qu’au point de vue social, ne retombent pas seulement sur les individus, dont l’avenir est compromis, mais sur le pays dont la prospérité industrielle et la renommée professionnelle sont menacées.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que les parents soient mis au courant des conséquences déplorables de l’instabilité du travail des jeunes travailleurs;

2) que des mesures soient prises pour remédier aux embauchages temporaires, nécessairement limités, des adolescents salariés:

3) que les jeunes travailleurs ne changent pas sans motif sérieux d’emploi ou de profession;

4) que toutes les autorités sociales s’entendent pour lutter contre le chômage des jeunes travailleurs;

5) que les jeunes chômeurs ne soient pas abandonnés à eux-mêmes pour la recherche de nouvelles occupations;

6) que dans les Bourses du Travail, des sections spéciales reliées aux Secrétariats d’Orientation Professionnelle, soient créées pour le placement des jeunes travailleurs;

7) que l’on mette à l’étude l’organisation de (Centres d’Education » dont la fréquentation pourrait être rendue obligatoire aux jeunes chômeurs.

LES FAITS.

§ 3. – L’apprentissage.

a) L’apprentissage n’existe pas légalement. Il n’est ni encouragé, ni surveillé, ni sanctionné. Dans quelques grandes firmes, les patrons donnent une formation technique méthodique aux jeunes contrat collectif ouvriers. Dans l’imprimerie un règle l’apprentissage.

Partout ailleurs, le jeune ouvrier s’initie à la profession en servant d’aide ou de manoeuvre à un ouvrier adulte. Son plus ou moins grand esprit d’observation lui apprendra les opérations, les tours de main; ses initiatives et ses essais personnels lui révèleront les secrets du métier. Stimulé par le désir du gain, il changera le plus vite possible de patron, pour pouvoir passer comme demi-ouvrier ou ouvrier; il cachera son âge, exagérera ses connaissances, haussera le taux de son ancien salaire pour gagner davantage. D’ailleurs le travail en « série » trop prolongé tue chez les jeunes toute initiative technique.

b) Si l’apprentissage technique est abandonné au hasard, l’apprentissage moral, ou, si l’on préfère, l’acquisition de la conscience professionnelle, est pratiquement inexistant. L’honneur de la profession, ses traditions artistiques, la probité professionnelle, le souci de la bonne qualité de l’ouvrage et de la marchandise; le souci d’économie de la matière première, le respect du matériel et des machines, l’ordre à observer dans le rangement des pièces, de l’outillage et de l’établi; la préoccupation du rendement et du prix de revient; la solidarité bienfaisante et prévoyante, l’esprit syndical; tout le code moral du travail, dans sa conception humaine, sociale et religieuse; tout ce côté spirituel de l’apprentissage, de la profession et du travail disparaît de plus en plus de la production et de l’industrie modernes, parce qu’aucune tentative organisée et méthodique n’est entreprise pour restaurer et pour réadapter ce respect et cet amour du travail qui étaient au temps de leur splendeur, la gloire des corporations du Moyen-Age.

c) Les conséquences de cette anarchie dans l’apprentissage tehnique et moral retombent lourdement sur les jeunes travailleurs qui ont à vaincre des tentations et des difficultés très grandes pour leur âge, leur inexpérience et leur faiblesse. Ils sont souvent exploités, brimés, maltraités, interpellés rudement et grossièrement. Les notions morales de dignité, de respect de soi, de tenue, d’activité, de probité, de justice, de valeur du travail, de générosité, de charité s’effacent de leur conscience. La discipline qui aurait dû garder un caractère moral comme l’autorité, le commandement, l’obéissance et la soumission, n’a plus qu’un aspect mécanique de répression, de brutalité, de force. La conscience des jeunes travailleurs n’est plus formée et l’honneur du travail disparaît.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que les organisations patronales et ouvrières se concertent pour réintroduire dans chaque profession un apprentissage technique, méthodique, surveillé et sanctionné;

2) que les Pouvoirs Publics approuvent et rendent obligatoires les conventions collectives concernant l’apprentissage technique;

3) que les organisations patronales et ouvrières se concertent pour examiner la cause de la perte de la conscience professionnelle et pour promouvoir toutes les mesures nécessaires pour remettre en honneur le culte du travail et le code moral de la profession;

4) que toutes les fédérations régionales et toutes les sections de J. O. C. poussent à fond l’enquête sur la situation de l’apprentissage dans les différentes régions, les industries et les entreprises;

5) que les Cercles d’Etudes, les réunions mensuelles, les journées d’études consacrent leur attention à la formation de la conscience professionnelle des Jocistes;

6) que toutes les sections de J. O. C. demandent à leurs membres de renseigner les ateliers où un apprentissage est possible et où les jeunes sont traités avec un minimum d’égards;

7) qu’une place de plus en plus grande soit réservée dans les bibliothèques, les revues, les journaux professionnels, à la formation technique et générale des jeunes travailleurs, à l’application de la morale chrétienne à la vie professionnelle et à l’explication des qualités et vertus professionnelles: 

8) que toutes les autorités sociales comprennent qu’une morale professionnelle et la mise en pratique de cette morale professionnelle est impossible sans une organisation professionnelle basée la morale chrétienne;

9) que toutes les autorités sociales s’appliquent, à partir de l’école, à promouvoir et à recommander les organisations professionnelles chrétiennes, qui sont les écoles d’une morale professionnelle harmonisant et unissant indéfectiblement les droits et les devoirs de tous les agents de la production.

§ 4. – L’enseignement professionnel. 

LES FAITS.

a) Dans beaucoup de professions un apprentissage technique pratique est insuffisant et doit être complété par un enseignement professionnel ouvrant l’intelligence des jeunes apprentis, leur expliquant tous les aspects de leur profession et les empêchant de tomber dans une pratique routinière qui paralyserait leur développement intellectuel.

b) La majorité des jeunes adolescents salariés de Belgique sont privés d’un enseignement professionnel adapté et méthodique, et la plupart de ceux qui suivent des cours professionnels ne persévèrent pas jusqu’à l’examen final. Dans certaines régions du pays, la cause de cette situation est l’inexistence ou l’insuffisance d’un enseignement professionnel accessible. Là même où cet enseignement existe, les adolescents ne sont pas suffisamment encouragés à suivre les cours professionnels, soit parce que trop de parents ne voient que le gain immédiat à réaliser ou qu’ils se laissent dominer par leurs enfants qui cessent par coup de tête les cours entrepris, soit parce que les professeurs manquent de formation méthodique, soit parce que les patrons et les pouvoirs publics ne soutiennent pas les efforts des jeunes adolescents qui veulent suivre les cours professionnels.

c) D’ailleurs, pour l’enseignement professionnel comme pour l’apprentissage, la partie technique ne peut être séparée de la partie morale. Un grief à faire valoir contre beaucoup d’écoles professionnelles officielles, c’est qu’elles n’enseignent pas une morale de travail. Il ne suffit pas de faire des techniciens habiles, il faut préparer des techniciens honnêtes, conscients des devoirs que leur impose leur valeur professionnelle et qui réalisent dans leur vie de travail un idéal noble et élevé. C’est pourquoi nous n’admettrons jamais que la neutralité soit un idéal, même pour l’enseignement professionnel. Il est absurde de vouloir mettre une cloison étanche entre la vie professionnelle et la vie morale d’un individu ou d’une collectivité. L’enseignement professionnel, pénétré d’esprit chrétien est le seul qui mérite notre confiance et notre attachement.

Et surtout que cet esprit chrétien soit véritablement, pratiquement, concrètement et activement social. Où sont allés les élèves sortis de nos écoles professionnelles libres? Si l’Ecole Professionnelle veut former des élèves sociaux, des convaincus et des meneurs ayant tout à la fois une formation religieuse, morale, sociale et technique, il faut que par des organismes appropriés, elle aide les jeunes à se préparer au rôle qu’ils devront remplir un jour dans les organisations d’adultes et dans leur atelier. Les sections de J. O. C., ls sections syndicales et mutualistes, les sections d’épargne, les Cercles d’Etudes, sont indispensables dans ce but.

d) Nous croyons que l’enseignement professionnel doit être adapté aux besoins économiques du pays, qu’il doit être combiné avec une organisation méthodique de l’Orientation Professionnelle, afin de ne pas encombrer certaines industries au détriment des autres.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que dans toutes les régions du pays soit organisé un enseignement professionnel facilement accessible aux jeunes gens;

2) que partout l’admission dans les écoles professionnelles soit subordonnée à un examen du sujet par un office d’Orientation;

3) que toutes les initiatives privées pour établir un enseignement professionnel adapté soient largement subsidiées par les industriels et par tous les pouvoirs publics;

4) que les heures de cours professionnels n’imposent pas aux élèves des veillées trop tardives et ne les empêchent pas le dimanche de pratiquer facilement leurs devoirs religieux;

5) que les patrons encouragent généreusement les efforts des adolescents qui persévèrent dans l’acquisition d’un enseignement professionnel complet, par l’extension des allocations familiales pour les élèves qui fréquentent les cours professionnels, par des gratifications et un régime favorisant ceux qui ont suivi les cours et surtout les diplômés, par des primes à ceux qui fréquentent les écoles industrielles du soir;

7) que les organisations professionnelles ouvrières créent des bourses d’études pour leurs membres dont les enfants fréquentent une école professionnelle chrétienne et qu’elles puissent faire valoir leur avis et apporter leur collaboration efficace pour tout ce qui regarde la création et l’amélioration des centres d’enseignement professionnel;

8) que toutes les sections de J. O. C., par des enquêtes, des démarches, des conseils, des conférences aux parents et aux jeunes adolescents, des visites aux écoles professionnelles et autres, propagent partout les effets bienfaisants d’un enseignement professionnel, adapté aux exigences des jeunes ouvriers et pénétré d’un esprit chrétien et social;

9) que l’organisation nationale de J. O. C. soit en rapports suivis avec l’Université Libre du Travail pour l’extension de son mouvement dans toutes les écoles professionnelles libres du pays.

§ 5. – La sécurité au travail.

LES FAITS.

a) Nombreux sont les jeunes travailleurs qui sont victimes d’un accident du travail. Soit que le patron les occupe trop tôt au service des machines, soit que par suite d’inattention, de légèreté ou d’espièglerie ils soient blessés à l’un ou l’autre membre, soit que la durée excessive du travail, la fatigue exagérée d’un labeur au dessus de leurs forces les exposent plus facilement à un accident, un grand nombre de jeunes travailleurs sont des invalides précoces de l’armée travailleuse.

b) Des blessures, bénignes au début, ont souvent des suites graves par la négligence des soins a bien des boîtes de secours dans immédiats. Il y les ateliers, mais il y a peu de personnel capable de donner les premiers soins, et l’insouciance de l’âge aidant, la blessure non soignée s’envenime et il faut recourir souvent à une opération.

c) Une lacune presque générale dans la solution de la question des accidents du travail, c’est l’absence de rééducation professionnelle des accidentés. Un jeune homme incapable par suite d’un accident du travail d’exercer encore son ancien métier, pourrait fort bien, par une rééducation professionnelle adaptée, apprendre un nouveau métier, dans lequel il pourrait atteindre son plein rendement. Comme c’est plus digne et plus moral, qu’une indemnité insuffisante avec une occupation subalterne! On a vu les merveilles réalisées par la rééducation professionnelle des invalides de guerre. Tout jeune accidenté devrait être soumis à une orientation professionnelle nouvelle et pouvoir profiter d’une rééducation professionnelle adaptée à son état d’accidenté.

LES VOEUX.

Voilà pourquoi la J. O. C. demande :

1) que les mesures préventives contre les accidents du travail soient de plus en plus répandues et vulgarisées;

2) que les jeunes travailleurs soient de plus en plus éduqués en vue de la prévention des accidents du travail et en vue des premiers soins en cas d’accidents;

3) que la déclaration et l’examen de toute blessure, quelque bénigne qu’elle soit, soient rendus obligatoires et que dans tout atelier ou usine un personnel au courant puisse donner les premiers soins aux accidentés;

4) que l’indemnisation définitive d’un jeune accidenté du travail, soit d’office soumise à un tribunal arbitral qui statuera sur chaque cas;

5) que tout jeune accidenté du travail soit d’office soumis à un examen de réorientation professionnelle et que l’occasion lui soit offerte, à charge de la société d’assurance, de réapprendre un nouveau métier;

6) que toutes les fédérations régionales de J. O. C. établissent un service de renseignements et d’assistance pour les jeunes accidentés du travail et que tous les cas soient signalés au Secrétariat Général de la J. O. C.;

7) que tout Jociste victime d’un accident du travail s’adresse immédiatement et avant de signer n’importe quelle pièce à son usine, à la Fédération Régionale de J. O. C. et à son organisation syndicale.

§ 6. – L’hygiène et la propreté du travail. 

LES FAITS.

a) A part des exceptions qui méritent tous les éloges, les ateliers et les usines de Belgique sont en retard pour tout ce qui regarde l’hygiène et la propreté. Nous ne parlons pas seulement des professions qui par suite des matières premières ou des procédés chimiques employés sont notoirement nocives à la santé des travailleurs. Pour ces industries surtout, les autorités publiques et les dirigeants industriels seraient gravement coupables, s’ils négligeaient les précautions à prendre. Mais on peut dire que d’une manière générale, les règles élémentaires d’hygiène pour la ventilation, l’aération, l’éclairage, l’aspiration des poussières, le nettoyage, le cubage des salles, leur chauffage, la protection contre l’humidité sont trop souvent négligées. Il semble parfois que la santé des travailleurs préoccupe peu certains dirigeants de l’industrie et que ceux-ci estiment que les dépenses d’hygiène grèveraient outre mesure et inutilement les frais généraux des entreprises;

b) Des a:rêtés royaux ont certes instauré et réglementé l’inspection médicale des jeunes travailleurs. Mais nos enquêtes démontrent l’impuissance de l’inspection médicale actuelle, malgré le dévouement de ses agents. La plupart des entreprises d’ailleurs n’ont aucun personnel diplômé pour la surveillance et l’application des mesures d’hygiène.

c) Que dire alors des conditions de malpropreté dans lesquelles la plupart des ouvriers sont encore obligés de travailler! Il y a beaucoup d’ateliers et d’usines où les lavoirs sont inconnus. Les ouvriers sont obligés de se laver, après des heures d’une besogne salissante, dans des seaux malpropres et avec de l’eau souillée. Pas de savon, pas d’essuie-mains, pas de lavabos. Dans la plupart des usines les bains-douches sont inconnus.

d) Les ouvriers changent de vêtement pour travailler. C’est plus commode et moins coûteux. Dans combien d’entreprises découvre-t-on le moindre vestiaire, la moindre armoire pour les vêtements?

e) Quant au repas, dans beaucoup d’ateliers les ouvriers le prennent sur le pouce, à côté de l’établi, près de la machine, dans la poussière et dans la saleté, sans pouvoir se rafraîchir les mains. Dans d’autres, les ouvriers se font chercher un peu de soupe ou de boisson dans un cabaret des environs ou chez le concierge. Dans d’autres, le personnel doit quitter l’usine pour s’engouffrer dans les cabarets des alentours ou pour s’adosser aux murs et s’asseoir sur les trottoirs et les talus. Peu de réfectoires, peu de locaux où la gamelle et le café puissent être réchauffés. On peut compter sur les doigts les usines où les repas sont servis à tout le personnel.

f) Ce qui étonne dans presque toutes les usines belges, c’est l’état déplorable des W. C. Est-il admissible que nos ouvriers soient obligés de satisfaire des besoins intimes dans des endroits aussi répugnants?

g) Qui serait surpris après tout cela des défauts de notre classe ouvrière; de son manque de tenue, -de distinction? Qu’on soumette à ce régime les adolescents des classes « dirigeantes » et l’on verra le résultat! Cette absence complète de propreté encourage les instincts vicieux et il ne faut plus s’étonner des souillures, des inscriptions souvent pornographiques, des dégradations apportées au matériel, aux murs et aux salles!

h) On ne peut pas s’étonner non plus de la résistance que des ouvriers, dont on a négligé l’éducation, opposent aux mesures d’hygiène et de sécurité que l’on tente d’introduire tardivement, du peu de soin qu’ils apportent à l’entretien des locaux et des appareils mis à leur disposition. Il faut remonter, comme nous l’avons fait. aux causes lointaines de cette situation et commencer l’œuvre de réforme par le commencement.

i) Si le manque de propreté est flagrant, on ne peut guère demander des essais d’embellissement, d’ornementation florales ou décoratives dans les salles, les cours, et les bâtiments d’usine. La laideur, la malpropreté et l’insalubrité, mettent une empreinte de malédiction sur certains lieux du travail, jusqu’à les faire ressembler à des prisons ou à des bagnes, alors que la beauté, la propreté, la salubrité devraient mettre un cachet riant et attrayant sur les sanctuaires où s’élaborent les perfectionnements apportés par le génie de l’homme, reflet de l’Intelligence créatrice, aux produits de la nature.

j) Mais jamais des initiatives patronales ou des mesures législatives n’auront un effet réel et bienfaisant, si elles ne sont pas combinées avec une éducation de plus en plus adaptée des jeunes ouvriers, faites au sein des organisations ouvrières spéciales. Dans aucun pays, un mouvement sérieux de prévention des accidents du travail, d’amélioration de l’hygiène et de la propreté, d’embellissement des locaux n’a pleinement réussi sans la collaboration intime des organisations ouvrières, qui ont le devoir de relever le niveau intellectuel et moral des travailleurs, de ieur faire prendre des habitudes d’hygiène, de propreté, de tenue, de respect qui constituent des richesses autrement importantes que les salaires.

LES VOEUX.

Voilà pourquoi la J. O. C. :

1) demande que dans toutes les sections des efforts inlassables soient tentés pour l’éducation hygiénique, esthétique et morale des jeunes travailleurs;

2) insiste pour que cette éducation soit toujours unie à l’organisation mutualiste des jeunes travailleurs;

3) fait appel à la collaboration des médecins, des techniciens et des artistes pour donner des conférences avec films et projections lumineuses et pour aider à la décoration des locaux et des salles de réunion et à l’élaboration des programmes de fêtes, de soirées éducatives, récréatives et artistiques;

4) demande que les organisations patronales et ouvrières collaborent à l’amélioration hygiénique de tous les services d’hygiène, de propreté et de confort nécessaires (bains – lavoirs – vestiaires réfectoires W. C.) et à l’éducation hygiénique, esthétique et générale de la masse ouvrière;

5) proteste contre l’inobservance des arrêtés royaux sur la visite médicale et insiste pour que des sanctions sévères soient prises contre les responsables;

6) insiste pour que tous les moyens soient mis en œuvre afin que l’opinion publique comprenne l’importance que les mesures d’hygiène, de propreté et de confort ont pour le relèvement intégral de la classe ouvrière et que l’opinion publique poursuive de sa réprobation effective les responsables de toutes les causes de dégradation de la jeunesse ouvrière.

§ 7. – La pudeur au travail.

LES FAITS.

a) L’habitude de la malpropreté et l’absence de tenue sont déjà par elles-mêmes des atteintes à la dignité morale, désastreuses pour le jeune ouvrier. Que dire alors de la promiscuité révoltante qui règne dans certaines usines, où jeunes gens et jeunes filles se déshabillent dans les mêmes salles, sont laissés sans surveillance pendant les repas et les repos, assistent à des scènes de provocation inimaginables, sont initiés brutalement à toutes les perversions? Certaines cours et salles d’usines, les environs de certaines usines, les salles d’attente, les quais et les environs de certaines gares sont des occasions de débauche pour un grand nombre de jeunes ouvriers.

b) Nous parlerons dans un autre chapitre de l’éducation sentimentale de la jeunesse ouvrière. Nous voulons insister ici sur les circonstances extérieures qui tuent lentement, mais sûrement toute pudeur et toute réserve. Les circonstances relatives au travail jointes à celles du logement et des lieux de plaisirs sont les causes les plus habituelles du débraillé, de l’immoralité, de la brutalité et du cynisme dans l’étalage de l’instinct sexuel et du vice impur.

LES VOEUX.

Voilà pourquoi la J. O. C. demande :

1) que toutes les promiscuités, les négligences, les provocations soient sévèrement prévenues, tant dans le logement que pendant le travail, les trajets et les repos, de manière à sauvegarder la pudeur et la réserve des adolescents et des adolescentes salariées;

2) que les autorités industrielles et les administrations publiques comprennent que la pudeur des jeunes gens et des jeunes filles de la classe ouvrière est aussi sacrée que celle de la jeunesse des autres classes et que tolérer le manque de réserve et de pudeur à leur égard est un crime social qui reçoit dans la dépravation des mœurs un terrible châtiment;

3) que toutes les sections de J. O. C. s’efforcent de dénoncer sans scrupule et sans respect humain les atteintes à la pudeur et à la réserve de l’adolescence ouvrière et tâchent par tous les moyens de préserver cette fleur de l’innocence qui est la meilleure garantie de la force morale;

4) que les organisations ouvrières d’adultes insistent auprès de leurs membres afin que les jeunes travailleurs soient plus respectés dans leur pudeur.

§ 8. – La durée du travail.

LES FAITS.

a) La durée du travail des adolescents doit être proportionnée à leur âge et à leur force. Les adolescents sont tous des apprentis, et de même qu’on ne prolonge pas outre mesure la durée des études journalières des jeunes gens, on ne peut prolonger jusqu’à la mesure des adultes, le travail des adolescents. A l’heure actuelle, il semblerait, à voir ce qui se pratique, qu’il ne faille pas faire de distinction entre la durée du travail d’un homme de trente ans et celle d’un adolescent de 14 à 15 ans. Il existe encore des usines où, à certaines périodes, des adolescents font des journées de travail de 14 heures, sans compter les heures de trajet avant et après le travail.

b) Les heures de travail doivent aussi tenir compte de la nécessité de procurer à tous les jeunes gens salariés des facilités pour assister à des cours d’enseignement professionnel, et même à des réunions d’éducation générale, physique, morale et sociale. Le système du travail par équipes finissant à des heures tardives est sous ce rapport préjudiciable à beaucoup de jeunes gens, ceux-ci ne pouvant assister que très irrégulièrement à des cours ou à des réunions, se découragent et abandonnent l’école ou l’organisation.

LES VOEUX.

Voilà pourquoi la J. O. C. demande :

1) que la réglementation de la durée du travail des adolescents soit fixée par des commissions paritaires (dans lesquelles la J. O. C. doit obtenir une voix consultative), qui tiendront compte de l’âge, de la difficulté du travail, et du besoin d’éducation des adolescents salariés;

2) que sous aucun prétexte le travail des adolescents ne se prolonge au delà de huit heures et qu’il soit réglé de telle sorte que les soirées soient, autant que possible, libres pour les cours et les séances éducatives;

3) que les sections de J. O. C. étudient les moyens de fournir aux jeunes salariés des industries où l’on travaille à trois équipes, les occasions nécessaires de formation intellectuelle et morale.

§ 9. – Travail de nuit et du dimanche.

LES FAITS.

a) Il est aisé de constater les effets nuisibles du travail de nuit et du dimanche, surtout pour les adolescents et pour les jeunes gens. Au point de vue de la moralité et de la santé, fatalement, il a des suites funestes, à cause du relâchement de la surveillance, de l’irrégularité de la vie et de l’absence de plus en plus grande de réconfort spi- rituel.

b) Le travail de nuit ne pourrait en aucun cas être toléré avant 18 ans, et le travail du diman- che et des fêtes religieuses légales ne devrait être permis que dans des cas de nécessité absolue et seulement à condition de pouvoir assister à la Messe et participer à la Communion.

LES VOEUX.

Voilà pourquoi la J. O. C. demande :

1) que l’enquête sur le travail de nuit et du dimanche soit menée vigoureusement par toutes les sections et qu’une attention spéciale soit ac- cordée aux effets moraux et hygiéniques du tra- vail de nuit et du dimanche;

2) qu’une propagande intense soit entreprise pour éclairer l’opinion publique sur les dangers du travail de nuit et du dimanche, en particulier pour les jeunes ouvriers;

3) que la législation en vigueur sur le travail de nuit et du dimanche soit appliquée et sanctionnée plus sévèrement;

4) que le travail de nuit soit interdit à tous les jeunes gens âgés de moins de 18 ans en supprima.l toutes les dérogations;

5) que le travail du dimanche ne soit toléré qu’en cas de nécessité véritable reconnue de com- mun accord entre les organisations patronales et ouvrières et qu’il soit organisé de telle façon à permettre à tout travailleur de participer aux of- fices religieux et d’approcher de la Table Sainte.

§ 10. – Les travaux pénibles et dangereux.

LES FAITS.

a) Il existe une loi sur l’interdiction des travaux pénibles et dangereux et sur l’emploi des mesu- res d’hygiène dans certaines industries. Malheu- reusement l’application de pareilles lois suppose une inspection vigilante et suffisamment étendue. Or, en Belgique, le nombre et les pouvoirs des in- specteurs du travail sont insuffisants. Combien d’adolescents voient leur santé ébranlée et leur avenir compromis par un travail précoce, exagéré pour leur âge et leurs forces physiques. C’est du blé coupé en herbe! Les organisations ouvrières devraient coopérer plus largement à la surveil- lance de pareils travaux.

b) A côté des travaux trop pénibles et dangereux pour le corps, il en est d’autres funestes pour l’âme. Les métiers de grooms, chasseurs, porteurs de télégrammes ne sont pas assez surveillés. Et combien d’adolescents de 14, 15 et 16 ans sont initiés à toutes les perversions de notre société « moderne dans certains hôtels, restaurants, cafés, bars, et maisons de nuit, où leurs fonctions les appellent.

c) Que dire alors de l’emploi d’enfants dans les théâtres, les cafés-concerts, les salles de spectacles? ll existe là des centaines de malheureux voués, dès l’âge le plus tendre, à la débauche et à la prostitution. Comment stigmatiser l’inconscience des Pouvoirs Publics, qui permettent ce sacrifice injustifiable à la curiosité malsaine de spectateurs et à l’amusement stupide de viveurs et de noceurs? Aucune protestation ne sera assez violente contre l’abaissement moral de notre société moderne.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) Une application plus rigoureuse de la loi sur les travaux pénibles et dangereux;

2) Une inspection mieux organisée pour la protection de l’adolescence salariée;

3) une participation plus effective des organisations ouvrières dans l’inspection de ces travaux pénibles et dangereux;

4) une propagande plus intense contre beaucoup d’emplois de grooms, chasseurs, porteurs de télégrammes, commissionnaires, garçons de courses;

5) l’interdiction absolue de l’exhibition des enfants et des adolescents dans les théâtres, cafés-concerts, salles de spectacles et une police plus sévère de ces lieux de plaisirs.

§ 11. – Le salaire des adolescents. 

LES FAITS.

ince

a) Il existe des situations étranges et contradictoires pour les salaires payés aux adolescents. Il suffit de comparer des salaires payés à 14, 15, 16 et 17 ans pour voir qu’il n’y a pas de rapport entre la capacité du travailleur et sa rémunération. II est à remarquer que les caisses de compensation excluent, sans distinction, du calcul des allocations familiales, les adolescents salariés, sans se préoccuper suffisamment de la répercussion de cette règle sommaire et uniforme sur la formation professionnelle des fils de famille nombreuse. Quant à la fixation des taux des salaires des adolescents ou bien il n’existe pas de convention collective ou bien les conventions collectives ne sont guère observées.

b) Les jeunes gens changent de patron ou de métier pour gagner 5 ou 10 centimes de plus à l’heure. Et comme les différences de salaire sont souvent très notables, sans avoir aucun rapport avec les connaissances requises ou l’effort fourni, les changements sont vraiment déroutants. Tel qui apprenait un métier qualifié devient garçon de courses pour un gain immédiat plus élevé. Nous savons que toutes les réglementations de salaires sont difficiles, surtout pour les adolescents. Mais pourtant il est inadmissible que des patrons puissent attirer des adolescents de 14 à 17 ans, uniquement par un appât d’argent, dont les adolescents abusent d’ordinaire, en sacrifiant souvent tout leur avenir. N’y a-t-il pas là un abus criant, quand il s’agit de mineurs qui sont encore presque des enfants?

c) Voilà pourquoi, nous pensons que la question du salaire, comme toutes les autres questions intéressant les jeunes ouvriers, devrait faire l’objet de conventions collectives entre organisations patronales et ouvrières au sujet desquelles la J. O. C. devrait pouvoir exposer son avis.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que la fixation des salaires des adolescents salariés ainsi que toutes les autres questions qui s’y rapportent soient réservées à des commissions paritaires, formées par les organisations patronales et ouvrières;

2) que l’organisation générale de la J. O. C. puisse exposer le point de vue de la jeunesse salariée pour la solution de toutes les questions qui influencent grandement l’avenir des adolescents;

3) que l’on examine s’il ne conviendrait pas d’interdire l’emploi de jeunes gens de moins de 21 ans dans les industries et commerces qui ne peuvent leur donner une formation professionnelle;

4) que l’on examine s’il serait utile de limiter à une fraction du nombre des ouvriers adultes, le nombre des jeunes ouvriers de moins de 21 ans, tout au moins dans certaines professions.

§ 12. – La situation des jeunes employés. 

LES FAITS.

a) Bien des plaintes s’élèvent au sujet de la situation des jeunes employés. Ce n’est pas parce qu’ils portent un faux-col et parfois des manchettes, qu’ils ont des vêtements plus soignés ou travaillent dans des bureaux, qu’il faudrait les regarder comme l’aristocratie du monde du travail. Hélas, bien des parents se trompent quand ils préfèrent voir leur fils exercer un emploi de gratte-papier, plutôt qu’une profession qualifiée.

b) Et certaines écoles rendent un mauvais service aux parents et aux jeunes gens en poussant ceux-ci vers des emplois mal rémunérés et sans aucun avenir. Une préparation insuffisante est une cause fréquente de misère noire pour des jeunes gens qui préfèrent des mains intactes à des mains calleuses.

c) Trop d’adolescents trouvent un emploi subalterne à la fin de leurs études primaires sans même avoir passé par l’office d’orientation professionnelle. Beaucoup ne suivent pas même des cours techniques. Ils se contentent d’un peu de même sténographie, ou de dactylographie sans connaître l’orthographe. De là ces emplois de copistes, de classeurs, d’aides-facturiers et autres occupations qui n’exigent que peu d’intelligence et de discernement.

d) Les traitements mensuels de trois cents francs ne sont pas rares. L’encombrement de la profession n’en est-il pas la cause? Que d’amateurs pour des places mal rétribuées où l’on n’apprend rien! Ajoutez-y les heures supplémen taires non payées, parfois même le travail du dimanche, les besognes emportées à domicile, et l’on plaindra amèrement les jeunes forçats de la plume pour lesquels il n’y a guère de perspective d’avancement et d’avenir.

e) Beaucoup se trompent également en pensant que le milieu employé est plus moral que le milieu ouvrier. Hélas, combien les preuves du contraire sont nombreuses! La promiscuité des jeunes gens et des jeunes filles, celles-ci souvent en toilettes provocantes, les gravures qui couvrent les murs, les conversations de certains aînés font que certains bureaux sont pires que des ateliers!

LES VOEUX.

Voilà pourquoi la J. O. C. demande :

1) qu’aucun jeune homme ne se destine à la carrière d’employé sans avoir passé par un office d’orientation professionnelle et sans avoir reçu une préparation générale et professionnelle suffisante;

2) que tous les jeunes employés continuent à parfaire leur formation générale et professionnelle en suivant des cours qui leur garantissent les connaissances nécessaires à un avancement progressif;

3) que les heures supplémentaires et le travail du dimanche soient sévèrement défendus aux jeunes employés pour leur permettre de suivre les cours de perfectionnement;

4) que tous les groupes de J. O. C. s’appliquent à développer chez les jeunes employés l’esprit syndical aussi nécessaire pour eux que pour les jeunes ouvriers;

5) qu’un esprit de franche camaraderie unisse tous les jeunes employés aux autres jeunes salariés dans tous les groupes de J. O. C. afin d’intensifier chez tous l’entr’aide et la solidarité;

6) qu’un effort spécial soit tenté pour former la conscience morale et développer l’esprit religieux des jeunes employés!

III – Ch. 5 – Les homes et les restaurants

CHAPITRE CINQUIEME.

Les Homes et les Restaurants.

LES FAITS.

a) Beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles ne jouissent pas de l’influence bienfaisante du foyer familial. Les causes de cette situation sont nombreuses. Ce sont parfois des causes purement familiales: décès, divorces, secondes noces, ménages irréguliers, indignité ou incompréhension des parents. Parfois aussi le désir d’une vie plus indépendante éloigne le jeune homme ou la jeune fille de leurs parents. Les causes économiques ne sont pas moins nombreuses: Ce sont des jeunes gens et des jeunes filles qui suivent des cours professionnels dans la ville quand leurs parents demeurent loin dans la campagne. Il en est de même de ceux qui travaillent trop loin de la maison, pour rentrer tous les soirs ou même chaque semaine.

b) Les conditions de logement des travailleurs étrangers logés en ville dépassent les suppositions les plus lamentables. A part des exceptions plutôt rares, la masse loge dans la promiscuité la plus grande, au milieu de toutes les tentations de la débauche. Au simple point de vue de l’hygiène, presque tous les logements de travailleurs sont à condamner. Les effets de cette situation sur les jeunes gens et sur les jeunes filles sont vraiment désastreux.

c) Dans quelques grandes villes on a établi des homes pour jeunes filles. Ils rendent des services à une élite, mais il faut avouer que la masse des ouvrières n’en profitent guère. Quant aux jeunes gens, il n’y a pas d’œuvre pour les héberger convenablement. C’est plus que triste. Il suffit de connaître l’influence moralisatrice des « Gesellenvereinen » allemands, pour comprendre combien il est urgent de doter notre pays de Homes. Certaines mines et grandes firmes industrielles ont établi des dortoirs pour les ouvriers étrangers. C’est mieux que rien.

d) Pour les restaurants la même remarque s’impose. A part quelques restaurants féminins dans les grandes villes encore réservés à une élite tout reste à faire pour procurer aux jeunes gens un endroit convenable où ils puissent se procurer un repas substantiel, économique, dans un milieu moralisateur. Quand on a étudié la conduite des jeunes gens, obligés de manger dans des gargotes, sur les trottoirs, accroupis contre les murs et les talus, ou étendus dans les terrains vagues et les prairies, on ne doute plus de la nécessité de restaurants économiques.

e) Certes, c’est toute une éducation à donner à la nouvelle génération. C’est une œuvre lente et difficile. Pour nous, nous préférons aux réfectoires organisés par les usines elles-mêmes, les restaurants reliés aux organisations de jeunesse. L’éducation se fera mieux dans des œuvres ayant un esprit et une méthode d’éducation bien déterminés.

f) L’œuvre des « homes » et des « restaurants » d’ailleurs, doit être complétée par un ensemble d’efforts éducatifs comme les « œuvres de midi » où des cours, leçons et conférences sont donnés aux jeunes filles et aux jeunes gens, obligés de perdre une heure ou deux sans pouvoir retourner chez eux.

Les efforts tentés en certains endroits permettent une extension heureuse de ces initiatives très avantageuses pour la jeunesse ouvrière.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que l’enquête sur les logements des jeunes salariés, obligés de dormir hors du foyer familial, soit menée avec précision par toutes les sections;

2) que des mesures sévères soient prises contre les tenanciers de maisons de logement pour jeunes ouvriers qui tiendraient en même temps un débit de boisson ou des salles de danse, ou dont les conditions de logement seraient attentatoires à la pudeur ou à la santé de jeunes gens;

3) que des études soient élaborées le plus rapidement possible pour l’organisation de homes tant masculins que féminins;

4) que la question des restaurants pour jeunes salariés soit envisagée par toutes les organisations de jeunesse ouvrière;

5) que ces homes et restaurants soient reliés aux organisations locales, régionales ou nationales de jeunesse ouvrière, afin qu’ils soient tenus et administrés avec un but vraiment éducatif et avec la collaboration des jeunes ouvriers et des jeunes ouvrières;

6) que ces homes et ces restaurants soient complétés par un ensemble d’œuvres éducatives comme les « œuvres de midi », conférences, leçons, cours donnés aux jeunes travailleurs et travailleuses, salles de lectures et de repos, séances éducatives et récréatives.

III – Ch. 6 – Les loisirs des jeunes travailleurs

CHAPITRE SIXIEME.

Les loisirs des jeunes travailleurs.

LES FAITS.

a) Les loisirs étant pour les jeunes travailleurs absolument nécessaires, la question de l’emploi de ces loisirs est primordiale pour le relèvement intégral de l’adolescence salariée. Il est d’ailleurs impossible d’organiser sainement les loisirs des jeunes travailleurs sans grouper ceux-ci et sans les organiser.

b) A l’heure présente, des entreprises à but purement lucratif profitent des loisirs des jeunes travailleurs pour les exploiter, les démoraliser, les abrutir. Les cabarets, les dancings, les cafés-concerts, les cinémas, les librairies, les journaux sportifs et amusants » deviennent de vastes entreprises commerciales qui gagnent des millions en abusant de l’inexpérience, de la légèreté, de l’abandon dans lesquels vivent les jeunes travailleurs, Tout ce qui tombe sous les yeux de ces derniers, les affiches, les réclames, et les annonces; tout ce qu’ils entendent dans les trains, pendant les trajets, à la maison; les exemples qui s’étalent devant eux, tout excite et entraîne aux plaisirs défendus, à la volupté et à la jouissance.

c) Les camaraderies qui se nouent sans contrôle et sans surveillance, les fréquentations qui sont favorisées par le laisser-aller et par le relâchement des mœurs, les jeux d’argent, transforment les repos, les soirées, les dimanches et les jours fériés en autant d’occasions de démoralisation. L’exiguité des appartements oblige les jeunes gens et les jeunes filles à sortir, à s’amuser au dehors. Les hauts salaires facilitent les dépenles ses, quand il n’y a pas de frein moral pour arrêter.

d) Le bon emploi des loisirs suppose une organisation des jeunes travailleurs qui seule pourra lutter contre les plaisirs mauvais coûteux et stupides en procurant des distractions, des récréations, des fêtes, des soirées combinées avec une éducation plus adaptée. C’est une œuvre difficile et longue. Et au début, nous devons évidemment éviter de disperser les efforts des sections trop jeunes. Il faudra des locaux, des salles de réunions, de lectures, de spectacle, de fêtes. Il faudra des excursions, des visites en groupe aux musées, aux expositions, aux monuments. Il faudra des sections de football, des sections de gymnastique, de dramatique, de chorale. Tout cela suppose des chefs et des animateurs formés et compétents. Rien, en effet, ne sert de réagir contre les mauvais plaisirs, si on n’organise pas de bons plaisirs. L’homme et surtout le jeune homme et la jeune fille ont besoin de se distraire, de se récréer et de s’amuser comme de boire et de manger.

e) Plus les amusements seront organisés par les groupes sociaux eux-mêmes, avec un esprit nettement éducatif et social, moins les amusements mauvais resteront attrayants. Parfois, ces réunions récréatives seront réservées aux jeunes gens et aux jeunes filles, parfois elles seront de véritables réunions familiales où toutes les familles ouvrières et tous les membres de la famille communieront dans des manifestations communes d’art, de sport, de récréation et de joie. Et tout le village, toute la commune, toute la paroisse et même toute une région participera parfois à ces fêtes publiques, organisées par les différents groupes sociaux et la religion prendra sa place naturelle dans ces manifestations publiques pour les bénir et pour les sanctifier.

Et l’amusement, au lieu d’être exploité comme il l’est actuellement par des trafiquants du vice et des bas instincts, sera employé par des apôtres sociaux, désintéressés, comme moteur de relèvement et comme ciment d’apaisement social.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que toutes les sections mettent à l’ordre du jour la question des loisirs des jeunes travailleurs;

2) que toutes les sections tâchent, dans la mesure du possible, d’avoir des locaux, des salles de réunions et de lecture où les membres et les jeunes travailleurs de la paroisse et de la commune puissent venir passer leurs soirées et leur dimanche; 3) que ces locaux soient aménagés de telle sorte que tout en offrant les distractions les plus variées aux jeunes travailleurs, ils présentent en même temps des possibilités de réunions instructives et de lectures de journaux, d’illustrés et de livres;

4) que l’organisation et l’entretien de ces locaux soient tellement soignés qu’ils servent à l’éducation esthétique et générale de ceux qui les fréquentent;

5) que toutes les sections organisent des soirées récréatives et éducatives avec représentations dramatiques, exécutions musicales et chorales, projections lumineuses ou cinématographiques;

6) que de temps en temps ces réunions récréatives ne soient pas seulement réservées aux membres et à leurs familles, mais à tous les habitants;

7) que des excursions, des visites aux musées, aux expositions, aux monuments, soient organisées en groupe; que tous les groupes, dans la mesure du possible, fondent des sections d’agrément, des dramatiques, des chorales, des gymnastiques, des équipes de foot-ball, ou qu’elles examinent la collaboration avec les sociétés d’agrément catholiques existantes dans la paroisse ou dans la commune.

8) que tous les Pouvoirs publics et tous ceux qui s’intéressent au relèvement moral et général des jeunes travailleurs accordent de larges subsides à tous les essais sérieux mis sur pied pour le bon emploi des loisirs des jeunes travailleurs.

III – Ch. 7 – Les vacances des jeunes travailleurs

CHAPITRE SEPTIEME

Les vacances des jeunes travailleurs

LES MOTIFS.

a) La question des vacances pour jeunes ouvriers peut paraître accessoire, et même démagogique, à ceux qui ne connaissent pas les conditions de la vie de travail de nos jeunes adolescents dans les grands centres. Quiconque veut comparer sans parti pris la vie des jeunes salariés à celle des collégiens et étudiants, reconnaîtra volontiers que les vacances sont aussi nécessaires à ceux-là qu’à ceux-ci. Quand pendant cinquante semaines, le jeune travailleur a répété les mêmes gestes à l’usine, fréquenté des cours du soir, respiré l’air de l’usine, il n’est pas trop de deux semaines par an pour fuir la ville et la région industrielle et s’en aller à la campagne se refaire des poumons plus sains, des yeux plus clairs et des âmes plus fraîches.

b) Les vacances ne sont pas un luxe pour les jeunes ouvriers, elles sont un relai nécessaire avant l’étape nouvelle souvent difficile. Quiconque a organisé des vacances au grand air avec un groupe de jeunes ouvriers a pu constater les effets bienfaisants, souvent des transformations totales pendant ces jours de détente et de vie au grand air. Et cette influence bienfaisante ne se manifeste pas seulement au point de vue physique, mais aussi au point de vue moral et social. Mais pour cela il faut que ces séjours soient bien préparés.

c) Deux ou trois semaines de séjour aux bords de la Semois retapent physiquement et souvent moralement des jeunes gens qui pensaient que l’unique plaisir de la jeunesse était le dancing, le cinéma, les fréquentations. Certes, il faut pour de telles vacances préparer des moniteurs, des chefs exercés qui soient de véritables animateurs, qui puissent provoquer les confidences salutaires, qui sachent entraîner à des chants d’ensemble, à des jeux de de société, à des excursions qui ravissent les yeux et ravigotent les membres.

Pendant ces jours, l’esprit d’association et même de dévouement se développe tout naturellement parmi les participants aux vacances en groupe. Et les conversations sont des occasions propices pour discuter amicalement les questions morales et religieuses qui pénètrent plus facilement dans les esprits ouverts. Et la prière en commun, comme l’assistance collective à la messe du village et même les communions générales, non pas imposées ni surveillées, mais suggérées et amenées simplement, révèlent souvent à des âmes ignorantes le réconfort de la vie religieuse.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que des vacances payées de deux ou trois semaines, soient accordées à tous les adolescents salariés, de préférence en été ou en automne;

2) que la J. O. C. organise à ces époques des séjours au grand air;

3) que toute une organisation de vacances, combinant l’effort collectif des membres avec les subsides des mutualités, des caisses de compensation, des pouvoirs publics et des soirées payantes prévoie la constitution méthodique d’un budget couvrant les frais de vacances.

III – Ch. 8 – Le service militaire des jeunes travailleurs

CHAPITRE HUITIEME

Le service militaire des jeunes travailleurs.

LES MOTIFS.

a) Bien des questions se posent à l’occasion du service militaire de jeunes travailleurs. La préparation à la vie de caserne, comme la préservation pendant le séjour à l’armée sont à étudier sérieusement.

b) Il est à souhaiter que nos casernes deviennent de véritables centres d’éducation, et que tous les chefs d’armée, depuis les officiers jusqu’aux caporaux, soient de véritables éducateurs. Il suffit d’avoir entendu certains propos; d’avoir été témoin de certaines scènes pendant les repos, les instructions ou les repas; d’être au courant de certaines soi-disant mesures de prophylaxie, pour mesurer la distance qui sépare la vie militaire d’une vie véritablement éducative. S’il s’agit avant tout à l’armée de faire de nos jeunes gens des défenseurs généreux de la patrie, ce but ne sera complètement atteint que le jour où la caserne et la vie militaire, loin d’entraver la formation générale morale et religieuse des jeunes gens, seront tout au contraire une école nouvelle où un patriotisme sainement compris inculquera aux jeunes citoyens une discipline, une générosité, une émulation pouvant aller jusqu’au véritable héroïsme.

c) Le service militaire doit donc épanouir, au lieu de les amoindrir, les vertus morales et religieuses du jeune soldat. L’atmosphère de la caserne, la tenue des chambres, l’ordre du jour, les réfectoires, les cours, l’éducation hygiénique, l’instruction militaire proprement dite et surtout l’utilisation des loisirs devraient faciliter au jeune homme une tenue morale et une vie religieuse qui satisfassent les exigences les plus sévères. Les efforts de nos dévoués aumôniers militaires doivent être encouragés et soutenus.

d) Il ne faut pas non plus que le service militaire rompe tous les liens qui relient le jeune homme avec la famille, la profession, le milieu social et les influences bienfaisantes qu’il subissait jusqu’à ce jour. Bien au contraire, pour autant que c’est possible, le service militaire doit consolider ces liens. L’armée doit être organisée de telle sorte que le milicien puisse employer ses qualités professionnelles, qu’il puisse suivre des cours professionnels, qu’il fréquente les réunions des groupements auxquels il appartient. Alors l’entr’aide, l’émulation, seront plus faciles, les relations avec la famille et la J. O. C. amèneront une influence bienfaisante et une vie religieuse plus intense.

e) Pourquoi ne pas avoir le courage de dénoncer les conversations scabreuses et les chansons grossières qui souillent parfois l’uniforme du jeune militaire? Se croit-il émancipé et vraiment à la page, quand dans les compartiments des trains, en groupe dans les cabarets, le milicien épate les bourgeois ou les civils par des propos orduriers ou par des chants crapuleux? Qui aura le courage de réagir, d’entonner les chants gais et alertes et fiers, d’entretenir des conversations agréables, joyeuses, instructives et dignes? L’exemple de quelques copains audacieux suffira pour faire taire les mal embouchés. Et surtout que les chrétiens aient la fierté de leur religion et exigent crânement, non seulement le respect de leurs convictions, mais la possibilité de vivre une vie surnaturelle intense, facilitée par l’usage fréquent des sacrements.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que toutes les sections locales donnent aux futurs miliciens une préparation sérieuse et vraiment efficace aux difficultés de la vie de garnison;

2) qu’avant le départ pour l’armée les secrétaires locaux informent le secrétariat général de l’adresse exacte de Jocistes dans leur ville de garnison;

3) que tous les Jocistes appartenant à la même garnison, s’efforcent de continuer entr’eux les relations de camaraderie chrétienne qui les unissaient à leurs compagnons des sections locales et des fédérations régionales;

4) que tous les Jocistes miliciens suivent, pendant leurs loisirs, les réunions de J. O. C. et d’A. C. J. B. tenues dans leur ville de garnison et fréquentent les cercles militaires;

5) que les sections locales restent en relations constantes avec leurs Jocistes miliciens;

6) que les autorités militaires disposent le service de manière à faciliter le perfectionnement professionnel des jeunes travailleurs et à permettre la fréquentation intense des Sacrements;

7) que toutes les mesures soient prises pour écarter des chambrées, des cours, des exercices, des casernes, les illustrés, les livres, les enseignes qui pourraient corrompre les jeunes miliciens et propager parmi eux des habitudes vicieuses;

8) que les autorités militaires à quelque grade qu’elles appartiennent soient de plus en plus conscientes de leur immense responsabilité vis-à-vis des milliers de familles qui leur confient la vertu, l’honneur, la santé et l’avenir de leur fils;

9) qu’une attention particulière soit portée à l’enseignement et à la propagation de chants gais, entraînants, dignes et fiers, aux futurs miliciens et aux jeunes militaires.

III – Ch. 9 – La question des jeunes travailleuses

CHAPITRE NEUVIEME

La question des jeunes travailleuses.

C’est à la J. O. C. F. qu’il appartient de tracer le programme national des jeunes travailleuses. Pourtant les jeunes travailleurs sont trop intéressés à l’avenir moral, physique et religieux de leurs jeunes sœurs de travail pour ne pas se préoccuper de leurs devoirs fraternels vis-à-vis de celles qui doivent être demain leurs épouses et les gardiennes de leur foyer. Voilà pourquoi la J. O. C. doit s’appliquer à tous ses degrés et dans toutes ses sections à aider l’œuvre d’organisation et de relèvement des jeunes travailleuses.

Et d’abord il faut inculquer à tous les jeunes et la consitravailleurs le respect, l’estime toutes les ouvrières, quelque dération pour soit leur rang et leur profession. Tout relâchement à cet égard doit être considéré comme un manque de sentiment chevaleresque qui doit inspirer aux jeunes travailleurs l’ambition de défendre l’honneur, la réputation et la vertu des jeunes filles de la classe ouvrière. Il faut faire comprendre aux jeunes gens qu’il s’agit là d’un dépôt sacré sans lequel le relèvement de la classe ouvrière est impossible.

Que de progrès à réaliser sous ce rapport! Qu’on surveille les conversations qui détruisent la dignité de la jeune fille, qu’on proscrive les chansons qui portent atteinte à la réserve due à la compagne de travail, qu’on démasque le vantard qui se targue de sa corruption! Le jeune homme vicieux, loin d’avoir du succès auprès de ses compagnons de travail, doit être écarté comme un malheureux atteint d’une maladie contagieuse ou comme un mal- faiteur et un criminel. Que les livres, les illustrés, les films, les plaisirs, où l’honneur et la vertu des jeunes ouvrières sont flétris et bafoués soient dénoncés et combattus sans pitié.

C’est aux vaillants, aux chastes et aux purs à entreprendre cette guerre sans trève ni merci. C’est une croisade enthousiaste à entreprendre pour transformer les mœurs publiques.

LES VOEUX.

La J. O. C. demande :

1) que toutes les sections s’appliquent à inculquer aux jeunes adolescents le respect, l’estime et la considération de leurs jeunes compagnes de travail;

2) que les Jocistes luttent avec vaillance contre tout ce qui, dans les conversations, dans la tenue et dans les amusements peut porter atteinte à l’honneur et à la vertu de la jeune fille;

3) que les Jocistes n’hésitent pas à protester en public contre les abus existant dans certaines usines à personnel mixte, et contre certaines affiches, certains films, certaines publications ou certaines maisons qui souillent l’honneur de la jeune fille et provoquent à la débauche;

4) que les égards rendus à la jeune ouvrière soient la caractéristique la plus belle de tout vrai Jociste.

IV.1 – Ch. 1 – Organisation générale

QUATRIEME PARTIE

L’Organisation et l’Administration de la J.O.C.

1re Section: l’Organisation.

CHAPITRE PREMIER

Organisation générale.

L’organisation chrétienne des jeunes salariés cuvriers et employés, jeunes gens et jeunes filles constitue en Belgique un mouvement ayant le même esprit, des statuts et un programme semblables N. N. S. S. les Evêques en ont confié la direction à un Aumônier Général, M. le chanoine Cardyn.

Pour assurer l’adaptation nécessaire, le mouvement comporte quatre organisations distinctes : la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne » (J. O. C.) et la « Kristene Arbeidersjeugd » (K. A. J.) pour les jeunes gens; la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine » (J. O. C. F.) et la « Vrouwelijke Kristene Arbeidende Jeugd » (V. K. A. J.) pour les jeunes filles (1).

§ 1. Les statuts de la J. O. C.

A. BUT.

Article 1.

La « Jeunesse Ouvrière Chrétienne » est le titre de la fédération nationale des jeunes travailleurs chrétiens de Belgique.

Article 2. La J. O. C. a pour but :

1) l’éducation à base religieuse des jeunes travailleurs;

2) l’Action Catholique des jeunes travailleurs dans la classe ouvrière;

3) la propagande auprès des jeunes travailleurs en faveur de toutes les organisations ouvrières chrétiennes, spécialement des syndicats, des mutualités, des caisses d’épargne;

4) la défense des intérêts spécifiques des jeunes travailleurs (orientation professionnelle, placement, apprentissage, enseignement professionnel, prévention des accidents, rééducation des jeunes ac cidentés, hygiène, moralité, chômage, vacances, etc.).

Article 3. La J. O.C. réalise l’organisation générale de la jeunesse ouvrière, au sein du mouvement ouvrier chrétien qui, en Belgique, trouve son expression officielle dans la « Ligue des Travailleurs Chrétiens ».

La J. O. C. jouit de l’autonomie spécialement nécessaire pour mener l’Action Catholique auprès: des jeunes gens de la classe ouvrière et pour leur inculquer la fierté de travailler eux-mêmes au progrès religieux, moral, intellectuel, professionnel et social de leurs compagnons de travail.

Elle reconnaît pourtant l’autorité générale de la Ligue des Travailleurs Chrétiens pour la direction du mouvement ouvrier chrétien. Elle en suit le programme et travaille à le réaliser dans l’ordre de ses compétences.

Article 4.- La J.O.C. voulant développer parmi les jeunes travailleurs le sens de l’action catholique et l’esprit de collaboration des classes, s’affilie à I’ « Association Catholique de la Jeunesse Belge » (A. C. J. B.), dont elle accepte les statuts et à l’action de laquelle elle participe fraternellement.

Article 5. La J. O. C. s’abstient de toute activité politique.

B. ORGANISATION ET DIRECTION. 

Article 6. La J. O. C. groupe :

1) Les jeunes gens qui sont sur le point de choisir une profession de salarié;

2) Les élèves des écoles professionnelles;

3) Les jeunes travailleurs (employés et ouvriers) jusqu’à leur mariage ou jusqu’à l’âge de 25 ans.

Article 7. La direction religieuse et morale des sections et fédérations appartient aux prêtres délégués par l’autorité religieuse.

Article 8. La J. O. C. comprend des Fédérations Régionales. Elles sont la plupart du temps

des fédérations d’arrondissement et s’étendent à une même région industrielle, pour permettre aux jeunes travailleurs qui se déplacent facilement de rester en contact entr’eux et de se prêter les services mutuels nécessaires. Il n’est reconnu qu’une fédération par région.

Article 9. La Fédération régionale se divise autant que possible en Sections locales, paroissiales, interparoissiales ou d’écoles professionnelles et en blocs d’entreprises.

Article 10. A la tête de la fédération régionale se trouve un Conseil Régional. Il est composé par les délégués des sections affiliées et se réunit mensuellement. Il choisit dans son sein un Comité Exécutif de 4 à 20 membres, responsable de l’exécution des décisions prises en réunion du conseil, de l’administration de la fédération régionale et de la propagande parmi les jeunes travailleurs de la région.

Article 11. – A la tête de la Jeunesse Ouvrière se trouve le Comité général composé :

1° de l’Aumônier Général et de ses adjoints, des président, secrétaire et trésorier généraux et de leurs adjoints;

2° d’un délégué par fédération régionale;

30 d’un directeur-prêtre pour chacune des provinces de Brabant, Liége, Namur, Luxembourg et Hainaut;

4° des propagandistes permanents. L’Aumônier-Général et les Directeurs-prêtres diocésains sont désignés par N. N. S. S. les Evêques.

Le délégué de chaque fédération est désigné pour un an, par le Conseil Régional et en dehors des propagandistes permanents. On désigne même temps un délégué suppléant. Ces délégués en sont rééligibles. Le suppléant ne peut prendre part aux réunions qu’en cas d’empêchement grave du délégué effectif.

Les Président, Secrétaire et Trésorier généraux sont élus pour un an par le Comité Général sur présentation de l’Aumônier Général; ils sont rééligibles. Leurs adjoints sont choisis parmi les délégués de fédérations au Comité Général; ils sont élus par celui-ci pour un an et sont rééligibles.

Le Comité Général se réunit au moins tous les deux mois suivant un calendrier arrêté en septembre. Les délégués de fédérations sont seuls admis au vote et disposent de 2 voix pour les fédérations de moins de 500 membres, de 3 voix pour les fédérations de 500 à 1000 membres, de 4 voix pour les fédérations de 1000 à 2000 membres, de 5 voix pour les fédérations de 2000 membres et plus.

Article 12. Les décisions relatives à l’administration courante du mouvement jociste sont assumées par le Bureau Central.

Celui-ci se compose : 

1° de l’Aumônier Général et de ses adjoints; 

2° des président, secrétaire et trésorier généraux et de leurs adjoints; 

3° des propagandistes permanents.

Le Bureau se réunit mensuellement.

Le calendrier des réunions est fixé annuellement en septembre.

Article 13. Il est créé au service de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, un Secrétariat Général de Jeunesse Ouvrière, qui a son siège dans l’agglomération bruxelloise.

Le Secrétariat Général est chargé de l’adminis’tration de la fédération et de la propagande générale. Il édite le journal, le Bulletin des dirigeants, les tracts et les brochures. Il réunit toute la documentation touchant les questions qui intéressent la Jeunesse Ouvrière; prépare les enquêtes, les congrès, les manifestations; se charge de l’examen et de la défense de tous les cas qui lui sont signalés; fait les démarches nécessaires auprès des Pouvoirs Publics; aide les fédérations régionales dans la tenue des congrès régionaux, des journées d’études, des cercles d’études, des retraites fermées, et des récollections, et renseigne toutes les initiatives prises ou à prendre au sein de la J.O.C.. Les fédérations régionales s’entendront avec le S. G. pour l’organisation des Secrétariats régionaux.

Article 14. – La cotisation est fixée par le Comité Général. Le paiement de la cotisation donne droit à tous les services fédéraux et au journal.

C. DISPOSITIONS GENERALES.

Article 15. Les détails d’organisation et d’activité de tous les rouages de la J. O. C. sont fixés par les règlements d’ordre intérieur des Fédérations régionales et des Sections locales adoptés par le Comité Général. Leur application est obligatoire.

Les modifications ou les ajoutes jugées nécessaires par les circonstances locales seront préalablement soumises au Comité Général.

Article 16. Les cas non prévus par les statuts et tous les différends qui pourraient surgir dans les Fédérations régionales seront tranchés par le Comité Général.

Article 17. Tous changements aux présents statuts devront, pour être valables, être adoptés par les trois quarts au moins de voix représentées au Comité Général, spécialement convoqué à ce

sujet.

§ 2. Le Secrétariat Général.

Le Secrétariat général de la J. O. C. est établi avec celui de la Kristene Arbeidersjeugd dans un immeuble : « La Maison Jociste », situé à Bruxelles (Nord), 90, rue des Palais. La propriété et la gestion de cet immeuble appartiennent à une association sans but lucratif légalement constituée. Cette association, entièrement indépendante du mouvement, assure également le recrutement et la gestion des fonds nécessaires aux initiatives diverses et à la propagande de la J. O. C.

Une chapelle, consacrée au Christ-Roi, constitue l’âme de la « Maison Jociste ». Chaque matin, l’Aumonier Général y célèbre le St-Sacrifice entouré des jocistes qui assurent d’une façon permanente les divers services du Secrétariat Général.

Des exercices en commun, des visites au St-Sacrement, des heures saintes, des récollections, des retraites, entretiennent l’atmosphère et la vie surnaturelles dont doit se pénétrer, surtout au centre, toute l’activité jociste.

La bibliothèque rassemble les ouvrages généraux et spéciaux les plus importants. Tous les grands quotidiens, les principales revues sociales et religieuses, les organes de jeunesse du monde entier, des affiches, photographies et gravures de toutes sortes, sont dépouillés et classés. Des fichiers facilitent l’utilisation de tous ces documents.

Cette documentation est largement utilisée pour les ouvrages et brochures édités par le Secrétariat Général et pour la rédaction des organes : « JOC » et « Bulletin des Dirigeants ».

Le Secrétariat Général possède et tient à jour an matériel considérable d’éducation et de propagande pour le recrutement, l’orientation professionnelle. le placement, l’apprentissage, la prévention des accidents, l’hygiène, la moralité, les manifestations jocistes, les fêtes, les excursions, les lectures, les films, les distractions, la bonne chanson, etc.

Le service de fournitures et de librairie, le service des cartes de membres et le fichier national, l’administration des organes et la comptabilité, occupent plusieurs permanents (2).

Les visites incessantes et une volumineuse correspondance font du Secrétariat Général un des centres les plus vivants d’Action Catholique en Belgique.

Note

(1) Les deux organisations féminines sont rattachées aux Oeuvres Sociales Féminines Chrétiennes et ont leur : Secrétariat Général à Bruxelles, rue de la Poste.

(2) Voir plus loin les détails utiles concernant tous les services du Secrétariat Général.

IV.1 – Ch. 2 – L’organisation régionale

CHAPITRE DEUXIEME

L’organisation régionale

§ 1. Règlement d’Ordre Intérieur. 

DISPOSITIONS GENERALES.

I. – Les Fédérations Régionales de J. O. C. groupent toutes les Sections locales et les blocs d’entreprise d’une région. Elles se subdivisent en Sous-Fédérations, lorsque le territoire de la Fédération Régionale est trop étendu, ou lorsque les communications sont trop difficiles.

II. Pour s’affilier à la Fédération, une Section doit être régulièrement constituée, adopter et appliquer les statuts, le programme général et les règlements de la J. O. C. Des affiliations individuelles de jeunes d’une localité déterminée sont admises en attendant la constitution d’une Section dans cette localité. (1)

III. – Aucune affiliation individuelle ou collective n’est admise à la J. O. C., si ce n’est par l’intermédiaire de la Fédération Régionale interessée.

B. DIRECTION ET ADMINISTRATION.

IV. La Fédération est dirigée par un Conseil Régional, composé d’un délégué par Section locale affiliée de moins de 25 membres; de deux délégués pour les Sections de 26 à 50 membres, avec un maximum de 3 délégués pour plus de 50 membres. Chaque délégué a un suppléant qu: peut participer aux assemblées du Conseil, même lorsque le délégué effectif est présent, mais alors sans voix délibérative.

V. Un directeur-prêtre, désigné par l’autorité religieuse, est attaché à la Fédération. Il en est le conseiller et le guide, et assiste de droit à toutes les réunions.

VI. Le Conseil Régional se réunit mensuellement aux jour et heure fixés par le calendrier régional annuel. Celui-ci est fixé en septembre en tenant compte du calendrier général de la J.O.C.

VII. Cette réunion comporte essentiellement: 

1) la prière et le commentaire d’Evangile; 

2) le rapport détaillé et précis de la séance précédente; l’examen de la suite donnée aux décisions prises;

3) l’examen et la discussion de l’activité de chaque Section pendant le mois précédent; (les rapports doivent être envoyés d’avance);

4) l’examen des directives, mots d’ordres et conseils, parus au dernier « Bulletin des Dirigeants >>; l’adaptation et la préparation de l’emploi du B. D. pour le mois suivant;

5) la préparation des Journées d’Etudes, récol lections, réunions locales ou régionales, campagnes d’ensemble, congrès, semaines d’études, etc.;

6) les communications concernant les services fédéraux;

7) L’appréciation du journal pour l’envoi éven tuel des remarques au Secrétariat Général;

8) la liquidation des comptes-cotisations et autres, la remise aux délégués des imprimés, insignes, etc., nécessaires aux Sections.

VIII. Le Conseil choisit en son sein, d’accord avec l’Aumônier Régional, un Comité exécutif, composé de 6 à 20 membres.

IX. Le Comité est réélu chaque année à la réunion du Conseil Régional en septembre. Les membres sortants sont rééligibles.

X. Le Comité exécutif se réunit au moins mensuellement avant la réunion du Conseil et chaque fois que le directeur-prêtre ou un membre du Comité le demandent.

XI. Cette réunion comporte essentiellement : 

1) la prière:

2) le rapport détaillé et précis de la séance précédente;

3) la préparation complète et dans le détail de l’ordre du jour de la réunion du Conseil;

4) l’examen de la situation des Sous-Fédérations Régionales (s’il y en a) et la préparation des réunions de Conseil à y tenir;

5) l’examen de la situation des Sections:

6) le contrôle de l’organisation et de l’administration fédérales, de la situation financière et de tous les Services fédéraux (Secrétariat Professionnel, bibliothèque, documentation, Groupes spéciaux et des Commissions spéciales);

7) l’organisation de la propagande dans la région (membres, nouvelles sections, journal, fonds de propagande, etc.).

XII. Le Président:

1) préside toutes les réunions du Conseil et du Comité;

2) veille au bon fonctionnement de la Fédération, des Sections locales et de tous les Services fédéraux;

3) contrôle les autres membres du Comité dans l’exercice de leurs fonctions respectives;

4) s’occupe activement de la propagande générale.

XIII. Le Vice-Président:

aide et, éventuellement, remplace le président dans l’exercice de ses fonctions.

XIV. – Le Secrétaire:

1) convoque, d’accord avec le président et en temps utile, les délégués au Conseil Régional.. (II adresse une convocation pour information, aux directeurs-prêtres, aux délégués suppléants des Sections locales et au Secrétariat Général);

2) convoque dans les mêmes conditions les réunions du Comité exécutif et toute autre assemblée régionale;

3) prend note, dans un cahier spécial, des présences à toutes les réunions régionales, spécialement à celles du Conseil et du Comité; envoie des rappels aux absents;

4) rédige le rapport de toutes les réunions dans des cahiers spéciaux;

5) envoie au Secrétaire Général la copie du rapport détaillé de chaque réunion du Conseil Régional et les comptes-rendus des réunions importantes;

6) assume soigneusement les travaux de correspondance et, en général, tout ce qui concerne ses fonctions.

XV. –  Le Secrétaire-adjoint:

partage avec le Secrétaire les besognes courantes et le remplace au besoin.

XVI. – Le Trésorier:

1) tient le fichier régional des membres et le fichier statistique de chaque Section;

2) tient le compte-courant de chaque Section; adresse les relevés de compte aux Sections, le 10 de chaque mois, et en réclame le paiement avant le 10 du mois suivant;

3) contrôle le bordereau récapitulatif et le relevé de compte mensuel de fournitures du S. G. Il en assure le paiement avant le 20 du mois suivant;

4) prend note des démissions, en contrôle minutieusement les motifs, et les transmet au S. G. après les avoir signalés au Comité Régional;

5) tient, dans un cahier de caisse, le compte exact de toutes les recettes et dépenses, approuvées par le Comité et à la date où elles ont eu lieu;

6) tient une comptabilité conforme aux instructions du S. G. et doit être en mesure de fournir une situation de caisse à chaque réunion du Comite ou du Conseil;

7) dépose obligatoirement les fonds de la Fédération Régionale à un compte spécial à la Banque d’épargne, choisie par la Fédération Régionale de J. O. C. (Il sera stipulé que les retraits doivent être contresignés par le président de la Fédération Régionale). Le Comité décide la somme approximative qui peut rester en caisse pour les dépenses courantes. Le trésorier aura également un

compte de chèques postaux au nom du Secrétariat Régional de J. O. C.;

8) recueille et fait parvenir au Secrétariat Général les souscriptions d’abonnements au journal, au B. D. et au fonds central de propagande;

9) prend à cœur, en toutes circonstances, les intérêts financiers de la Fédération et du mouvement en général.

XVIII. – Le Trésorier-adjoint:

aide et remplace éventuellement le trésorier.

XVIII. – Les Commissaires:

1) aident les autres membres du Comité de leurs conseils et de leur activité;

2) s’occupent activement des Commissions spéciales et des services fédéraux;

3) assument les tâches extraordinaires (organisation des Journées d’Etudes, récollections, visites, excursions, fêtes, congrès, campagnes spéciales, etc.);

4) s’occupent activement de la propagande.

XIX. La Fédération Régionale utilise pour toute son administration les formulaires du modèle exact, adoptés partout et fournis par le S. G. Elle supporte les frais du Secrétariat Régional.

C. SOUS-FEDERATIONS.

XX. Des Sous-Fédérations peuvent être créées avec un ensemble de Sections, pour lesquelles  les communications avec le siège de la Fédération Régionale sont trop difficiles ou trop coûteuses.

XXI. Les Sous-Fédérations ont un Conseil et un Comité, des réunions fonctionnant comme il est dit aux articles IV et XIX. Un délégué du Comité Régional y assiste régulièrement pour maintenir le contact et la cohésion. Un délégué de la Sous-Fédération assiste aux réunions du Conseil Régional pour le même motif.

D. COMMISSIONS ET SERVICES.

XXII. Des Commissions spéciales: 

a) des Jocistes-Ouvriers, 

b) des Jocistes-Employés, 

c) de l’Epargne et de la Mutualité, 

d) des Sports et des Loisirs, 

ainsi que des Services régionaux : 

a) d’Orientation, de Placement et de Logement, 

b) des Retraites et Récollections, 

c) des Jocistes-Soldats, 

d) de l’Education et de l’Instruction, 

e) des Préjocistes 

f) JOC (vente, abonnements) sont créées au sein de la Fédération Régionale suivant les possibilités.

XXIII. Chaque Commission spéciale est composée de membres choisis partiellement en dehors du Comité Régional, afin de répartir les charges et de donner à un plus grand nombre de militants l’occasion de se former.

XXIV. Un membre du Comité Régional est placé à la tête de chaque Commission spéciale ou de chaque Service Régional.

XXV. Le programme des réunions et toutes les initiatives des Commissions ou Services spéciaux devront être soumis au Comité Régional et approuvés par le Conseil. Le président du Comité Régional assiste de droit à toutes les réunions des Commissions spéciales.

XXVI. Il sera établi au Secrétariat Régional une permanence au moins hebdomadaire à jours et heures fixes.

XXVII. – La Fédération Régionale organise tous les 4 mois une Journée d’Etudes conformé ment au B. D.

Elle organise également chaque trimestre une ou plusieurs journées de récollections pour les militants jocistes de la région.

La Fédération consultera le Secrétariat Général pour l’organisation de chaque Journée d’Etudes ou de Récollection.

XXVIII. Le Conseil Régional choisit en son sein un délégué au Comité Général. Chaque délégué a un suppléant. Tous les deux sont désignés chaque année immédiatement après l’élection du Comité Régional.

XXIX. Les délégués au Comité Général (ou leurs suppléants) se réuniront tous les deux mois, à Bruxelles, sur convocation du Secrétaire Général.

XXX. Ils devront avoir pris l’avis de leur Fédération, concernant les points à l’ordre du jour; ils se prononceront, en tous cas, validement sur ces divers points.

XXXI. Les initiatives importantes de la Fédération Régionale seront soumises préalablement au Comité Général.

E. COLLABORATIONS.

XXXII.

– La Fédération Régionale de J. O. C. fait partie de la Fédération Régionale d’A.C.J.B

– La Fédération Régionale de J. O. C. est représentée au sein des Comités Régionaux et décanaux d’A. C. J. B. 

XXXIII. Les délégués de la J. O. C. dans ces Comités sont désignés par le Comité Régional de la J.O.C.

Les jocistes assistent aux réunions régionales et participent aux manifestations, campagnes ou congrès organisés par l’A. C. J. B. dans la région.

XXXIV. La Fédération Régionale reste en rapports étroits avec les organisations ouvrières chrétiennes de la région et participe à leurs réunions et manifestations générales n’ayant pas un caractère électoral; afin de promouvoir ainsi la formation sociale des Jocistes et de les amener à rester ou à devenir des membres actifs des organisations sociales chrétiennes.

F. EXCLUSION DES SECTIONS.

XXXV. Peuvent être exclues de la J.O.C.: a) les Sections en retard de trois mois dans la rentrée des cotisations;

b) les Sections qui ne se sont pas fait représenter à trois réunions consécutives du Conseil Régional, sans motif sérieux communiqué au Comité Régional;

c) les Sections dont l’attitude et l’activité sont en contradiction avec les statuts et l’esprit de la J. O. C. et portent gravement atteinte à la prospé rité ou la réputation du mouvement.

XXXVI. – Le Comité Général est seul compétent pour prononcer l’exclusion, après avoir reçu le rapport du Comité Régional et après avoir institué une enquête.

§ 2. Le Conseil Régional.

Le Conseil Régional n’est pas seulement une réunion de délégués, mais un organe indispensable de la vie jociste. Il est le cerveau et le cœur de la Fédération Régionale et porte la responsabilité de toute la vie jociste dans la région. C’est par lui que les Sections sont rattachées officiellement à la Fédération Générale.

La constitution du Conseil Régional est donc de la plus grande importance. Il doit être un groupe de vrais chefs et non pas de délégués quelcon ques, différents à chaque séance. Ce sont les meilleurs dirigeants locaux qui doivent faire partie du Conseil Régional et prendre part à ses réunions. La prospérité des Sections et de la Fédération sont à la fois en cause.

C’est aux membres du Comité Régional et aux propagandistes, de faire pénétrer cette conception et à la maintenir dans les Comités locaux. Ceux-ci doivent comprendre que la vie fédérale est une condition primordiale de la puissance et de l’efficacité de l’action jociste, tant dans chaque localité que dans l’ensemble de la région et du pays. Cette vie fédérale suppose des chefs de valeur et justifie tous les sacrifices de la part des Sections locales.

Celles-ci d’ailleurs, pour leur vie propre ont un besoin absolu de la Fédération. Les principaux « Services jocistes » doivent être organisés par la Fédération. L’expérience a montré que le manque de lien solide, de collaboration avec une Fédération forte et vivante faisait dévier complètement et mourir très rapidement des Sections, qui avaient en membres et en dirigeants les possibilités les plus indiscutables de succès.

Un Conseil Régional constitué par les vrais meneurs jocistes de la région peut seul assurer la cohésion, l’unité de vue et d’action entre toutes les Sections. Seul, il peut assurer partout l’application des mots d’ordre, des méthodes, de l’esprit jocistes. Seul, il peut soutenir le Comité Régional et en assurer, d’une façon normale, le recrutement et la permanence.

C’est dans un Conseil Régional, constitué de l’élite des militants de la région, que les membres du Comité Régional pourront trouver et préparer des chefs de service pour les nouvelles initiatives, des propagandistes pour les nouvelles conquêtes, des dirigeants qui les remplaceront lorsqu’ils seront éloignés de leurs fonctions par suite du service militaire, du mariage, d’une maladie ou d’une autre cause.

Le recrutement du Conseil Régional doit préoccuper constamment le Comité Régional. Les propagandistes, en se rendant dans les Sections, doivent repérer les bons dirigeants, les attirer, s’en faire des amis, les intéresser aux choses de la Fédération, influencer le Comité local pour que ces dirigeants-là soient désignés comme membres du Conseil.

Le recrutement ne doit pas se faire d’une façon purement administrative, par circulaire ou par vote, mais par un choix méthodique et réfléchi.

En été, quand les communications sont plus faciles, on engagera les membres du Conseil à se faire accompagner par de jeunes dirigeants de leur Section. Ils prendront goût à l’atmosphère, à l’esprit des réunions régionales et seront préparés ainsi à prendre la succession de leurs ainés. Ces jeunes dirigeants peuvent remplir fort bien les fonctions de suppléants.

La fidélité des membres du Conseil Régional, surtout des meilleurs qui sont parcimonieux de leur temps, dépend de la régularité et de la valeur réelle des séances.

La distance normale, et d’ailleurs réglementaire, des séances est d’un mois. Quand les communications dans la région sont difficiles et coûteuses (surtout l’hiver) il est possible, une fois par période, de combiner le Conseil Régional avec une Journée d’Etudes. Ces séances, étant donné le peu de temps dont on dispose, sont toujours incomplètes et imparfaites. Il faut qu’au moins deux fois chaque période la séance du Conseil Régional se passe d’une façon normale; elle peut toujours être combinée, si les distances l’exigent, avec la réunion mensuelle spéciale des dirigeants pour la préparation des sujets et des travaux du B. D.

Le calendrier des séances doit être établi d’avance et figurer au calendrier régional. Les dates ne peuvent en être changées que pour des motifs sérieux. Malgré cela, il faut que pour chaque séance les membres soient convoqués, 10 jours d’avance, et reçoivent l’ordre du jour complet de la réunion.

Une séance de Conseil doit être préparée par le Comité. Il ne suffit pas de prendre le B. D. au moment d’ouvrir la séance.

L’ordre du jour du B. D. doit être adapté, détaillé, complété; les divers points doivent être répartis entre plusieurs rapporteurs et étudiés dans le détail.

Les rapports des Sections (surtout quand elles sont nombreuses) deviennent fastidieux et prennent trop de temps. On y remédiera en demandant aux Sections d’envoyer d’avance leur rapport mensuel.

Le Comité Régional peut alors décider, d’après ces rapports, de ne faire présenter en séance du Conseil que quelques rapports ou extraits de rapports seulement; ou bien de faire porter tout l’échange de vues sur un ou plusieurs points particuliers.

Le rapport en lui-même ne peut, en aucun cas, être abandonné. C’est un contrôle indispensable et d’ailleurs insuffisant par lui-même de la vie jociste des Sections.

Cette partie de la séance doit être des plus vivantes et provoquer la mise en commun des initiatives les plus intéressantes, avec leurs succès, leurs revers, leurs progrès possibles. Il doit s’en dégager un esprit d’émulation et de perfectionnement incessant de l’organisation, des services, de la propagande.

Les autres points figurent à l’art. 7 du règlement, Tous supposent une préparation sérieuse, un exposé bref, clair, vivant, amorçant des questions précises et des discussions fructueuses.

On veillera à ce qu’aux séances, les membres prennent des notes et on rappellera souvent le devoir pour eux de rapporter fidèlement à leur Section et spécialement au Comité les décisions du Conseil.

Les décisions les plus importantes et spécialement le calendrier régional sont envoyés au S. G. avant le 15 du mois, pour paraître dans le B. D. du mois suivant.

Le rapport de la séance est envoyé aux comités et aux directeurs-prêtres.

Ce rapport devra être complété dans la quinzaine, par la visite d’un propagandiste dans les Sections non représentées à la séance du Conseil. Cette absence est souvent l’indice d’un fléchissement auquel il convient de porter remède.

Des séances ainsi organisées laisseront une forte impression sur les membres du Conseil, les rendront conscients de leurs responsabilités et développeront de plus en plus l’influence de la Fédération.

Les dirigeants des sections doivent étudier chaque mois la manière d’utiliser le B. D. dans les sections pendant le mois suivant.

Il y a toujours des incompréhensions, des difficultés, des lacunes qui se présentent. Les Comités locaux abandonnés à eux-mêmes n’arriveront pas souvent à une solution. C’est au Conseil Régional à prévoir et à résoudre d’avance ces difficultés.

§ 3. Le Comité Régional.

Le Comité Régional se compose de ceux qui remplissent une fonction régionale ou dirigent un Service Régional.

Si le Conseil est constitué comme il est dit plus haut, c’est dans son sein que se recruteront normalement les membres du Comité.

C’est au directeur-prêtre de la Fédération et aux dirigeants en service d’assurer le recrutement des chefs dont ils ont besoin.

Ce ne sont pas des titres qu’il s’agit de conférer et par conséquent le vote du Conseil doit avoir pour but d’écarter les candidats qui n’auraient pas sa confiance, bien plus que de désigner ceux qui sont capables de remplir les charges et disposés à les accepter.

Dans la constitution du Comité Régional, il est le plus souvent impossible de tenir compte de la représentation des diverses Sections. Les dirigeants capables et disponibles ne sont pas si nombreux. Il faut les prendre dans les Sections où ils sont, parfois plusieurs dans la même Section.

Cela ne va pas toujours sans mécontentement de ces Sections et spécialement de leur directeur-prêtre. Ce mécontentement se justifierait si le retrait, au profit de la Fédération, d’un ou de plusieurs chefs locaux, compromettait gravement la vie de cette Section.

Une Fédération ne peut jamais être à ce point à court de chefs qu’elle soit obligée pour vivre d’« étrangler » ses Sections, souvent les meilleures.

Le Conseil Régional et le C. E. régional des propagandistes doivent assurer continuellement des dirigeants de réserve, dejà entraînés aux diverses fonctions non pas seulement par une initiation théorique, mais par un stage pratique comme adjoints occasionnels ou habituels aux diverses fonctions et aux Services fédéraux.

Partout ce problème du recrutement des dirigeants se représente et son importance est trop grande pour qu’à chaque occasion on n’y insiste pas à nouveau.

Le règlement d’ordre intérieur répartit les tâches essentielles entre les divers membres du Comité Régional. Dans la réalité, il faudra détailler et préciser davantage.

Toutes les besognes ne seront faites que, si elles ont un titulaire responsable un seul mais qui soit convaincu que cette tâche déterminée, dout il a accepté la charge, ne sera accomplie par personne, s’il ne l’a fait lui-même en temps voulu.

Un service que l’on assume à plusieurs sera fatalement négligé par tous, ou bien conduira à des doubles emplois, des malentendus, des ordres contradictoires, à moins que chacun ne sache bien la part de travail, de responsabilité, d’autorité, qui lui revient.

Cette coordination est d’autant plus nécessaire que les travaux sont multiples, absorbants et qu’ils doivent être exécutés en un temps très court, en l’absence souvent de ceux qui collaborent à la même entreprise. Ceux-ci, venant travailler avant ou après, doivent pouvoir se rendre compte sans hésiter de ce qu’ils ont à faire.

Cette division du travail n’exclut aucunement, bien au contraire, une solidarité vraie entre tous les dirigeants d’une Fédération pour l’ensemble des fonctions et des services et un contrôle mutuel, qui doit être une des formes les plus délicates de la charité dans l’apostolat.

Le Comité Régional ne peut pas perdre de vue qu’il doit administrer la Fédération suivant les décisions du Conseil Régional et en acceptant le contrôle de celui-ci. Si le Comité décide lui-même de tout, il enlève du fait même au Conseil toute responsabilité et il se trouvera seul aussi pour l’exécution. Le Conseil aura l’impression d’être inutile et de pouvoir disparaître.

Plus importantes peut être que les réunions du Conseil, celles du Comité doivent certainement être plus fréquentes. Le Comité d’une Fédération de quelqu’importance doit normalement se réunir chaque semaine.

Cette réunion une fois fixée ne sera supprimée sous aucun prétexte. La vie d’une Fédération est compromise, si ceux qui la gèrent n’ont pas entre eux des contacts réguliers. Que l’on espace les réunions, si c’est inévitable, mais qu’elles soient intangibles et que tout le monde y soit.

Elles doivent être préparées aussi, autrement que par l’examen rapide, au moment même, du dernier B. D.

Chacun pour sa fonction, pour son service doit savoir exactement où l’on en est, être prêt à répondre à n’importe quelle question, avoir ébauché un projet pour les initiatives prochaines sur lesquelles il convient de se mettre d’accord.

Que l’on prenne donc l’habitude de ne jamais commencer une séance de Comité, sans avoir sur la table ou à la portée de la main les documents essentiels : tels les fichiers, les dossiers des Sections et des Services régionaux, les registres de comptabilité, la collection du B. D., le Manuel.

Une séance de Comité ne doit pas être un bavardage à bâtons rompus, mais avoir un ordre du jour fixé d’avance et tenant compte du Manuel et du B. D.

Le Président doit faire respecter l’ordre du jour, ne pas laisser dérailler le débat sur des questions accessoires ou étrangères. Le temps est court souvent et le travail considérable.

Les rapports des séances sont très importants et d’une grande utilité, à condition d’être clairs, précis et complets. Par eux, on doit pouvoir suivre l’exécution de toutes les décisions antérieures, les corrections à y apporter, les moyens nouveaux à mettre en œuvre pour les faire aboutir.

On doit habituer les Secrétaires à dresser le procès-verbal séance tenante et à le lire à la fin de la réunion.

Les réunions du Comité doivent assurer le contrôle continuel sur tout ce qui existe. Les activités nouvelles doivent être soigneusement prévues, étudiées et préparées avant d’être mises en œuvre.

§ 4. Le Secrétariat Régional.

Le centre matériel de la Fédération doit être organisé de telle sorte que tout puisse fonctionner avec le minimum de temps, d’efforts, de frais et le maximum d’efficacité.

Ce Secrétariat, c’est aussi l’enveloppe extérieure par laquelle on juge du dehors. Il est très important qu’elle donne confiance.

Cela suppose un peu de confort, mais beaucoup d’ordre et de propreté!

Le local très souvent est imposé, mais il peut être aménagé de façon très différente, avec les mêmes dépenses ou à peu près, suivant le bon goût et l’ambition de ses occupants.

On doit tenir compte des personnes nombreuses qui doivent y travailler, et disposer d’une partie au moins de ce qui s’y trouve.

Beaucoup de Jocistes aussi y viennent et quelque soit leur sens de la discipline, ils constituent une cause de « chahut ».

L’agencement et spécialement le mobilier doivent permettre de classer tout avec méthode à l’abri de la poussière, groupé autant que possible par service, marqué clairement d’une inscription que tous puissent comprendre. Au point de vue du matériel, on évitera autant les dépenses inutiles que les économies exagérées et souvent irréelles.

Que les pièces essentielles, les fichiers par exemple, soient toujours sous clef, mais accessibles à tout moment à ceux qui peuvent en avoir besoin. Sous aucun prétexte, on ne laissera trainer de l’argent.

Les tables ne seront jamais encombrées de papiers ou d’objets inutiles, mais pourvues du nécessaire pour écrire et de cendriers.

Le Secrétariat doit recevoir une décoration jociste. Chacun doit être engagé à y faire règner la propreté et l’économie, spécialement en imprimés et en timbres-postes.

Les visiteurs autant que les habitués doivent y passer dans une atmosphère de zèle, d’ardeur, d’amitié, de joie.

Cette atmosphère doit exister surtout au moment des « permanences ». Elles doivent être fixées d’avance et aux jours et heures indiqués; il ne faut jamais qu’on trouve porte de bois.

Les divers chefs de service s’arrangeront, autant que possible, pour venir, travailler ensemble ce jour-là. D’autres membres du Comité seront là pour recevoir les visiteurs. Les permanences doivent être des rendez-vous fraternels de militants où l’on peut causer plus à l’aise qu’au moment des réunions.

Le Secrétariat Régional doit être considéré par tous les Jocistes, par les dirigeants surtout et par les directeurs-prêtres comme une maison familiale, où, à côté des services pratiques, de plus en plus nombreux et utiles, on rencontre toujours l’accueil chaleureux, le bon conseil, le réconfort.

Dans la pratique, il y aura certainement des obstacles à une pareille conception. Il y aura souvent des besognes urgentes à terminer. Qu’on demande à tous les présents de donner un coup de main, mais en organisant et en surveillant bien pour éviter les erreurs. Il y a ainsi des besognes matérielles auxquelles certains dirigeants régionaux passent des heures, souvent des morceaux de nuit parce qu’ils n’ont pas eu l’initiative d’y atteler un groupe de camarades, tel soir où ils les avaient à leur disposition.

Mais il ne faut pourtant pas exagérer. A côté des bavards qu’il est bon d’occuper pour les rendre au moins utiles en quelque chose, il y a des dirigeants locaux ou de simples Jocistes qui viennent au Secrétariat avec le désir de causer de leur Section, d’exposer telle difficulté, de se renseigner sur tel service, sur telle intitiative; parfois aussi, c’est de soucis qu’ils seront préoccupés. Il ne faut pas qu’ils reçoivent à leurs questions une réponse distraite jetée par dessus un fichier ou une pile de convocations.

Les jours de permanence, il faudrait au moins un dirigeant régional qui puisse se donner tout entier à cet apostolat individuel. Il y a une formation, surtout pour les militants, qui ne se fera jamais en réunion, parce qu’elle exige l’intimité d’une conversation personnelle.

Il serait très utile pour cela que l’on puisse disposer de deux salles. Cela éviterait aussi de dis-

traire ceux qui travaillent.

§ 5. – Les Services Régionaux et les Commissions Spéciales.

Nous appelons Services Régionaux certaines catégories de services que la Fédération Régionale doit rendre aux Jocistes et à leurs groupements et dont l’organisation et le soin sont confiés à des délégués fédéraux.

Par exemple: 

a) assurer l’orientation, le placement et le logement des jeunes salariés; 

b) organiser des retraites et des récollections, en recruter les participants; 

c) signaler au Secrétariat Général les Jocistes-Soldats des sections de la fédération; s’occuper de ceux qui sont en garnison dans la région;

d) établir des bibliothèques, répandre les publications jocistes, les films jocistes, les chansons jocistes, etc.; e) de diriger les sections dans le recrutement et l’éducation des préjocistes.

Les délégués qui doivent s’occuper des services régionaux sont autant que possible pris en dehors des Président, Secrétaire, Propagandistes, Trésorier; mais ils font partie du Comité Régional. Chacun a ses attributions bien délimitées et il est entièrement responsable de la bonne marche de son service. Il doit faire preuve d’ordre, d’initiative, d’activité et de discipline. Son travail doit être contrôlé chaque mois avant la réunion du Conseil Régional.

Les Commissions Spéciales sont chargées d’autres services spéciaux que ceux dont nous venons de parler.

La Commission spéciale des Jocistes-Ouvriers. s’occupe particulièrement de tous les jeunes salariés exerçant une profession d’ouvrier; elle a surtout pour but d’assurer leur éducation sociale et syndicale. Elle sert d’intermédiaire entre ceux qui sont syndiqués chrétiens et les Centrales professionnelles.

La Commission spéciale des Jocistes-Employés exerce une mission analogue à l’égard des jeunes. salariés qui sont employés.

La Commission spéciale de l’Epargne et de la Mutualité est chargée d’organiser la propagande en faveur de l’épargne et des assurances sociales. parmi les jeunes travailleurs et de faciliter leur affiliation aux banques et aux mutualités chrétiennes.

A la Commission spéciale des Loisirs est confiée une mission d’une importance exceptionnelle : organiser les loisirs des jeunes salariés, favoriser l’établissement des salles de lecture, multiplier les auditions artistiques, préparer ou encourager les excursions jocistes, les sports jocistes, etc.

Chacune de ces quatre commissions spéciales est composée : a) d’un ou de plusieurs délégués du Comité Régional, b) d’un délégué et d’un délégué suppléant pour chacun des groupes locaux qui relève de la Commission.

Les Commissions se réunissent au moins une fois par mois. Le ou les délégués régionaux sont chargés de l’exécution de leurs décisions.

Le Président Régional est de droit président de chacune des Commissions spéciales, le Propagandiste permanent de la Région peut prendre part à toutes les séances avec voix délibérative.

§ 6. – Sous-Fédérations.

La constitution de Sous-Fédérations sera envisagée pour les groupes de localités trop distantes du centre des Fédérations Régionales pour rendre normalement possible l’assistance régulière aux réunions régionales.

Pour que la Sous-Fédération soit viable, on attendra :

1° que trois Sections au moins existent qui puissent s’y rattacher;

2° que l’on soit assuré des dirigeants indispensables à l’administration de la Sous-Fédération et à la propagande;

3° que la création d’un nombre suffisant de Sections nouvelles puisse être envisagé dans un déla: assez court, pour justifier la création d’une Sous-Fédération et assurer sa vitalité.

Il ne sera pas créé de Sous-Fédération au centre même de la Fédération Régionale, les Sections tombant sous son rayon direct d’activité étant presque toujours les plus nombreuses.

Avant la constitution d’une Sous-Fédération, un rapport détaillé des circonstances sera soumis par le Comité de la Fédération au Comité Général.

La délimitation du rayon d’action de la Sous-Fédération sera établie, dès sa constitution, en tenant compte surtout des moyens de communication, et après consultation des Sections intéressées. Il ne dépassera jamais le territoire de la Fédération.

Le Comité de la Fédération a pour mission d’as surer la constitution sérieuse des Sous-Fédérations, d’aider à leur développement, d’en contrôler en tous temps le fonctionnement et l’activité. Il veille au maintien de la cohésion et de l’esprit fédéral.

Le Conseil et le Comité de la Sous-Fédération sont constitués et fonctionnent comme il est dit au règlement des Fédérations Régionales.

Les réunions des Conseils et Comités sous-fédéraux ont lieu, autant que possible, dans la semaine qui suit les réunions correspondantes de la Fédé ration, à laquelle ils se rattachent.

Un membre du Comité de la Fédération assis tera à toutes les réunions du Comité sous-fédéral. Il sera pris, autant que possible, parmi les membres du Comité de la S.-F. et devra assister régulièrement aux réunions des deux Comités pour établir la liaison entr’eux. Il assistera également aux réunions du Conseil Régional et du Conseil de la S.-F.

Il est souhaitable qu’il soit accompagné d’un adjoint, quand les circonstances le permettent et, en tout cas, il doit avoir un suppléant, qui le rem place en cas d’empêchement.

Pour assurer une cohésion et une collaboration plus entière, les délégués de toutes les Sections d’une région se réuniront une ou deux fois par an en Conseil Régional unique, au lieu le plus accessible à la majorité.

Les décisions importantes, se rapportant soit à la Fédération, soit aux Sous-Fédérations, sont soumises aux Conseils de la Fédération et de la Sous-Fédération; elles sont arrêtées de commun accord. Les litiges éventuels sont tranchés par le Conité Général.

Le fichier régional est tenu par le Secrétariat Régional et les cartes de membres transmises directement aux Sections.

Les cotisations sont transmises par les Sections au Secrétariat Régional directement, ou par l’intermédiaire de la Sous-Fédération, suivant les circonstances.

Les trésoriers des Sous-Fédérations sont néanmoins responsables de la réntrée des cotisations de leurs Sections respectives. Ils s’informent directement, ou par l’intermédiaire du délégué au Comité Régional, de la situation des Sections de la Sous-Fédération. Ils font, au Conseil sous-fédéral ou autrement, les démarches nécessaires.

Les dépenses ordinaires et extraordinaires des Sous-Fédérations sont couvertes par la Fédération. Toutes les dépenses autres que celles concernant l’administration courante, doivent être préalablement approuvées par le Comité de la Fédération.

Les Sous-Fédérations peuvent, d’accord avec la Fédération, s’assurer des revenus extraordinaires pour la réalisation d’initiatives spéciales (bibliothèques, projections lumineuses, propagande, etc.) L’organisation et l’activité du Secrétariat de la Sous-Fédération sont poursuivies dès le début. Sauf cas d’urgence, toutes les communications régionales sont transmises par son intermédiaire. Les Sections s’y adressent également, sauf pour la rentrée des cotisations.

Un double du fichier des Comités de Sections y est établi. Une permanence a lieu régulièrement.

Des Journées d’Etudes ont lieu régulièrement dans chaque Sous-Fédération, d’accord avec la Fédération et le Secrétariat Général.

Tous les membres de la Fédération se rencontrent, une fois par an, en une Journée d’Etudes commune, organisée au lieu le plus facilement accessible pour la majorité.

Les récollections trimestrielles sont assurées régulièrement dans chaque Sous-Fédération, d’accord avec la Fédération Régionale et le Secrétariat Général.

Les retraites fermées sont organisées pour toute la Fédération, sauf quand le nombre de retraitants et les circonstances demandent des retraites spéciales par Sous-Fédération.

Chaque Sous-Fédération doit avoir son équipe de propagandistes.

Les Sous-Fédérations établissent des succursales des Services Régionaux d’Orientation Professionnelle, de Placement, etc….

Note

(1) Voir directives pp. 176-177.